de Tahiti aux Marquises, les Tuamutus

de Tahiti aux Marquises, les Tuamutus

Posté par : Jean
12 Novembre 2023 à 00h
Dernière mise à jour 26 Décembre 2023 à 11h
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Nous voilà parti vers l'archipel des Tuamutus avant de faire route vers les îles Marquises depuis Papeete avec le Dufours 45 classic de Roland.

En partant de Tahiti, une navigation musclée nous attend. La route habituelle des circum navigateurs va plutôt des îles Marquises vers Tahiti via l'archipel des Tuamutu. C'est la route qu'a faite Roland pour venir à Papeete. Maintenant c'est le trajet inverse qu'il faut faire contre le vent. Roland veut remonter aux îles Marquises pour éloigner le bateau des îles de la société en saison cyclonique. Cela fait très longtemps qu'il n'y a pas eu de cyclone à Tahiti, mais cette année, avec le retour du phénomène El Nino, tout le monde se prépare au pire.

C'est donc au près et en tirant des bords contre l'alizé de l'océan pacifique que nous allons naviguer. 20 à 30 nœuds de vent, grosse houle, bateau gîté vers l’archipel des Tuamutu et celui des Marquises. Le paradis, ça se mérite.

Dans l'autre sens, ce n’est guère mieux. Certes on a du vent portant et c'est plus confortable. Mais cela représente depuis Panama environ 30 jours de mer sans voir la terre.

Trois jours de mer pour arriver à Tikehau à l'ouest des Tuamutu. On fait quand même un petit arrêt sur la route à Makatea, mais là pas de mouillage et seulement 3 bouées en pleine houle. On ne s'attarde pas.

Le dernier matin, nous attrapons un thon jaune de 12 kilos, toujours avec ce fabuleux rapala acheté en Grèce. Nous avons de quoi manger quelques jours !

Le courant est légèrement défavorable pour notre première entrée dans une passe, mais ça "passe" bien. Nous suivons ensuite le balisage bien approximatif jusqu'au petit village. Une petite épicerie, un boulanger trois snacks et un club de plongée. C'est notre premier atoll des Tuamutus et nous sommes émerveillés.

Mouillage dans le lagon

Le penseur de Tikehau, 

Ça bouge quand même toujours beaucoup au mouillage, même à l'intérieur du lagon, et après trois jours ici, nous allons nous mettre à l'abri à l'est du lagon, beaucoup plus abrité car le fetch y est plus réduit. Ce qui surprend c'est la taille de ce relativement petit lagon. C'est un grand lac d'eau salé où l'on ne voit pas les autres rives.

Un vrai mouillage de Robinson Crusoé ! Pas d'autres bateaux, quelques cocotiers entretenus pour le copra, d'autres abandonnés, coincés sur une langue de débris de corail entre l'océan et le lagon. Nous sortons le coupe coupe pour aller chercher des noix de coco et des langoustes. Nous retournons au bateau avec des noix de coco et quelques petit crabes.

Roland et Eric à la pêche dans le lagon

Le vent d'est souffle toujours à 20-25 noeuds et va continuer à souffler à cette vitesse pendant au moins 10 jours. Pas trop le choix, nous allons devoir naviguer vers Ranguiroa avec le vent et la houle toujours contre nous. Il faut entrer dans la passe de Ranguiroa de jour. Avec cette houle et au près, ce n'est pas des plus confortable. Nous tirons des bords carrés pour ménager le bateau et l'équipage. Nous arrivons dans la passe de Tiputa en fin de matinée. Passage moteur à fond cette fois ci : courant contraire et bonnes vagues contre nous. Petit mouillage derrière la passe, à l'abri du vent d'est, devant l'un des villages. Le contraste est fort entre les navigations musclées entre les îles et la douceur du lagon, pour peu que l'on soit abrité des vents d'est. Nous arrivons le samedi en fin d'après midi à terre avec la belle annexe de Beya. Le week-end a commencé et il faudra attendre lundi pour avoir des magasins ouverts et que ça commence à bouger un peu. A part la messe, les dimanches sont très très calmes et tout est fermé.

La vie reprend le lundi, et nous louons des vélos entre les deux villages de Ranguiroa. Tout va bien à l'aller, c'est plat et nous avons le vent dans le dos. C'est plus compliqué au retour, avec des vieux vélos single speed et contre le vent. Nous en profitons pour visiter une ferme perlière et assister au greffage des huîtres.

Nous sommes souvent au bord de la passe à contempler les vagues, le courant, les chasses de poisson et les bateaux de plongée qui amènent les touristes nager avec les dauphins.

La passe de Tiputa à Ranguiroa

De l'autre côté et plus calme, passe de Tiputa

Nous repartons vers Fakarava toujours au près, avec un stop dans le lagon de Apataki.

La navigation entre les lagons, cela ne s'improvise pas. Il faut sortir de la passe avec le courant sortant, entrer dans la passe suivante avec le courant montant et arriver suffisamment tôt pour traverser le lagon et arriver au mouillage avant la nuit. Et la nuit tombe très tôt et très vite en Polynésie. À 18 heures c'est déjà la nuit noire. En général, nous sortons de la passe dans la journée pour arriver le lendemain à l'entrée de notre prochaine étape.

La nuit tombe très vite sur le lagon

Mais les couchers de soleil sont tous magiques

Dans le lagon lui-même, il ne faut pas se fier à la cartographie électronique, et bien regarder avec le soleil dans le dos, où se trouvent les patates de corail.

De temps en temps, Roland nous fait des frayeurs, avec sa tablette en panne ou son téléphone qui n'a pas été chargé et qui n'a donc plus de cartographie, ou bien encore une arrivée de nuit au milieu des patates de corail.

À l'entrée du lagon d'Apataki, le rapala fabuleux attrape une grosse loche rouge à point bleu avec des dents énormes. Nous mouillons près de l'entrée, loin du village. Nous ne verrons pas âme qui vive durant la journée passée ici. Une belle plage de sable bordée de cocotiers rien que pour nous. Dès l'ancre posée, je découpe le poisson pendant qu’Eric consulte tranquillement le guide anglais de la navigation en Polynésie. Un petit entrefilet précise qu’il faut se méfier du poisson dans ce lagon qui est infesté de cigatera. Quel dommage ! Nous devons rejeter à la mer le beau poisson si appétissant. Heureusement qu'il y en a un qui reste vigilant !

Belle loche , mais sans doute avec la gratte

Eric et Roland partent à la chasse au crabe de cocotier. Leur belle récolte va remplacer le poisson à notre menu. Ils ramasssent également quelques noix de coco.

Nouveau départ vers Fakarava, nouvelle passe moins spectaculaire parce que bien large, passée sans problème. Nouvelle belle loche prise dans la passe. Dès notre arrivée au mouillage devant le quai du village, un pêcheur nous confirme, que ce poisson a la gratte (cigatera). Encore raté !

Beaucoup de plongeurs à Fakarava, c'est l'endroit en vogue pour la plongée avec les nombreux requins et les grandes raies manta dans le courant des passes. Les requins ne sont pas que dans les passes. On les voit tranquillement se dandiner tout prêt du bord, quelquefois au milieu des baigneurs.

Requin au bord du lagon

Balades à pied puis à nouveau sur des vélos tout aussi lourds que ceux de Ranguiroa.

En vélo à Fakarava

Kradok2 en mode local

Nous profitons de nos séjours dans les villages pour écumer les restaurants et les roulottes (petit snack à la mode polynésienne). Le poisson cru au lait de coco n'a plus de secret pour nous. Un bon obus (bière Hinano en bouteille de 50 cl consignée) pendant le repas après un apéro à bord, en général un Ti punch. La réserve de rhum antillais que nous avons ramené s'épuise rapidement et il faut passer au rhum polynésien. La qualité a beaucoup baissé mais pas la consommation. Les portions dans les restaurants ou les roulottes sont très très copieuses. Tout cela n'est pas l'idéal pour notre silhouette et les objectifs fixés en matière de perte de poids doivent être revus à la baisse. Par contre le poids est à la hausse.

Petit snack à Fakarava

Repos postprandial à Ranguiroa (une sieste quoi !)

Pour l'avitaillement, le juste nécessaire se trouve dans les quelques épiceries du village. Il faut récupérer le pain juste après qu'il soit cuit. Après il n'y en a plus. Tout le village attend avec impatience l'arrivée de la prochaine goélette pour réalimenter le petit stock et les produits frais.

Lorsque c'est le petit paquebot Aranui qui revient des Marquises, c'est vraiment la fête. Il ramène pamplemousses, avocats, tomates, citrons verts. Il débarque pour la journée les touristes fortunés pour des excursions et des achats d'artisanat local.

Arrivée de l'Aranui à Ranguiroa

À notre grande déception, la lune n'est pas favorable pour aller chercher les langoustes de nuit. Toujours pas de langoustes au menu.

Après quelques jours bien tranquilles à Fakarava, nous faisons l'avitaillement pour notre traversée vers les Marquises, toujours prévue au près. Six jours de mer, d'après le routage de sailgrib.

J'ai réussi à remettre en marche la liaison satellite de l'iridium go. Mais seulement pour les SMS et la phonie. Roland n'a toujours pas retrouvé l'identifiant et le mot de passe de sa boîte mail.

Donc pas de météo satellite pendant les 6 jours. Pas très très grave, le temps semble bien stable même si la météo ne nous est pas favorable.

En route vers les Marquises !

Terre, terre ! C'est la terre des hommes qui est en vue


Fatigués et contents d'être arrivés !

 

Emplacement

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