Grèce, été 2023

Grèce, été 2023

Posté par : Jean
25 Juillet 2023 à 15h
Dernière mise à jour 26 Décembre 2023 à 13h
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Le blog est en sommeil depuis le voyage en Nouvelle Calédonie en 2019. Le covid est passé par là. Puis la terrible maladie de Florence. Le voyage recommence le cœur lourd. Je n'ai pas la force ni l'envie de repartir skipper Sara cet été. Mon ami José cherche des équipiers pour naviguer en Grèce puis ramener le bateau à Hyères. C'est le programme qu'il me faut. 

Retrouver la Grèce dix ans après notre dernier voyage. Est ce toujours ce pays magique pour la navigation ? 

Je n'ai encore jamais navigué sur le bateau de José. Nous avons souvent été bord à bord lors des croisières corses organisées par la société nautique des Mouissèques, ou bien lors de routes du Jasmin organisées par Jo Minetti

Son bateau est un Hanse 375 bien équipé pour notre programme. 

José est parti d’Hyères le 22 mai , en flottille avec deux autres bateaux. Loumana et Domino.
Loumana est un Moody 44 skippé par Daniel.
Domino est un Etap 29 skippé par Roger.

Les 3 bateaux sont partis avec des équipiers Vogavecmoi. C'est Roger qui organise "l'odyssée des vogueurs".

3 bateaux bien différents que nous rejoignons le 14 juin dans une marina proche du Pirée pour un changement d'équipage.

J'ai convaincu mon ami Éric de nous accompagner jusqu'à Corfou. Cela n'a été trop difficile. 
André, un équipier de José complète l'équipage également jusqu'à Corfou.

De mon côté, sans contrainte de temps, je devrais faire le voyage jusqu'à Hyères.

Daniel et Roger veulent voir les Cyclades. Ils vont passer par Kéa, Kithnos, Seriphos et Milos avant de rejoindre la pointe sud du Péloponnèse. José préfère longer la côte en passant par Poros, Hydra et Monenvasia. 

De toute façon, tout est beau, mais Poros et Hydra, c'est quand même le must pour moi. On devrait y être le week-end et donc éviter les nombreux bateaux de location qui doivent rejoindre les marinas d'Athènes pour la fin de semaine.

José et Éric sont des marins bien plus expérimentés que moi, mais ils ne connaissent pas l'amarrage sur ancre caractéristique des ports grecs. Je leur explique longuement ma technique. Mais mes talents de pédagogue sont très limités. Il va falloir passer à la pratique.
Pour le premier soir, à Egine il y a un fort vent de travers. Pour un premier essai, ça peut être compliqué. José préfère un mouillage au sud de l'île.

 

Première journée  de navigation.


Deuxième soir à Poros, pas de vent, de la place au port. La manœuvre est parfaite. Après une soirée agréable, une nuit un peu bruyante, nous levons l'ancre facilement au petit matin, direction Hydra.

Le canal de Poros.

départ de Poros , Eric à la manoeuvre.

Le temps est bien orageux et nous voudrions arriver à Hydra avant le déluge.
Je n'ai pas encore vraiment prévenu José de ce qui l'attendait à Hydra. C'est encore pire qu'il y a 10 ans. Pour le week-end, le petit port est encombré de gigantesques yatchs evidemment amarrés sur leur ancre énorme. On trouve une petite place sur la jetée intérieure. Amarrage encore une fois facile. 

Le petit port de Hydra.

Arrivée de l'orage.


Pendant l'orage.

Après l'orage.


Une heure plus tard, le yatch en face part en décrochant notre mouillage. On recommence notre manœuvre. Puis un autre yatch remouille pour prendre la place libérée. Il coince notre chaîne sous la sienne malgré les protestations de José. Le capitaine du Yatch, à qui José va demander comment il va pouvoir partir demain, lui explique tranquillement qu'il n'a pas de souci à se faire : Son bateau restera bien amarré cette nuit. Effectivement, le voilier ne bouge pas sous le gros orage qui tombe sur la ville.
On monte en pèlerinage voir la maison de Léonard Cohen. Nuit calme, sauf pour José qui se demande comment on va pouvoir partir demain. J'avais pourtant essayé de rassurer José : "tout le monde a fini par se dégager du port d'Hydra". 

Miracle de la vie en Grèce, le lendemain matin, en avançant sur notre ancre, la chaîne du gros yatch glisse un peu et libère notre ancre. Nous voilà repartis. 

Passé le golfe de Saronique,  beaucoup moins de bateaux.

Nous cabotons tranquillement sur la côte du Péloponnèse avec des escales toujours magnifiques.

Anse cachée de Limani Gérakas, marina éternellement en travaux de Monenvasia, petit Gibraltar grec, puis belle plage d'Elafonisi, petite baie bien abritée de Porto Kagio.

Anse cachée de Limani Gérakas.

Monenvasia, petit Gibraltar grec.

Le port de Monevasia depuis  le Kastro.

Seul bémol du voyage, le moteur d'annexe que José a acheté neuf avant de partir refuse de démarrer.
Nous rejoignons le tout petit village à la rame avec l'annexe.

Les choses se compliquent à Koroni. Le vent ne tombe pas en soirée. Les vagues entrent dans la baie. Et le moteur ne démarre toujours pas malgré une tentative avortée de démontage du carbu. Nous passons donc la soirée à bord à contempler le village surmonté de sa forteresse vénitienne. 

Arrivé à Methoni, le moteur ne démarre toujours pas. Heureusement, il n'y a pas trop de vent et nous pouvons rejoindre la plage en annexe à la rame. Ça fait deux jours que José est contrarié par ce moteur neuf qui ne veux pas démarrer. Il a pourtant mis ce qui se fait de mieux en matière de carburant : de l'aspen4, un carburant acheté à prix d'or dans les magasins de bricolage. Le top du top.

Il appelle au téléphone Yannis, le mécano du coin. Il arrive une demi heure plus tard avec son gros pick-up qu'il gare sur la plage tout à côté de l'annexe encore à l'eau. Il trouve très vite la raison de la panne. Le carburant du moteur. José explique que c'est son ami Jean Marc qui lui a conseillé de mettre cette essence dans le petit moteur Suzuki. La réplique ironique de Yannis fuse : " you have to change your friend". Après vidange du carbu et du réservoir, le plein de SP95, le moteur démarre à nouveau. Nous pouvons enfin partir visiter le château de Methoni.

 

réparation du moteur d'annexe.

Le  chateau de Methoni.

Nous continuons notre route vers les îles ioniennes avec des escales à Milos et Kiparissia. Deux "marina" à la grecque, c'est à dire plus ou moins abandonnées à leur sort. Pleine de semi épaves qui occupent toute la place à quai à Milos, vide à Kiparissia, où de temps en temps un préposé vient faire payer  la place, au tarif des quais grecs, soit pas grand chose pour nous plaisanciers de la côte d'azur.

Kiparissia.

Entre Kiparissia et Zante, José m'a autorisé à mettre la ligne de traîne. Je peux enfin montrer à Eric, toujours sceptique et moqueur, mon savoir faire en matière de remontée d'un poisson à bord et de découpe de la bête : un thon de 8 kg . De bons repas en perspective. Sauce Kikkoman et Wasabi pour les sahimis, mi cuit de darnes de thon, on va se régaler. Les portions sont généreuses mais on finira nos assiettes sans problème. Pas de taverna en bord de quai dans les jours qui viennent. Le frigo est plein.

Nous ne nous attardons pas dans la grande rade du port de Zakintos. Nous avons hâte d'arriver au cœur des Ioniennes.
Petite escale à Poros, au sud de Céphalonie, avant de retrouver Ithaque. Nous trouvons une place à quai à Vathi. Celà nous permet de visiter l'île d'Ulysse en voiture. 

 

Kioni sur l'ïle d'Ithaque.

Plage au nord d'Ithaque.

Puis à nouveau un Vathi sur l'île de Meganissi. A nouveau une place au port, toujours sur ancre : nous sommes en Grèce. C'est le week-end, et les bateaux de locations ont récupérés ce matin leurs nouveaux locataires à Lefkas, tout proche. Pour les capitaines, qui arrivent à Vathy l'après midi, c'est souvent le premier ammarage grec, avec un équipage peu amariné. Par deux fois, notre chaîne est accrochée par les ancres qui labourent le fond du port. Enfin calé entre deux voisins, nous pouvons aller prendre notre Ouzo à la taverne en face notre quai.
Nous passons la journée du lendemain à regarder le spectacle des arrivées et des départs. Ce n'est pas bien charitable, mais c'est très distrayant.

 

Une chaîne relevée, est ce la notre ?

Nous retrouvons enfin le lendemain la "flotille" Vogavecmoi au mouillage au sud du canal de Lefkas.

Passage du canal au petit matin, pour une journée, encore au moteur, vers Gaia, sur l'île de Paxos. Roger et son bateau Domino sont déjà là. Mouillé sur ancre avec ses amarres dans les arbres de la petite île. Nous nous installons à côté de lui. Notre ancre dérape et se prend dans une chaîne accrochée au fond. Après bien des efforts, c'est Jérôme, l'équipier de Domino qui nous sort de cette galère, en plongeant. Nous pouvons aller au village tranquille.

mouillage de Gaia sur l'île de Paxos.

Nous retrouvons ensuite Corfou. Les marinas sont pleines. Même le grand mouillage devant la ville est bien rempli. Il y a encore plus de monde que lors de mes précédents passages. La ville a quand même gardé tout son charme.
Je retrouve les endroits que j'avais aimé en 2009 puis 2013. Le vieux port loin du bling bling de la ville, le château et la marina de Mandraki, la grande pelouse au milieu de la place bordée d'arcades. 

La citadelle de Corfou.

La grande baie  pour le mouillage.


Petit tour de la cité avec les membres de la petite flottille sur un bus à impériale. Cela me permet de faire un arrêt dans le parc du bon repos. Les arbres y sont magnifiques. Nous allons prendre un petit bain à la fontaine vénitienne. Rafraîchissant.

le ponton de la fontaine vénitienne.

une partie des équipages enfin réunis.

 

Presque chaque soir, depuis le début du voyage, les repas sont pris dans une taverna. Nous avons nos petites habitudes. Un Ouzo avec beaucoup de glaçons, des anchois marinées ou frites, un peu de taziki pour commencer. Puis un kilo de rouge de la maison, souvent léger, que nous buvons en mangeant du poisson ou des calamars grillés. Quelquefois, pour changer, un restau de grillades, avec des pita. Assis sur la terrasse tout au bord de l'eau, nous regardons décliner le soleil et apprécions la fraîcheur du soir.

repas du soir au vieux port de Corfou.

Apéro.

Le vieux port de Corfou, un de mes endroits préférés.


Nous retrouvons Christophe, un ami de José qui vient de nous rejoindre à Corfou. Il a fait le trajet depuis Hyères en moins de six jours. Le bateau est un delher 39 super équipé pour la régate et il a un équipage au top. 
Nous partageons un repas bien arrosé sur Long John Silver et nous écoutons attentivement le récit de leur traversée de folie. Éric qui a un delher 36, regarde attentivement le bateau et son équipement.

Nous commençons à préparer le retour vers Hyères.

Dimanche 9 juillet, c'est le jour des changements d'équipage. pour Azzura, c'est Éric qui nous quitte. Je pense qu'il aurait bien aimé faire le retour, s'il ne s'était pas engagé sur d'autres activités. Nous allons faire le retour à deux, avec el capitano José.

Sur Domino, Jérôme débarque, pour laisser la place à Anne, Cathy et Ludo.

Le départ est prévu pour le lendemain.

Emplacement

Bravo Jean ! l'histoire etait belle, et tu l'as très bien raconté. bon vents Capitaine.

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