Antigua et Barbuda - Pêche à bord

Antigua et Barbuda - Pêche à bord

Posté par : Francine
20 Février 2019 à 19h
Dernière mise à jour 20 Février 2019 à 20h
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Antigua et Barbuda - Pêche à bord  

Le 25 janvier nous quittons la Marina de Bas du Fort à Pointe à Pitre pour passer quelques jours au mouillage dans la rade. Nous assistons au passage des navires de croisière qui filent sans bruit déverser leurs touristes au quai plus au Nord en centre-ville. Les cargos viennent livrer des containers au port de commerce et nous sommes aux premières loges pour assister à la livraison d‘une énorme grue portuaire (1300 tonnes !) qui arrive sur une barge.

Passage du Club Med 2 à Pointe à Pitre

Le 30 janvier nous regagnons la marina pour faire nos dernières lessives et nos courses car la famille arrive. Nous devons récupérer aussi notre radeau de survie que nous avions laissé en révision. Notre fils Nicolas et notre neveu Damien débarquent avec leurs équipements de pêche et de chasse sous-marine prêts à en découdre ! Après quelques angoisses car les cannes à pêche, perdues en cours de route, sont arrivées avec un jour de retard à l’aéroport, nous pouvons partir le 2 février.

Apéro de bienvenue

      

Préparatifs de pêcheurs, Nicolas est content il a retrouvé ses cannes à pêches

Nous partons tranquillement vers la côte ouest de Basse-Terre où nous faisons une étape dans la Baie de Malendure face à l’îlet Goyave, dans la réserve Cousteau. Les garçons doivent ranger leurs cannes et harpons, mais cela ne les empêche pas de partir en annexe s’amarrer sur le site et découvrir en snorkeling les merveilleux fonds. Les tortues sont présentes un peu partout sur la côte ouest de la Guadeloupe et sortent leur petite tête de l’eau pour respirer.

Mouillage à l’îlet Goyave et départ en exploration

Le 3 février nous refaisons halte à Deshaies pour pouvoir faire notre clearance avant le départ, le 4 février vers Antigua. Cela me vaut un bain forcé en sautant dans l’annexe, un moment de honte vite passé ! Heureusement je n’avais pas de portable sur moi et j’ai sorti mon sac à dos suffisamment vite de l’eau pour que nos précieux papiers ne soient pas mouillés.

La traversée dans le canal de Guadeloupe est bien calme, le vent n’est pas très soutenu et nous devons nous aider au moteur à plusieurs moments car nous voulons arriver de jour. Nous mouillons notre ancre à 5 heures du soir à English Harbour, au  mouillage très encombré de Freeman Bay. Les Anglais ne sont pas très accueillants et nous devons nous y rependre à plusieurs fois pour trouver où poser notre ancre sans déranger ces messieurs.

Mouillage à Freeman Bay

Les formalités se ressemblent dans les Antilles anglaises. Ici le site très fréquenté, est équipé du logiciel SeaClear qui permet de s’enregistrer en ligne. Il n’empêche qu’il faut passer au bureau des douanes où on doit d’abord    attendre que le douanier finisse sa sieste matinale, puis se rendre au bureau voisin de l’immigration, retourner voir le douanier avec les papiers délivrés par la dame de l’immigration et passer au bureau du port où vous payez votre taxe de séjours (165 EC$, pour une semaine à  4, soit environ 45 €). On vous délivre un permis de navigation qui vous laisse libre de mouiller où vous voulez pendant le temps de votre séjour. Il n’est pas nécessaire de refaire des formalités pour se rendre à Barbuda qui se trouve sous la même juridiction.

Le site d’English Harbour, ex-repaire de l’Amiral Nelson, s’ouvre sur la mer à Freeman Bay. C’est une ria sinueuse, véritable trou à cyclone qui abrita la marine anglaise jusqu’à la fin du 19eme siècle. Dans la première courbe est implantée une riche marina qui abrite des yachts de luxe. Le site très touristique garde l’ambiance et des fortifications militaires de son ancienne attribution, le tout dans une atmosphère très riviera anglaise, un peu snob.  English Harbour est séparé de Falmouth Harbour, large baie située un peu plus à l’ouest, par un isthme de 200 mètre de large. On trouve également un belle marina de ce côté. Il y a bien plus de place au mouillage et, s’il fallait le refaire, nous viendrions mouiller là, le chemin pour aller faire les formalités à English Harbour n’est pas si long que cela.

      

 Marina luxueuse et anciennes fortifications sur le site de English Harbour

Nous marchons un peu à la recherche de quelques équipements de pêche qui manquent aux garçons Sur la seule route qui longe la baie, nous tombons sur le Budget Marine local. La route est bordée de boutiques d’artisanat local, d’échoppes de vendeurs d’excursions de plongée et autres activités nautiques et s’y trouve un petit supermarché. Nous nous installons à un sympathique petit restaurant local en bord de la baie de Falmouth où nous nous régalons de poulet grillé et autres ragouts locaux.

         

Echoppes colorées et artisanat local

 Contrastes : modestes habitations le long de Falmouth Bay où sont amarrés des yachts de luxe

Déjeuner au bord de l’eau à Falmouth Harbour

La végétation d’Antigua se rapproche de celle des îles du nord. Le climat y est plus aride qu’en Guadeloupe ou plus au sud. Le 6 février nous levons l’ancre avec (pour me faire mentir !) une météo très pluvieuse.

   

Départ de English Harbour sous la pluie

Nous contournons Antigua par le Sud-Est pour rejoindre Non Such Bay, une large baie qui s’ouvre sur l’est de l’île. Elle est protégée par une large barrière de corail. Nous trouvons une place dans un mouillage aménagé à l’abri de Green Island. Green Island est une île privée qui appartient au Mill Reef Club. Le débarquement y est toléré sur une plage. Des bateaux d’excursions  y amènent des touristes dans la journée pour une baignade et une petite plongée en snorkeling. L’eau y est un peu trouble, peut-être à cause de la météo, et à part une ou deux raies nous ne croisons pas beaucoup de poisson, ou ne les voyons pas ? Les garçons partent pêcher en annexe près de la barrière de corail. Dommage pour Damien, la chasse sous-marine est interdite à Antigua.

 Le mouillage sauvage de Non Such bay

Après une escale d’une journée dans ce magnifique site il est temps de repartir vers Barbuda. C’est avec la même météo que celle qui nous a amenée à Antigua que nous progressons vers Barbuda ; un vent très modéré qui demande d’utiliser parfois le moteur. Après avoir évité les divers hauts fonds à l’approche de l’île, nous arrivons en fin d’après-midi devant les interminables plages de Barbuda et mouillons à Cocoa Pointe. A part un hôtel, qui paraît de loin, très rudimentaire mais apparemment très chic et fréquenté par la Jet set, il n’y a rien !  On débarque en annexe sur la plage en prenant garde car de petites vagues y brisent. Les employés de l’hôtel vous demandent de ne pas trop s’approcher de leur coin de plage, mais il y a de la place ! Barbuda est une île plate, entourée de récifs et d’une magnifique plage quasiment continue. Il n’y a qu’un village qui se trouve à 10 km de là, de l’autre côté d’une saline, et ne débouche pas sur la côte. Le seul moyen de s’y rendre est de trouver un taxi, mais les prix pratiqués nous ont découragés. Il est, paraît-il, possible de mouiller un peu plus au nord  et d’emprunter un chenal en annexe pour rejoindre la saline et le village de Codrington, mais nous n‘avons pas testé. La population résiste comme elle peut à l’invasion touristique en déclarant des zones naturelles protégées.

Le mouillage de Cocoa Pointe et l’hôtel de la plage

Barbuda : île plate avec des plages à perte de vue

 Depuis la plage de Cocoa Pointe, on arrive sur le site de l’hôtel de la pointe qui est en cours d’extension. Les habitations paraissent être démontables en toile avec très peu de constructions en dur ; ce qui est peut être une solution aux dégâts cycloniques.  En remontant vers le nord sur l’unique route de terre, nous rencontrons d’anciennes habitations : le site d’un autre hôtel complètement détruit par un cyclone. Tout est resté là à l’abandon, les destructions n’ont pas été nettoyées, c’est bien triste. On rencontre des ânes, des vaches et autres équidés, signe d’un peu d’élevage, ils paissent tranquillement en liberté la végétation aride et plutôt restreinte. Les arbres sont torturés, penchés, signe de la violence des cyclones qui s’abattent ici.

Barbuda une île de sable exposée aux épisodes cycloniques

Nous ne nous attardons qu’une journée sur ce magnifique site, mais on ne peut ni pêcher, ni chasser, nos équipiers s’ennuient, d’autant plus qu’il n’y a vraiment rien à faire à part nager et marcher sur la plage. Nous levons donc l’ancre le 10 février pour rejoindre la côte ouest d’Antigua. Un bon vent de travers nous permet de faire une belle étape à la voile, un peu humide car de belles vagues claquent sur la coque par le travers. Nous passons devant Saint John’s Harbour, la capitale d’Antigua situé au Nord-Ouest de l’île. Ce port commercial ne possède pas d’accueil pour la plaisance. Nous descendons un peu la côte ouest et arrivons à Jolly Harbour. Une très sympathique marina se trouve au fond d’un grand plan d’eau intérieur bordé de jolies petites habitations avec leur appontemens privé. Cet arrêt à la marina nous permet de refaire le plein d’eau douce, de remplir un peu notre réfrigérateur au supermarché , et de profiter un peu de la vie sociale, de la restauration locale et des « happy hours » très britanniques ! Nous faisons notre clearance de sortie au poste de douane local, ouvert le dimanche. Le personnel administratif y est très décontracté, un peu moins protocolaire qu’à l’entrée.

Régates en arrivant à Jolly Harbour

   

 La jolie marina de Jolly Harbour et ses Happy Hours

Je ne peux continuer cet article sans parler de la pêche intensive qui s’est déroulé à bord de Free Vikings, qui n’avait jamais vu cela, étant donné les piètres pêcheurs que nous sommes !! A peine les voiles finies d’établir, Nicolas sort sa canne à pêche et déroule 100 m de fil. Et le pire c’est que cela mord ! Il a surtout remonté des barracudas, que nous sommes obligés de remettre à l’eau car le risque de Ciguaterra est présent dans le secteur. Il faut batailler pour les remonter à bord, ralentir ou pas le bateau en fonction du ressenti du pêcheur, arriver à saisir le poisson par les ouïes, se dépêcher de faire une photo avant, le plus souvent, de les rejeter à l’eau encore vivants car Nicolas est partisan du « No Kill » n’étant pas amateur du poisson en tant que nourriture.  Si ce n’est pas un barracuda, il faut d’abord identifier la bête, et là nous sommes très nuls ! Cela nous a valu de rater un thon jaune et autres poissons comestibles, dont j’ai oublié le nom !  Ensuite si le poisson est comestible, il faut le tuer, et là c’est un vrai carnage, car nous nous y prenons mal. Nous avons quand même  pu attraper une énorme dorade coryphène et comme nous ne sommes que deux Damien et moi à manger du poisson, elle nous a duré un moment. Nous n’avons pas osé la manger crue car elle était infestée de vers,  ce qui aurait, je pense, été bien meilleur ! Nous avons dégusté un thon jaune en carpaccio et au barbecue et un tazzard (gros maquereau local). Il a fallu trouver des idées pour accommoder toutes ces prises sans se lasser : rillettes, marinades, grillés etc...  Bon, ce fut une riche expérience, nous savons maintenant reconnaitre quelques poissons. Nous continuerons à pêcher avec notre simple matériel, nous investirons dans une épuisette plus solide et je serais très heureuse si nous prenions encore un petit  thon,  car c’est vraiment délicieux , quand c'est si frais !

      

 Et un, et deux, et trois barracudas !

      

 Et d’autres plus comestibles !

Et une magnifique dorade coryphène !

Le  11 février c’est le retour vers la Guadeloupe.  La traversée  du canal est là bien plus remuante qu’à l’aller. Le vent souffle à 20-25 nœuds et nous essuyons même des rafales à plus de 30 nœuds sous les grains. Nous sommes au près, nous prenons deux ris et avons envoyé le solent. Nous nous faisons tremper par les vagues et rincés un peu après par les grains.

Rencontre au départ d’Antigua   avec le « Sy A », le plus grand yacht à voile privé au monde. Il appartient à un riche industriel russe. Impressionnant engin !

Nous arrivons à Deshaies un peu fatigués, saoulés par le vent et la mer. Le vent amplifié par effet venturi, souffle très fort dans le mouillage, et notre nuit n’est pas très calme.

Passage d’un grain sur le mouillage de Deshaies

Les derniers jours de vacances des garçons se passent entre un mouillage sur la côte ouest à Petite Anse, puis nous rejoignons les Saintes sur un bord de près, encore bien venté entre la pointe sud de Basse-Terre et les îles. Il y a du monde en cette période de vacances dans l’anse du Bourg. Il nous faudra passer une nuit au mouillage du sud de la baie, assez exposé, avant qu’une place sur bouée, plus abritée, ne se libère. Les jours s’écoulent entre cocktails au « Coconuts bar », déjeuner sur la plage, pêche et balade en vélo électrique sur Terre de Haut dont on a vite fait le tour des quelques jolies baies. Mais on ne regrette pas l’assistance électrique, car les côtes sont raides !

   

Nous profitons des Saintes et ses multiples attraits

Navire de croisière à voile en escale aux Saintes. Un style de croisière à l’ancienne avec tout confort, réservé aux plus nantis.

Le 16 février c’est le retour à Pointe à Pitre. Les garçons vont reprendre leur avion vers la métropole, non sans avoir tenté une dernière fois de pêcher dans la mangrove, mais sans succès.

     

Bon retour à la maison et merci pour ces bons poissons et ces bons moments avec vous !

 

 

Emplacement

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