Deux années de navigation en Atlantique : coups de cœur, déceptions et rencontres

Deux années de navigation en Atlantique : coups de cœur, déceptions et rencontres

Posté par : Jean
06 Noviembre 2026 à 17h
Última actualización 08 Noviembre 2026 à 08h
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Les déceptions:  c'est quand même tout relatif : c'était un peu moins bien que le reste ou bien je m'attendais à plus d'émerveillement.

Le périple durant ces deux années,

Voilà maintenant plusieurs mois que Sara est tranquillement amarré dans les eaux du Rio Dulce, au Guatemala.

Paysage du Rio Dulce,

Je profite de cette pause en France pour revenir sur ces deux années de navigation depuis mon départ de Toulon. Deux années de découvertes, de belles escales, de rencontres, mais aussi de quelques déceptions ou regrets.

J'avais déjà effectué un tour de l'Atlantique il y a neuf années. Je connaissais donc plusieurs de ces endroits. Mais si les paysages sont les mêmes, les impressions changent !

Gibraltar, les Canaries et le Cap-Vert

Le passage de Gibraltar a été un moment important de cette première année. Sara avait déjà franchi deux fois le détroit, mais c'était avec Alain. Pour moi, c'était une première. Sortir de la Méditerranée par Gibraltar, ce n'est pas tout à fait anodin. C'est un passage un peu délicat, avec le risque lié aux orques, aux pêcheurs marocains et le courant. Mais j'ai beaucoup aimé.

Le rocher de Gibraltar,

J'ai retrouvé La Línea, où j'étais déjà passé, avec cette particularité amusante de Gibraltar : traverser la piste de l'aéroport pour rejoindre la ville anglaise.

Aux Canaries, j'ai eu quelques déceptions. J'avais gardé un excellent souvenir de La Graciosa lors de mon premier tour de l'Atlantique. Cette fois, il y avait beaucoup trop de bateaux. Même chose à Arrecife, sur Lanzarote, où j'avais beaucoup aimé faire escale. Le port était complet et j'ai dû descendre au sud de l'île. Beaucoup moins sympa.

En revanche, j'ai beaucoup aimé La Gomera, où j'ai passé du temps. Je regrette de ne pas avoir pu aller à El Hierro.

magasin de musique à   Ténérife,

Le Cap-Vert, j'ai adoré. Mais ça, je le savais déjà ! São Vicente, Santo Antão et São Nicolau restent parmi mes îles préférées.

São Nicolau, le Monte Gordo, devant "mes" pins des Canaries,

Retrouver Teofilo dans le petit village de Fontainas sur l'île de Santo Antão,

J'ai peu fréquenté les autres îles. Je suis à peine passé à Sal et je n'ai pas aimé Boa Vista, trop touristique à mon goût, avec trop d'installations destinées aux vacanciers.

Je n'ai pas découvert les îles du sud de l'archipel. J'aurais notamment aimé m'arrêter à Brava.

Le Brésil et la Guyane : deux grands coups de cœur

Le Brésil, j'ai adoré ! L'ambiance de la marina Jacaré, le carnaval de Rio, les rencontres, le pays. J'en garde un excellent souvenir.

Défilé de carnaval au Sambadrome,

Deux regrets quand même. Ne pas être descendu en voilier jusqu'à Salvador de Bahia pour mouiller dans la baie de Tous les Saints. Et ne pas avoir découvert les Lençóis Maranhenses, ces magnifiques paysages de dunes et de lagunes, avec des mouillages qui ont enchanté les copains qui y sont passés.

J'étais coincé par le calendrier. Dommage !

La Guyane a été une autre très belle surprise. Je ne pensais pas autant aimer. La remontée du Maroni est assez fabuleuse. J'aurais aimé rester plus longtemps et poursuivre en pirogue jusqu'à Maripasoula.

Les petites Antilles :

Trinidad, en revanche, ne m'a pas particulièrement emballé. Et je regrette de ne pas avoir pu découvrir Tobago. Entre la récupération des équipiers et une météo peu favorable, il a fallu renoncer.

J'ai beaucoup aimé Saint-Vincent. Lors de mon précédent tour de l'Atlantique, j'avais évité l'île pour des raisons de sécurité. Cette fois, j'ai eu l'impression que la situation s'était améliorée et j'ai découvert de très beaux mouillages, avec une mention spéciale pour la petite anse de Cumberland. Une excellente surprise.

Le retour à Union et Carriacou a été beaucoup plus triste. Les deux îles avaient énormément souffert du dernier cyclone. Voir les bâtiments endommagés et la végétation dévastée était vraiment désolant.

Sainte-Lucie m'a également déçu. L'île se construit de plus en plus et perd une partie de son charme.

En Martinique, j'ai évité Sainte-Anne, où il y avait trop de bateaux, pour rejoindre directement les Anses-d'Arlet. Toujours aussi belles et agréables !

Après une petite escale bien sympathique dans la baie de Fort-de-France, j'ai poursuivi vers Marie-Galante.

Des mouillages qui vont devenir payants, une marina désormais payante et un accueil que j'ai trouvé moins chaleureux. Trop de voiliers, sans doute. En tout cas, je n'y ai pas retrouvé le plaisir de mon précédent passage.

Après un arrêt à Pointe-à-Pitre, sans vraiment revisiter la ville, j'ai rapidement rejoint Deshaies. La baie est toujours aussi belle et son jardin botanique reste magnifique.

Les îles Vierges britanniques (BVI) ont été une autre grosse déception. Des catamarans de location partout, souvent de très gros catamarans américains, et des bouées payantes à des tarifs exorbitants.

Pour couronner le tout, un méchant coup de vent de nord rendait les plus beaux mouillages inconfortables, voire impraticables. Il a fallu se mettre à l'abri. Pas vraiment le séjour dont je rêvais !

J'ai ensuite sauté les îles Vierges américaines et Porto Rico pour rejoindre directement la République dominicaine. Pas envie de laisser des sous  dans le pays de l'affreux bonhomme orange.

Et là, changement d'ambiance ! J'ai adoré la République dominicaine, puis Cuba et enfin le Guatemala. Trois pays très différents, mais trois très belles découvertes.

mouillage dans la baie de Samaná,

Naviguer en solitaire… moi qui aime tant la compagnie !

C'est sans doute l'une des grandes nouveautés de cette année.

Depuis mon départ de Toulon, il y a maintenant deux ans, j'avais toujours eu des amis à bord pour partager les navigations. Et puis, entre la Martinique et Cuba, je me suis retrouvé à naviguer seul.

Pourtant, je ne suis pas particulièrement un solitaire. J'aime la compagnie, les discussions, les repas entre amis et les apéros dans les mouillages. Et je sais aussi que la solitude, lorsqu'elle est subie, peut me peser.

Ce sont notamment Patrick, sur son voilier Petit Nuage, et Michel, sur Dix de Lyon, deux navigateurs rencontrés au cours du voyage et devenus des amis, qui m'ont donné envie de tenter l'expérience.

Et finalement, j'y ai pris goût !

La première découverte, c'est cette formidable liberté. On décide de tout : du départ, de la route, de l'escale, du temps qu'on va passer quelque part. Pas besoin de négocier pour rester trois jours de plus dans un mouillage ou de changer complètement de programme.

Mais ce qui m'a le plus surpris, c'est que naviguer seul ne signifie absolument pas être isolé.

Bien au contraire.

À l'escale, le navigateur solitaire suscite souvent davantage de curiosité. Les contacts se font facilement, les conversations s'engagent et les invitations ne manquent pas.

Finalement, je me suis parfois demandé si je n'avais pas rencontré encore plus de monde en naviguant seul qu'en équipage.

Les rencontres, le meilleur du voyage

Avec une princesse maya à Antigua,

C'est probablement ce que je retiendrai le plus de cette année.

Dans les mouillages et les marinas, les relations entre navigateurs se nouent très naturellement. On commence par échanger quelques informations sur la météo, les formalités d'entrée dans un pays ou le dernier problème mécanique. Puis on se retrouve autour d'un verre, d'un repas, et parfois on se revoit quelques semaines ou quelques mois plus tard, à plusieurs centaines de milles de là.

C’est peut-être pour cela que je n’ai pas apprécié les petites Antilles. C’est plus un monde de plaisanciers que de voyageurs en voilier, sans que cela n’ait rien de péjoratif. Moins de points en commun ? Moins de besoin d’échange ? C’est sur les pontons de La Linea, de Mindelo , de Jacaré au Brésil, puis depuis la République dominicaine jusqu'au Guatemala, que j’ai rencontré les  navigateurs aventuriers aux récits magiques.

Mais les rencontres les plus intéressantes ne sont pas uniquement celles que l'on fait entre navigateurs voyageurs.

J'ai beaucoup aimé les échanges avec les habitants des pays traversés, particulièrement à Cuba et au Guatemala.

À Cuba, j'ai découvert des gens d'une grande gentillesse, généreux malgré des conditions de vie devenues extrêmement difficiles. Les pénuries alimentaires, les coupures d'électricité, les difficultés pour trouver du carburant ou des médicaments font partie de leur quotidien.

Avec Dora et sa famille à Marea del Portillo, Cuba,

Cela donne évidemment une autre perspective à nos petits problèmes de navigateurs.

Le Guatemala a été une autre très belle découverte.

J'ai profité de l'immobilisation de Sara, pour cause de saison cyclonique, pour parcourir une partie du pays : Antigua, le lac Atitlán, Semuc Champey, Flores, Tikal et Yaxhá. Des paysages magnifiques, une culture maya toujours très présente et beaucoup de rencontres.

Et puis, il y a mon espagnol !

Après plusieurs mois passés dans des pays hispanophones, j'arrive maintenant à me débrouiller à peu près dans la plupart des situations.

Pour la grammaire et la conjugaison, il reste encore du travail.  Mais l'essentiel est de pouvoir communiquer, même si mes interlocuteurs doivent parfois faire preuve d'un peu de patience.

Le plaisir de voyager sans courir

Avec le temps, je mesure à quel point il est agréable de naviguer sans être prisonnier d'un programme trop rigide.

Bien sûr, il faut tenir compte des saisons, des alizés, des périodes cycloniques et des contraintes administratives. Mais en dehors de ces impératifs, rien ne m'oblige à respecter un calendrier précis.

Je préfère désormais prendre le temps de découvrir les endroits où je m'arrête, rencontrer les habitants, profiter des mouillages et attendre les bonnes conditions pour repartir.

Le voyage n'est pas une course et le nombre de milles parcourus n'est certainement pas le meilleur indicateur de sa réussite.

Ce qui reste, ce sont les moments vécus, les paysages, les mouillages, les rencontres et cette formidable liberté qu'offre la vie à bord d'un voilier.

Nouveau départ le 2 décembre  : où va-t'on ? 

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