Premières impressions du Guatemala
Voilà bientôt deux mois que je suis au Guatemala et je n'ai encore presque rien écrit sur le blog. Pourtant, ce pays mérite qu'on s'y attarde tant il y a à raconter. Par où commencer ? Le Rio Dulce, cette grande rivière bordée de mangroves où Sara passe la saison des cyclones ? Les montagnes, les volcans et les sites mayas de l'intérieur du pays ? Ou encore Antigua Guatemala et le magnifique lac Atitlán ?
Allons-y dans cet ordre.
Le Rio Dulce,

Petit restaurant sur le Rio Dulce,

ballade en lancha sur la rivière,
Le Rio Dulce se situe encore en zone cyclonique, mais les marinas sont installées à plus de vingt milles nautiques de l'embouchure, à l'abri derrière les premières montagnes. Les cyclones n'y pénètrent généralement pas, ce qui en fait un refuge très apprécié des plaisanciers.
La saison des pluies — que l'on appelle ici « l'hiver » — vient de commencer. Elle apporte de fortes averses, des orages spectaculaires et un tonnerre presque quotidien.

De la pluie sur la marina,
Chaque année, de nombreux voiliers viennent y passer la saison cyclonique. Pour ceux qui ne souhaitent pas franchir le canal de Panama et qui arrivent de Cuba, de la Jamaïque ou de la République dominicaine, c'est une escale idéale. Il faudra ensuite remonter contre les vents dominants lorsque la saison sera terminée.
Certains, comme moi, envisagent de rejoindre un jour le Pacifique, sans se presser. D'autres préfèrent profiter encore une saison des Caraïbes avant de préparer leur retour vers l'Europe. Beaucoup vivent simplement à bord, en laissant leur bateau au Rio Dulce.
La région est magnifique. Les marinas sont agréables, la vie peu coûteuse et les services nombreux. Il est également possible de sortir le bateau de l'eau dans de grands chantiers comme Nanajuana ou RAM, très bien équipés pour les travaux. Pour ma part, je préfère les petites marinas installées le long de la rivière, plus conviviales et plus chaleureuses.

Un petit tour à la voilerie de Cloé ,
Ici, presque tout se fait par bateau. Pour aller faire les courses, rejoindre un restaurant ou retrouver des amis, il est souvent plus simple — et bien plus agréable — de prendre l'annexe que d'emprunter les minibus ou les tuk-tuks.
La Marina Manglar Del Rio,

Le ponton de la marina,
J'ai choisi la marina Manglar del Rio sur les conseils de mes amis Yves et Joël, du voilier Nana. J'y ai retrouvé Pierro, du voilier Tabasco, connu pour ses vidéos et déjà rencontré à Cienfuegos, ainsi que Rudolph et Michelle, rencontrés en République dominicaine. Et, bien sûr, j'y ai fait de nouvelles rencontres.
Manglar del Rio est une petite marina d'une vingtaine de bateaux. On y trouve des pontons en bois, un grand palapa où l'on se retrouve pour les repas et les apéritifs, une piscine et un vaste parc tropical. L'endroit est paisible tout en restant très proche du village de Rio Dulce et de ses commerces.
La marina est dirigée par Damien, un marin français installé au Guatemala. On y croise beaucoup de francophones, mais aussi quelques anglophones. L'ambiance est particulièrement conviviale et il est facile de se laisser séduire par cette douceur de vivre tropicale.

Apéritif sous le grand Palapa de la marina,

La piscine,

Barbecue du samedi soir,

Damien et Toni à la manoeuvre,

Activités de l'après midi,

Le lac aux crocodiles dans le parc de la marina,
Voyager au Guatemala
Il serait dommage de rester uniquement à la marina tant le Guatemala regorge de merveilles : volcans, sites mayas, rivières, grottes et montagnes offrent d'innombrables possibilités d'excursions.
Le pays accueille beaucoup de jeunes voyageurs, souvent en sac à dos ou en année sabbatique. Les déplacements sont très faciles grâce à un réseau de minibus touristiques qui relient les principaux sites.
Ma première étape a été Antigua Guatemala, l'ancienne capitale coloniale de l'Amérique centrale. Classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, la ville est très touristique mais pleine de charme. C'est aussi le point de départ idéal pour gravir les volcans encore actifs. N'étant pas totalement sûr de ma condition physique, j'ai choisi l'ascension la plus facile. Le spectacle en valait largement la peine.

Antigua, el parque central,

Au volcan Pacaya, ascension facile,
J'ai ensuite découvert le lac Atitlán, immense lac installé dans une ancienne caldeira volcanique et entouré de volcans ainsi que de villages mayas. L'ensemble rappelle parfois les grands lacs italiens, mais avec une identité culturelle totalement différente.
Comme au Rio Dulce, la lancha, la barque locale, est le principal moyen de transport.

Le lac Atitlan, depuis le belvédère de San Juan,

Les lanchas du lac,

Peinture murale à Txununa,

Une rue de San Juan,

Une autre rue, toujours à San Juan, bien animé,

Le lac, depuis san Pedro,
Après un passage par la Ciudad de Guatemala, je suis revenu au lac Atitlán, un endroit qui me séduit particulièrement. Les paysages sont splendides : volcans, montagnes et villages mayas se reflètent dans les eaux du lac. Les routes sont souvent sinueuses et en mauvais état ; les lanchas collectives restent donc le moyen le plus pratique de rejoindre les différentes communautés.
J'ai séjourné à Tzununá, dont le nom signifie « vallée des colibris » en langue maya. Cette vallée isolée domine le lac. La végétation est luxuriante, les fermes en permaculture nombreuses et les nuits suffisamment fraîches pour bien dormir. Un véritable petit paradis.
Le lendemain, visite de San Marcos, San Pedro et San Juan. Les rues débordent de couleurs, entre les peintures murales, les marchés et les magnifiques costumes traditionnels des femmes mayas.
Retour ensuite à la Ciudad de Guatemala avec une étape obligatoire chez le dentiste. Je souhaite régler mes problèmes dentaires avant de reprendre la navigation.

Tomographie avant travaux,
Dernière escapade en date : Lanquín et ses impressionnantes grottes, au cœur des montagnes. Le tourisme y est plus simple, plus jeune et moins organisé que sur les grands sites du pays, ce qui lui donne beaucoup de charme.

La rivière de Semuc Champey,

les cascades et les bassin de Semuc Champey,

Baignade avec Yves dans les bassins de la rivière,

Paysage de Lanquin,

les immenses grottes de Lanquin, avec des milliers de chauve souris le soir,
Au cours des prochains mois, j'aimerais continuer à découvrir le Guatemala en suivant les principaux itinéraires recommandés par le Lonely Planet.
Le pays et ses habitants
Les Guatémaltèques sont accueillants, discrets et toujours prêts à rendre service.
Dans certaines régions, il n'est pas rare de croiser des habitants armés. Cela peut surprendre, mais fait partie du contexte local. Certaines zones ont une réputation d'insécurité, même si, jusqu'à présent, je n'ai personnellement rencontré aucun problème.
Le pays reste profondément marqué par la guerre civile, qui a duré des années 1960 jusqu'en 1996 et a fait plus de 200 000 victimes, principalement parmi les populations mayas.
La population est composée d'environ moitié de Mayas et moitié de Ladinos, issus du métissage entre Européens et populations autochtones. Sur la côte caraïbe vit également la communauté garifuna, descendante de populations afro-caribéennes.
Et l'espagnol…
Mon espagnol progresse doucement. J'ai encore quelques difficultés, surtout avec les conjugaisons, mais je commence à me débrouiller dans la vie quotidienne.
La vie au Rio Dulce, et plus largement au Guatemala, reste très abordable. C'est une bonne nouvelle, car les travaux sur Sara vont bientôt reprendre avant les prochaines navigations.
Les travaux sur le capitaine aussi. Je profite de ce séjour prolongé pour me faire soigner les dents.
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