Quelques milles en Atlantique : Madère-Lanzarote

Hrmanito dans les alizés portugais
Jeudi 3 septembre. C’est aujourd’hui qu’on avait prévu de mettre les voiles pour les îles canaries. Mais voilà, mauvaise nuit, j’ai mal dormi. Je dois couver un petit refroidissement. Les nuits fraîches et le manque de vitamine auront certainement eu raison de moi. Pour ce qui est des nuits, il fait nettement moins chaud qu’en méditerrané et je n’ai pas eu la présence d’esprit de me couvrir correctement pendant mon sommeil. Les vitamines, deux mots peuvent expliquer cette petite carence : fruit et légume. C’est vrai que déjà en Suisse j’en mangeais pas tant que ça, mais depuis que nous sommes au bateau cela frôle gentiment le zéro.
Bon alors voilà j’ai mal dormi. Je me lève bien avant le réveil, aller hop un Pretuval (médicament suisse contre le refroidissement). Je rejoins Lisiane au lit et je lui demande :
- Dis, on reste encore quelque jour ici ? J’me sens pas bien.
Ce genre de question à 4 heures du matin, on connait déjà la réponse. Mais non, Lisiane il lui en faut plus…
- On a déjà bien visité Madère et la météo est bonne. Tu verras ça ira.
Je cogite… Me tourne et me retourne dans mon lit. Ok, je vais voir dehors qu’est-ce que la nuit a à me raconter. Un peu comme les anciens. Et là, je vois la lune qui éclaire le pont du bateau et le port tout entier. C’est le déclic, je dis à Lisiane :
- Je vais chercher la météo et tu prépares le bateau. Nous partons dans une heure.
C’est donc de nuit que nous quittons la marina de Quinta do Lorde. Direction l’île la plus à l’est des Canaries : Lanzarote. Nous espérons arriver dans l’après-midi du samedi 5 à la marina d’Arrecife. La météo nous indique qu’il faudra pousser avec le moteur pendant une vingtaine d’heure pour aller rejoindre les alizés portugais. Nous laissons les îles Deserta sur bâbord.

Les îles Deserta au petit matin
La journée se passe tranquillement, au son du moteur. Pour la plus grande joie de Lisiane, qui peine un peu à retrouver son pied marin. Rien de très grave cela dit. Elle retrouvera la forme une fois les voiles hissées. Et c’est à minuit que nous pouvons enfin éteindre le moteur. La mer est très agréable et nous avançons à 5 nœuds dans la nuit étoilée. Dans ces conditions, la navigation c’est un véritable plaisir. Nous prenons notre quart chacun notre tour, toutes les trois heures. Et le soleil finit par faire son apparition. La matinée continue au même rythme. Dans l’après-midi le vent diminue un peu. Mais nous filons tout de même à 3-4 nœuds.

Une journée sous voile et Lisiane se sent déjà beaucoup mieux
Le moteur attendra. D’autant plus que le fichier météo indique un renforcement des alizés pendant la nuit. Assez pour que nous décidions de réduire les voiles avant le coucher du soleil. Stratégie payante, car nous passerons une seconde nuit confortable, malgré les rafales de vents dépassant allégrement les 20 nœuds avec une mer bien formé. Juste avant la tombée de la nuit nous avons croisé la route d’un cachalot. Nous n’avons vu que son souffle mais grâce à notre visite du musée de la baleine, nous savons maintenant que le souffle des cachalots mesure environ 1 mètre et que c’est le seul qui est orienté à 45 degrés. Comme quoi les musées ça peut être utile ! Voir ce spectacle en pleine mer restera un moment magique. C’est vraiment émouvant et on a l’impression de partager quelque chose d’intime avec notre planète. Génial !

La nuit on passe le temps comme on peut

Hrmanito traçant sa route de nuit

L’affichage de l’autopilote : on discute beaucoup avec lui pendant les quarts

Lisiane est prête, je vais enfin pouvoir aller dormir
La nuit est maintenant tombée et le vent c’est effectivement renforcé. Cette nuit fut sans doute la plus agréable que j’aie passé en mer. Ça bouge pas mal, mais ce n’est jamais menaçant. Et avant l’aube nous apercevons déjà les premières lueurs de la côte. Et dans la lueur du jour naissant, nous passons entre les îles d’Alegranza et de Graciosa. Ensuite, cap au sud pour du pur vent arrière sous génois seul. Quel bonheur de voir son bateau filé à 5 nœuds sans gîte. On s’imagine déjà dans les vrais alizés. Mais ça c’est une autre histoire.

On prépare les amarres pour l’atterrissage
Nous accostons au ponton de la toute nouvelle marina d’Arrecife vers 14 heures. La précision de notre planification nous laisse un peu sans voix. Nous sommes presque arrivés à la minute près ! On s’imagine bien faire l’annonce des CFF : « Prochaine arrêt Arrecife, nous arrivons à l’heure sur le quai numéro… ». La marina, inauguré l’année passée, est nickel chrome. Au bout du ponton : le Burger King. Ahhh enfin de la civilisation.

L’entrée du port d’Arrecife
Voilà la seconde étape de notre voyage achevée. La première c’était sortir de Méditerrané, et la deuxième atteindre les îles Canaries. Ça c’est fait… Nous avons maintenant deux mois devant nous pour préparer le bateau et l’équipage pour la traversée de l’Atlantique. Car OUI c’est décidé nous allons faire cette grande et belle traversée.

Notre sillage dans l’Atlantique s’agrandi
Prochaine épisode : Lanzarote, Fuerteventura et Gran Canaria
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