Salade de souvenirs à la Biscayenne -Le Golfe de Gascogne

Salade de souvenirs à la Biscayenne -Le Golfe de Gascogne

Posté par : Vincent et Anne-Laure
12 Septembre 2019 à 15h
Dernière mise à jour 12 Septembre 2019 à 16h
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Nous quittons donc la chaussée de Sein et les côtes bretonnes ce vendredi soir sous spi asymétrique. Le vent est Nord-Est, pile poil dans l’axe de notre route, ce qui nous obligerait à faire route plein vent arrière ; allure lente et inconfortable avec la houle du golfe de Gascogne (bay of Biscay pour nos ex amis anglais) qui se lève assez vite en soirée. Nous allons donc  partir d'abord à l'ouest de la route pour revenir ensuite plein sud.

Après un bord de 4h au SO,   nous décidons d’empanner vers le sud avant la nuit et de rentrer le spi. Juste au bon moment car le vent monte jusqu’à 25 nœuds peu de temps après et la mer commence à être très formée. Victor me fait réveiller vers minuit pour prendre un ris  car la mer est forte et le bateau est dur à barrer. D’autant plus dur que la barre a un jeu important, de plus en plus important !! Le jeu de la roue est d’avant en arrière : Imaginez-vous au volant de votre voiture, le volant bouge de quelques centimètres et vous êtes lancé à  130 sur une piste cabossée ; C’est un peu l’impression que ça donne ! Heureusement il n’y a pas de jeu droite-gauche, les roues tournent correctement. Une idée de génie ( !) me fera demander à Anne Laure en pleine nuit, le marteau et la planche à pain en bois pour donner un coup sur l’axe pour enfoncer la barre. Résultat, le miracle de la multiplication des planches à pains (évangile selon saint Vincent). Nous en avons deux pour le prix d’une, mais la barre continue à se tordre de rire.

A vendre cause double emploi, demie    planche à pain, état moyen, à prendre sur place, prix négociable.

 

Le moral des uns et des autres pendant la traversée est tributaire d’évènements ou de situations que chaque équipier appréhende très différemment. Les 3 jours qui viennent de s’écouler dans le mauvais temps laissent une trace et de la fatigue et tout le monde redoute plus ou moins cette traversée du golfe. La météo annonce un vent portant modéré au début et une dorsale anticyclonique sans vent doit nous rattraper dans le dernier tiers, puis après une transition de vent modéré d’ouest, un coup de vent de secteur Nord est attendu en fin d’après-midi lundi.

Après l’arrivée, nous avons débriefé la traversée du Golfe vue par chacun pour connaitre le meilleur et le moins bon souvenir de chacun :

Pour Vincent,

 « Le pire moment a été la prise quart vers minuit la première nuit. Nous avons un ris dans la grand-voile, la mer nous oblige à barrer continuellement et la barre est en train de se faire la valise : Faire demi-tour n’est pas une option raisonnable vue notre position très Ouest. A ce moment-là, je n’étais pas loin d’envier une petite soirée au coin du feu à regarder une bonne émission de Michel Drucker ; il y aurait Céline Dion qui serait venue chanter des chansons merveilleuses en pensant à son René ! A la fin de ce quart, le vent s’est calmé un peu, la mer s’est assagie et j’ai réussi à resserrer la barre, avec un outil inadapté, mais provisoirement ça tient. Le bateau surfe à plus de 9 nœuds et des bancs de dauphins se succèdent pour jouer avec l’étrave du bateau, Magique ! Drucker et Céline Dion sont remisés dans le placard des personnes nuisibles. Nous faisons la course contre le coup de vent prévu lundi soir mais le bateau avance vite. Mon meilleur moment sera sans doute l’approche des côtes Espagnoles lundi matin, avec un vent d’Ouest et une mer plate qui scellera définitivement notre victoire sur le coup de vent. »

Pour Anne Laure

« Mes pires moments pendant cette traversée, ont été les nuits qui étaient inconfortables pour dormir et se reposer. Les vagues incessantes plus ou moins fortes m’ont empêchées d’avoir un sommeil profond, et ceci depuis notre départ de Jersey, j’ai l’impression de faire des nuits blanches. Je rêve d’une nuit dans un lit qui ne bouge pas et sans bruit, un rêve si simple à réaliser sur la terre ferme ! Mes bons moments ont été la beauté de la nature : les nombreux dauphins qui nagent près du voilier, le passage inattendu d’une baleine à 50 mètres lorsque l’on est tous ensembles, les étoiles filantes dans un ciel sans pollution lumineuse, les levers et couchers de soleil. Tous ces instants magiques effacent mon manque de sommeil et les mouvements non-stops du bateau ».

 

    

La vue des  mammifères marins   restent toujours  un bon moment pour tout le monde

Pour Léa

« Mes mauvais moments sont quand le bateau bouge beaucoup, on ne peut pas dormir et bouger dans le bateau. Mes meilleurs moments sont de voir la baleine cracher de l’eau, les grands dauphins et les bébés, jouer aux devinettes et avec tout le monde, câliner Nestor dans sa bannette pour le rassurer." 

Ce dernier s’est vite amariné et passait les quarts de nuits sur le pont faisant craindre sa chute dans la mer.  

Pour Robin

Robin travaillait jusqu’au mardi soir, et nous sommes partis dès qu’il est monté à bord. Du coup c’était vraiment l’équipier le moins bien amariné et ses pires moments ont été les passages nauséeux, touché par le mal de mer, il a dû s’allonger pendant certains quarts et laisser Victor seul à la barre. Ses bons souvenirs resteront les glissades sous spi et les mammifères marins mais il garde une émotion profonde devant les pâtes carbonara servis le dimanche soir en pensant que le lendemain y’a pas boulot ; Robin vient de finir son contrat de Kiné assistant dans un cabinet ou l’ambiance n’était pas top.  

Pour Victor

Victor s’est lancé dans la compétition à la voile, et cette année il a fait la mini Fastnet (sur un bateau de 6.50) dans la brise et le Fastnet sur Jolokia, un bateau de course de 19m. Ses expériences font de lui un précieux équipier qui n’a pas la même notion du gros temps que nous. Pour lui les plus mauvais moments ont été les quarts au moteur sans musique. Ses meilleurs moments sont sans conteste les repas pantagruéliques qu’il arrive à ingurgiter : carbonaras, risottos aux cèpes, kebabs maison, nouilles chinoises…

 

Cette traversée s’est donc globalement très bien passée à une moyenne de 6.6 nœuds sur la route directe (7 nœuds sur la route réelle). Le point de chute initial était la baie de Cedeira, mais le vent en a décidé autrement. Nous ne regrettons pas d’avoir relâché à Viveiro dans une Marina accueillante et proche du centre-ville. Le coup de vent promis est arrivé pile à l’heure, lundi en fin d’après-midi alors que nous tentions désespérément de trouver un bar qui serve de la sangria et des tapas avant 20h…

Emplacement

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