Portugal, à la recherche du port d'hivernage

Portugal, à la recherche du port d'hivernage

Posté par : Vincent et Anne-Laure
20 Octobre 2019 à 12h
Dernière mise à jour 29 Octobre 2019 à 11h
839 vues
Flux-RSS

Nous voilà donc arrivés dans les eaux Portugaises en franchissant la vallée du Minho, fleuve qui sépare les deux pays et bien visible depuis la mer en ce beau dimanche 6 octobre. Première constatation immédiate, les casiers des pêcheurs sont plus visibles qu’en Espagne. Là où les espagnols se contentent d’attacher deux bidons au ras de l’eau pour signaler leurs casiers, les portugais ont des bouées avec des perches et des drapeaux. Plus visibles, les casiers sont aussi nettement plus nombreux ; les Portugais ne sont pas tous maçons ou carreleurs, parce qu’il en faut des pêcheurs pour mettre autant de casiers à l’eau !    Nous naviguons dans de véritables champs de mines et après l’épisode du bout’ dans l’hélice près de la Corogne et du paquet d’algues le matin même, nous n’avons pas envie de nous retrouver à trainer un engin de pêche derrière le bateau. Deuxième constat, les dauphins sont aussi plus nombreux, et leur cri présente un léger chuintement caractéristique des gens du coin ; ils sont bien sûr plus poilus mais très sociables et travailleurs. Bon arrêtons là les clichés sur les Portugais qui sont en majorité d’une gentillesse incontestable.

Première escale à Viana do Castello sur le ponton d’attente de la Marina où nous resterons une seule nuit.   Nous éviterons heureusement les nuits compliquées racontées par les plaisanciers de passage sur ce ponton : à quelques mètres des bateaux se trouve la boîte de nuit à la mode du coin, qui fait passer de belles nuits blanches aux clients mais aussi aux marins de passage. La boite n’ouvre que le samedi hors saison, Ouf  ! Son nom ne laisse aucun doute: L’insomnia !!

Accueil sympa en anglais du préposé du port et ballade dans une ville très jolie, un peu morte en ce dimanche après-midi mais pleine de charmes.  

La Ria abrite des marais et les moustiques feront leur apparition et profiterons lâchement de la tendre peau de notre petite Léa qui se fait dévorer.

Départ le lendemain midi, juste après avoir profité des douches du port, pour Povoa de Varzim dont tout le monde dit le plus grand bien, sur les blogs STW bien sûr mais aussi sur l’application Navily. Povoa est déjà la lointaine banlieue de Porto et une ligne de Métro arrive jusqu là. L’entrée de la marina peut-être dangereuse par mauvais temps mais, même aujourd’hui, alors que nous sommes encore au moteur dans la brume et sans vent, la houle déferle devant l’entrée. Rien de bien méchant aujourd’hui mais nous constatons tout de suite en arrivant au ponton que les rares bateaux encore à l’eau sont doublement voire triplement amarrés. La houle rentre dans le port et les places aux pontons sont inconfortables. Un bâtiment géant pour les pêcheurs est en construction devant les pontons ce qui contribue à ne pas rendre les lieux très chaleureux, contrairement à l’accueil que nous recevrons au bureau du port. La dame qui s’occupe de nous est vraiment adorable et se met en quatre pour nous aider à contacter le port de Nazaré ou nous envisageons d'hiverner. Après avoir eu 4 ou 5 interlocuteurs au téléphone elle ne parviendra pas à obtenir le numéro de la personne qui s'occupe de la marina... très mauvais point pour Nazaré. Elle nous guide vers les coins de la ville à visiter, et c’est vrai que ca vaut le détour. La Porte du ponton et celle des sanitaires s’ouvrent avec un lecteur d’empreintes digitales, ce qui fait découvrir à Léa cette particularité physique . Après avoir fait enregistrer son empreinte au bureau du port, Léa se promenait comme E.T. avec l’index en l’air pour ne pas effacer son empreinte !

               

 Pour découvrir la ville de Povoa nous prenons un peu de hauteur, sur une toile d'araignée ou sur la grande roue.

Après une mauvaise nuit dans le grincement des amarres et des parre-battages, nous continuons notre route vers Leixoes, le grand port de commerce de Porto. A ce moment-là nous pensions encore laisser le bateau dans cette marina pour l'hiver, même si nous avons eu des échos assez peu flatteurs de l’endroit au fil de nos rencontres. Les atouts de cette marina pour nous, est d’être située à moins de 5 km de l’aéroport d’où nous devons repartir le 25 octobre et de pratiquer des prix dégressifs en fonction de la durée, ce qui nous permettrait de laisser le bateau 6 mois pour 1500€ environ. En arrivant au bureau du port, nous ne payons que 3 jours pour l’instant. Il faut choisir la durée de l’escale et payer à l’avance pour bénéficier des tarifs dégressifs et on ne peut pas changer d’avis, c’est la règle. Beaucoup de bateaux étrangers sont amarrés là et on apprendra rapidement que certains ont choisi de longues durées qu’ils regrettent déjà. Le Ponton visiteurs est effectivement peuplé de bateaux de toutes nationalités et nous rencontrons pour la première fois des gens qui voyagent avec des enfants. Le ponton  devient un vrai terrain de jeu entre la pêche aux étoiles de mer agrippées le long des  murs et  le partage des jouets de chaucun.

                     

 

Nous profitons d’une belle journée pour aller se balader à Porto...

Ville magnifique que nous avions parcouru 5 ans auparavant, avec Léa déjà. On voyage dans le métro avec les Portugais qui partent travailler, décalage total, notamment au niveau de nos looks de marins/touristes avec les yeux écarquillés face à l’autochtone citadin qui regarde dans le vide.

            

On constate qu'en 5 ans, les appareils photos des téléphones sont de meilleure qualité. Sinon on a pas changé d'un pouce.  On reconnait la patte de Gustave qui a dessiné le fameux pont Luis    dans la même style que la célèbre tour parisienne.

                       

Nous profitons du soleil sur les terrasses des restaurants au bord du Douro, du côté des caves où sont entreposés les tonneaux géants remplis des meilleurs Portos.

Nous changeons de zone en profitant du tramway qui ne sert plus qu'aux touristes dans notre genre, et visitons des parcs ou Léa se fait rapidement des copines.

 

            

Certaines ont inscrits sur leur T shirt les belles pensées de leur parents que nous ne partageons pas du tout et que la petite fille n'a pas l'air d'appliquer à la lettre...

C'est en rentrant au bateau sur le ponton de Leixoes que nous prenons la decision de ne pas rester dans ce port : L'atmosphère est constament humide à cause de la houle qui vient s'éclater sur le mur de protection de la marina et qui brumise les alentours, de nombreux goélands morts flottent dans le port et l'odeur des produits déchargés en vrac des cargos  voisins embaume le secteur. De plus il y a là aussi un peu de houle a rentrer dans le port et les aussières et parre-battages sont très sollicités.

La marina Douro située  en face du centre de Porto, à l'entrée du fleuve du même nom a tout pour plaire, sauf son prix !    totalement hors budget, nous faisons l'impasse et nous apprendrons plus tard que la houle et le courant rendent l'amarrage  inconfortable; sans regret donc.

Nous avons contacté le Port de Figueira da Foz, que nous pensions inaccessible du point de vue financier : Ce port décrit  dans le guide comme haut de gamme, était aussi affublé de commentaires assez négatifs sur le peu d'interêt de la ville,  et seule sa proximité  avec Coimbra semblait pour certains, justifier une hâlte à Figueira. Carlos, le maître de port nous a renseigné très gentiement par téléphone sur les conditions d'un hivernage  pour Earlybird, nous certifiant que nous aurions de la place et que le tarif serait de 1000€ environ pour 6 mois soit moins de la moitié du prix de Douro marina.

Nous voilà donc partis pour Figuera da foz en ce vendredi matin de bonne heure dans un brouillard à couper au couteau et sous l'odeur dérangeante du grand port de Leixoes. Houle prononcée, visibilité et vent quasi nuls, nous avons une soixantaine de miles à parcourir  au moteur, soit une dixaine d'heures peu agréables .

Sauf si... on s'arrête dans la ria d'Aveiro! Option décidée alors que nous ne sommes plus qu'à une heure de navigation de cette ville touristique. Finalement nous ne sommes pas presssés d'arriver au port d'hivernage et renseignements pris, l'escale peut être très plaisante. C'est donc vers 14h que nous entrons dans cette ria tentaculaire. Nous savons que la météo ne sera pas bonne ce WE et que nous devrons rester quelques jours ici mais ca semble jouable. Un ponton géré par un club de voile ouvert l'après midi seulement, peut accueillir quelques bateaux de passage pour 20€ par jour à condition de passer sous les fils de la ligne éléctrique  situés  à l'entrée. En serant les fesses on passe sous la ligne, il reste au moins 5 mètres mais vue du bas c'est difficle à apprécier !   Sur la photo ci-dessous on voit la hauteur du cable par la boule  rouge  fixée dessus.

 

On est très bien accueillis,  nous avons   accès  à des sanitaires l'après midi (avec machine à laver   gratuite ) et  un salon-bar  où  nous  passerons un moment   sympa  autour d'une partie de billard.

        

Le port est entouré de marais salants, alors juste après l'école  à bord, travaux  pratiques : "doù vient le sel Léa ?"

Nous visitons Aveiro qui n'est   qu'à 10 minutes à pied   du ponton.   Cette ville touristique   est la  Venise du Portugal  où   les  gondolles à moteur   ne   désemplissent   pas  même    en semaine mi-octobre.   Et à 2 pas des canaux, le contraste flagrant avec la Fnac et d'autres grandes enseignes .

           

Nous quittons le ponton de l'association AVELA qui nous a hébérgé    pendant tout le  week-end avec un bateau voisin finlandais et un  norvégien. A 9h ce lundi matin, le moment   choisi pour partir, la pluie tombe à grosses gouttes et le vent de sud est encore fort; en attendant une heure, le front doit passer, la pluie doit cesser et le vent virer à l'ouest.  Pile, poil    après l'école  à bord, nous pointons le bout du nez dans le cockpit vers 10 heures quand la pluie a cessé et on constate que nos deux voisins sont partis .

Nous ne tarderons pas a dépasser le bateau Finlandais ; Partis sous la pluie, le jeune couple nous prend en photo et nous dira plus tard que c'est injuste de partir les premiers et d'arriver les derniers. Le skipper  a    le    mal de mer pour la première fois depuis leur départ de Finlande et c'est assez compréhensible car la mer lève très vite avec le vent de Nord ouest qui forcit.   A bord d'Earlybird   pas   de malades   et  bonne ambiance  malgré   la navigation peu confortable.

            

Echange de photos avec  le couple Finlandais: on a pas l'occasion d'avoir des images de notre bateau vue de l'exterieur.

Notre dernière traversée de l'année 2019 se termine avec un vent forcissant, on espère que l'entrée de Figueira ne sera pas trop sportive.

Finalement nous n'avons aucun soucis pour passer la barre à  l'entrée de la rivière , et  nous sommes acceuillis par Carlos au ponton essence.    Il nous a gardé une place sur un ponton abrité, à côté d'un bateau français. Nous ne tarderons pas à rencontrer le propriétaire de ce bateau,  Gilbert, qui a acheté une maison à Figueira et qui fait des aller-retours en Lorraine où sa femme travaille encore.

Nous échangeons nos numéros de téléphone , Gilbert repart demain en avion. Nous avons tout de suite une très bonne impression du port et des alentours, contrairement aux commentaires trouvés sur Internet.

Nestor semble comprendre que nous sommes arrivés à notre terminus et change complètement de comportement : Pour la première fois, il descend du bateau et part se promener chez les voisins.

         

Les ballades aux alentours confirment cette bonne impression et nous profitons de Figueira , ville de 60.000 habitants où il fait bon vivre. Le Marité, le 3 mats rendu célèbre par l'emission Thalassa est ammaré de l'autre côté du port.

Une longue plage avec une route façon croisette Cannoise est bordée par des immeubles cossus qui habritent des residences et des hotels de luxe.

La pluie des derniers jours a    laissé des escaliers mouillés où Vincent fait un vol plané douloureux. Ca lui vaudra un après-midi aux urgences pour  faire des radios : Rien de cassé mais des douleurs qui perdureront plusieurs  semaines. Heureusement que Léa  a des talents de Kiné.

Finalement, mon état s'améliore suffisamment pour pouvoir aller le vendredi à Coimbra, ancienne capitale du Portugal distante de 60  km, rejoindre  mon frère Bruno et sa chérie Guylaine qui sont en vacances à Alcochète, en face de Lisbonne. Nous visitons la ville avec un objectif classique : La fameuse bibliothèque de l'université. Le prix du ticket d'entrée et les délais de visite nous font réfléchir. nous reviendrons plus tard prendre des tickets mais les délais ont encore augmenté    et ça sera trop tard... Nous  mettons au point avec Bruno, la visite flash éclair, qui consiste à rester devant la porte de sortie de la bibliothèque baroque ou de la chapelle et de s'imprégner des lieux, pendant les 10 secondes où la porte est entreouverte pour laisser sortir les petits groupes de touristes. Promesse est faite à Guylaine qui ne se contente pas de nos magouilles de revenir passer quelques jours à Coimbra.

          

 

Quelques jours plus tard nous faisons la connaissance de Muriel et Martin qui vivent sur leur bateau au ponton voisin. Ils sont un peu à la fin de leur voyage commencé en 2012 et leur bateau est en vente. Ils reviennent de plusieurs années en méditéranée et sont pour nous une mine d'or de renseignements sur les points de chute pour le bateau, notamment pour le laisser en juillet-août et pour les hivernages. Noter projet colle avec leur  experience et nous échangerons lors de deux soirées très sympa, un coup sur Earlybird, un autre sur Yvanan. Ca fait du bien d'avoir des conversations d'adultes après avoir passer beaucoup de temps  à jouer ou converser avec Léa !

nous passons les quelques jours qui restent à désarmer le bateau : rincage et pliage du genois, protections des drisses, amarrage cul à quai pour l'hiver, nettoyage du bateau, rinçage et pliage de l'annexe et hivernage du  moteur hors bord chez un mécanicien.

L'arrière  du bateau est maintenant exposé Ouest, pour profiter des couchers de soleil. Le  retour en avion vendredi 25 octobre avec notre chat Nestor risque d'être aussi une aventure et nous risquons d'avoir encore des nouveautés que nous ne manquerons pas de vous raconter!  

 Il y aura notamment la découverte du nouveau bateau de     mon fils Victor qui s'engage pour la mini transat 2021 :  https://facebook.com/VictorDersuMini2021/

Nous déménageons notre blog sur Blogger. Vous pourrez suivre nos prochaines aventures sur alvisea.blogspot.com

à bientôt !

 

 

 

 

Emplacement

Vous devez vous identifier pour laisser un commentaire : cliquez ici pour vous connecter .

Le site de la Grande Croisière...