Un retour Martinique-Açores 2021 étonnant

Un retour Martinique-Açores 2021 étonnant

Posté par : DANIEL
22 Juillet 2021 à 09h
Dernière mise à jour 27 Juillet 2021 à 09h
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Après trois mois passés "au chaud" à Sainte Anne au Marin,  Teranga se fait petit à petit à l'idée qu'il va falloir rentrer en métropole, sans que cette perspective soit particulièrement excitante, les conditions de navigation n'ayant rien à voir avec celles de la "descente". Mon équipier, jean -michel  qui en est à sa troisième traversée sur Teranga a finalement réussi à passer son test anti-Covid et regagner la Martinique, non sans difficultés.

 

Teranga a trois aversions:    la saison cyclonique aux Antilles, dangereuse, le vent supérieur à 6', inconfortable et dangereux si la fuite est impossible, et la pétole, un peu ça va mais pas trop, surtout au milieu de l'Atlantique.

 

Mi-mai, début de la saison cyclonique en 2021, Teranga était donc déjà depuis deux jours au vent de la Martinique, au près serré, avançant à plus de cinq noeuds    dans une mer agitée dans tous les sens, cap au Nord. Difficile de dormir dans ces conditions!

 

Il imaginait répéter    le scénario vécu il y a trois ans, 4 jours de près dans l'Alizé, 6 jours de n'importe quoi dans l'anticyclone, et mille milles cap à l'Est avec le moins de pluie possible pour arriver aux Açores le tout en un peu plus de 22 jours.

 

Surprise,cette fois, au troisième jour, le geenneker remplace le génois, et au quatrième le cap passe au NE, chouette on va pouvoir faire un direct Cadiz !

 

L'euphorie a duré 8 jours, très beau temps, cap quasi direct sur Cadiz sous geeneker, pas de houle, trois demi journées de pétole seulement, de la glisse sous les étoiles ! On s'est même    demandé    si on   n' allait pas s'arrêter à Madeire !

Ensuite, pendant 8 jours, le temps est devenu plus nuageux et variable, le vent faible est passé alternativement du Nord au Sud en passant par l'Est. Finies les illusions, le seul objectif n'était plus que de faire du Nord ou de l'Est dans du petit temps, vent plus ou moins dans le pif. Trois demi-journées de plus de pétole pour tester les nerfs, heureusement qu'il y avait les gribs pour remonter le moral qui lui aussi devenait très variable quand on mettait de l'ouest dans le nord ou du sud dans l'est.

 

Passé au dessus de la latitude 35° nord, on a pu enfin faire un cap direct sur Ponta Delgada, il restait 600 milles à faire, soit 6 jours.Teranga repassait dans ses traces d'il y a trois ans et d'il y a six ans !

Traversée de 26 jours, 2900 milles parcourus en lézardant (2300 en direct), 2 fois dix minutes de pluie, 30 heures de moteur, 50 heures de pétole en cinq séances, et... plus de quinze jours passés dans l'anticyclone au lieu de cinq il y a trois ans, le plus souvent sous geeneker.

 

Ces quinze jours ont été étonnants de beauté, le spectacle des cumulus vaporeux, d'une mer calme, des étoiles et de la lune a été permanent, dur de redescendre sur terre !

 

Teranga a finalement échappé à la grosse pétole anticyclonique, la fête a été complète et d'autant plus belle qu'elle était inattendue, ce qui confirme que chaque traversée est bien différente.

 

L'arrivée aux Açores a été déconcertante car nous  n'avons pas été autorisés à descendre  à terre, quarantaine obligatoire! l'année dernière les    jours de mer  étaient pris en compte pour respecter  cette contrainte, cette    année non, quand  on dit que la COVID rend fou....

 

La suite sur Toulon a  été sans grosse surprise, si ce n'est les deux  rencontres  avec les orques qui font l'objet d'un billet séparé, et une  navigation de 4 jours    entre les  Açores et  le Portugal  sans le moindre rayon de soleil, sans pluie mais très humide, avec trop de vent au début et plus du tout à la fin, pas vraiment réjouissante.

 

Finalement le retour aura duré 44 jours et le moteur aura fonctionné 120 heures, exactement le même chiffre qu'il y a trois ans sur le même trajet.

 

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