TUAMOTU: SHARK THERAPIE dans l’archipel de la BOMBE

TUAMOTU: SHARK THERAPIE dans l’archipel de la BOMBE

Posté par : Sylvie et Patrick
24 Septembre 2026 à 22h
Dernière mise à jour 25 Septembre 2026 à 02h
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2026 Trimestre 2


Apparté: Notre 2ème trimestre 2026 aux Tuamotu a été marqué par l’envie touchante de Patrick de m’offrir un bateau plus grand pour notre 2ème moitié du Tour du monde.

L’épopée pour trouver plus spacieux en conservant les qualités de sa chère CROIX DU SUD, quoique se révélant impossible dans notre budget, nous a fait grandir. Une aventure, dans l’aventure !

 


Chapitre 1.

  SHARK THERAPIE

Je dois vous confesser je ne suis pas brave devant les requins. Biberonnée aux délétères « Dents de la mer » (1975 Spielberg) et aux tout aussi délétères « Cages anti-requins du Monde du Silence » de Cousteau Monde du Silence 1956 Les Requins 1968( et autres Nicolas Hulot- buzz oblige!), je pétoche.

Avec un moniteur de plongée bouteille, je fais bonne figure puisque (m’assure t-on) ces gros poissons seraient gênés par les bulles bruyantes des scaphandres.

Mais les ballades de surface (snorkeling) en PMT (PalmesMasqueTuba) me font frémir si je ne suis pas accompagnées de valeureuses copines, d’une embarcation pas loin et d’une bonne visibilité pour évaluer la distance de…l’ennemi .

Aux Marquises, il y pas ou peu de visibilité.

Mais aux  Tuamotu , la transparence lumineuse de l’eau turquoise sur fonds de sable blanc permet presque toutes les audaces aux peureuses comme moi.

Ainsi dans l’atoll de  FAKARAVA,  « Mecque » de la plongée, les braves requins nourrices  m’ont ( presque) servi de monture guidée par tous les gamins enthousiastes du village.

Retrouvez ma thérapie anti-requins avec ces 2 liens Polarsteps:

 

Mais revenons à l’archipel des Tuamotu .

Comment un peuple a tenu sur des cailloux de corail sans ressources, voir sans eau douce…depuis plus de 2000 ans  !

 

Chapitre 2.

LE MYSTÈRE DÉMOGRAPHIQUE

DES TUAMOTU

 

Les Tuamotu sont l’un des environnements les plus pauvres au monde en ressources naturelles : pas de rivière, pas de source, un sol corallien qui ne nourrit presque rien, et une exposition permanente aux cyclones. Pourtant des hommes  y vivent depuis près de deux mille ans.

Pour se ravitailler il  y a rien ou presque. Les Voyageurs arrivent  avec des réserves à bord,  voir des fruits des Marquises en cadeaux. Quelques familles se mettent avec succès à la culture sur hydroponie encouragée par le soulagement des navigateurs qui se précipitent à leur rencontre.

 

Les migrations de l’Antiquité polynésienne

Le musée ethnographique de Tahiti et des Îles – Te Fare Iamanaha, à Punaauia, nous a fasciné notamment la navigation aux étoiles dans le Pacifique des ancêtres éthno-linguistiques de 300 millions de personnes actuelles de la « région Asie-Australie » merveilleusement décodée par le polynésien J-Claude Teriierooiterai (1952-2020) Docteur en anthropologie et  Docteur en linguistique, membre de l’académie tahitienne.

https://youtu.be/e0Fe0eIoYZQ?is=CjPc8GtGSRO7fNXO

 

Ces populations austronésiennes s’installent aux Fidji vers 1500 avant notre ère, puis le peuplement des Tuamotu-Gambier se fait probablement à partir de l’an 300, en provenance de l’archipel de la Société, qui sert de base de dispersion aux navigateurs progressant d’atoll en atoll.

L’essentiel de l’archipel Tuamotu-Gambier aurait été peuplé entre l’an 300 et l’an 1100.

Les habitants, les Pa’umotu, ont développé une adaptation remarquable à un milieu hostile.

  • La pêche, omniprésente et identitaire.
  • Agriculture de subsistance: Igname, taro (tubercules) arbre à pain (On adore!), quelques fruits tropicaux (Arrivez avec des fruits des Marquises -et vous serez le messie!)
  • Le pandanus fournissait chapeaux et toitures. L’eau douce, absence totale de source ou de rivière, ne venait que de la pluie récupérée (environ 1 400 mm par an(Wikipédia, Îles Tuamotu).
  • Le cocotier, déjà transporté sur les pirogues lors des migrations polynésiennes, complétait ce système : véritable « arbre de vie » : son bois servait donc aux pirogues et aux maisons, ses palmes et ses fibres aux cordages, toitures, nattes et vêtements, tandis que ses noix apportaient eau, nourriture, huile et récipients. Lors des premiers contacts avec les navigateurs européens, la noix de coco servait même de monnaie d’échange.

La période des cocoteraies et du coprah

C’est à partir de 1850 que tout bascule : les missionnaires protestants de la London Missionary Society, suivis par les catholiques, lancent une plantation systématique de cocotiers sur les atolls du nord et de l’ouest, puis étendent la culture vers l’est.

Au début du XXe siècle, les cocoteraies recouvrent la quasi-totalité des atolls, transformant durablement leur paysage originel.

Les cyclones de 1903 et 1906 ravagent les plantations, qu’il faut replanter.

En 1910, la Société française des cocoteraies des Tuamotu (SFCT) intensifie l’exploitation sur des atolls concédés. comme Marutea Sud.

Vers 1930, environ 50 000 hectares sont exploités et le coprah devient le premier poste d’exportation des Établissements français de l’Océanie, devant la nacre.

Fait notable : contrairement aux plantations coloniales des îles hautes (coton, canne, café), la cocoteraie des Tuamotu reste très majoritairement polynésienne — « faire le coprah » (haere puha en pa’umotu) devient un mode de vie transmis de génération en génération, une richesse « venant des ancêtres ».

Le système perdure aujourd’hui sous forme régulée : toute la récolte est achetée par l’Huilerie de Tahiti (société du Pays), à un prix fixé par le Conseil des ministres et soutenu par la Caisse de soutien des prix du coprah, qui compense l’écart avec le cours mondial (Panorama des Tuamotu-Gambier, IEOM).

Mais la filière décline : 12 000 tonnes produites en 2018, seulement 6 000 tonnes en 2023 — la plus mauvaise récolte depuis le cyclone de 1983 (La fin des cocotiers ?, Tahiti Magazines)

 

Le coprah «  mode de vie des ancêtres » reste malgré tout la principale ressource des atolls du centre et de l’est, et représentait encore la moitié des 2 000 coprah-culteurs polynésiens recensés en 2012.

Vu la complexité explosive du sujet ci dessous…(LOL!)  je cite mes sources;

La manne Pacifique

Le Dessous des cartes, l’émission de géopolitique d’Arte, a consacré plusieurs numéros au Pacifique ces dernières années — « L’océan Pacifique : au centre du jeu », « Pacifique : jeux d’influence en Océanie », ou plus récemment un numéro sur la Nouvelle-Calédonie — pour rappeler une évidence trop souvent oubliée depuis Paris : le monde change, et les grands rapports de force du XXIe siècle se jouent désormais dans le Pacifique, entre rivalité sino-américaine, montée en puissance de l’Inde, du Japon, de l’Australie, et résistance des micro-États océaniens (Le Dessous des cartes, Arte).

Dans cette bascule du monde, la France détient un trésor que la planète entière lui envie : sa zone économique exclusive (ZEE). Avec plus de 10,1 millions de km², elle est la deuxième ZEE du monde, juste derrière celle des États-Unis — et la Polynésie française, à elle seule, y contribue pour près de la moitié, avec 4,79 millions de km² de domaine maritime (Wikipédia, Zone économique exclusive ; Géoconfluences, ENS Lyon).

Or ce statut de deuxième puissance maritime mondiale, la France ne le doit pas à sa seule métropole mais à ses territoires ultramarins — et en particulier à des atolls minuscules, sans eau douce ni ressources, mais habités sans discontinuer depuis près de deux mille ans. Car en droit international de la mer, une ZEE ne se justifie que si le territoire qui la fonde reste occupé et administré : maintenir la population dans les Tuamotu, c’est donc aussi, très concrètement, maintenir la deuxième zone économique exclusive du monde.

 

La période explosive :

Comment? Pourquoi? rester aux Tuamotu-Gambier malgré la contamination  nucléaire,  — ce que révèle « Toxique ».

Rappel: Le Centre d’expérimentation du Pacifique (CEP) s’installe pour remplacer les sites d’essais du Sahara. Moruroa et Fangataufa, cédés gratuitement par le Territoire à l’État en 1964,

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Il y aura 193 tirs nucléaires entre 1966 et 1996, dont 41 essais atmosphériques jusqu’en 1974, puis des essais souterrains (CEA — Les essais nucléaires en Polynésie française ; Le Monde).

L’histoire officielle s’arrêta longtemps là : des atolls isolés, des essais « propres », un territoire officiellement dédommagé.

 

 

Le livre:    Toxique - Enquête sur les essais nucléaires français en Polynésie (PUF mars 2021)

Enquête sur les essais nucléaires français en Polynésie, publié en mars 2021 par le chercheur Sébastien Philippe (Princeton) et le journaliste d’investigation Tomas Statius (Disclose), finaliste du prix Albert Londres, vient largement corriger ce récit à partir de 2 000 pages de documents militaires déclassifiés en 2013 (Sciences Po — Nuclear Knowledges).

 

La faute à la météo -41 fois-

Le cas le plus frappant est celui de l’essai Centaure, tiré le 17 juillet 1974 à Moruroa.

Les prévisions météo annonçaient un nuage partant vers le nord, en direction des atolls faiblement peuplés de Tureia et Hao ; un « saut » de vent imprévu l’a envoyé droit vers Tahiti, qu’il a atteint 42 heures plus tard, sans qu’aucune alerte ne soit donnée à la population pour se mettre à l’abri ou cesser de boire l’eau de pluie et le lait, réputés fixer fortement la radioactivité (Mediapart/Disclose ; France Inter).

Selon la reconstitution des auteurs, la totalité des 110 000 habitants alors présents à Tahiti et dans les Îles-Sous-le-Vent a reçu une dose dépassant le seuil aujourd’hui requis pour demander réparation — soit la quasi-totalité de la population des archipels à l’époque (Assemblée nationale, rapport n° 4237).

Une contamination sciemment sous-évaluée.

Toxique montre que le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), dans sa propre réévaluation officielle de 2006, n’avait pris en compte qu’une seule journée de retombées, s’était appuyé sur les seuls relevés de la base militaire de Mahina en ignorant des valeurs plus élevées ailleurs sur l’île (Teahupo’o, Taravao), et surtout avait omis d’intégrer la consommation d’eau de pluie contaminée — omniprésente sur des atolls sans autre source d’eau douce.

Résultat : sur les six essais atmosphériques jugés les plus irradiants (Aldébaran 1966, Rigel 1966, Arcturus 1968, Encelade 1971, Phoebe 1971, Centaure 1974), les doses réelles reconstituées par les auteurs sont de deux à dix fois supérieures aux chiffres officiels, alors que seuls 20 % du territoire polynésien avait fait l’objet d’une surveillance radiologique réelle, malgré 26 postes de mesure annoncés (Assemblée nationale, rapport n° 4237).

 

« L’argent ruisselait autant que les particules ». C’est là que le livre rejoint directement les questions:  Pourquoi? Comment? le maintien des populations sur les atolls : les auteurs décrivent une Polynésie où les retombées économiques du CEP — emplois, explosion de la consommation, transactions foncières, PIB triplé en dix ans, population de Tahiti doublée en vingt ans — ont « éclipsé les doutes » et, selon leur formule, quasiment « acheté le silence » des populations concernées, dans un territoire qui vivait jusque-là d’une économie de subsistance (Le Monde).

Ce même bouleversement a aussi créé des inégalités nouvelles et laissé une partie des Polynésiens « sur le carreau » (Assemblée nationale, rapport n° 4237).

 

Une double peine financière. Le paradoxe que révèle Toxique est que le maintien de la population sur ces atolls a, in fine, aussi été payé par elle-même : la Caisse de prévoyance sociale (CPS), financée par les cotisations polynésiennes, a pris en charge depuis les essais près de 9 500 malades atteints de pathologies vraisemblablement radio-induites, pour un coût dépassant 80 milliards de F CFP (environ 646 millions d’euros) — alors que les essais avaient été décidés et menés par l’État français.

 

Le rapporteur parlementaire qui cite ce chiffre parle explicitement de « double peine » : « les victimes polynésiennes financent elles-mêmes la prise en charge de leurs maladies » (Assemblée nationale, rapport n° 4237). LA CPS n’a jamais exercé de recours contre le fautif, l’état français.

 

Face à cela, l’indemnisation individuelle instituée par la loi Morin en 2010 reste dérisoire : sur environ 110 000 personnes considérées comme dangereusement exposées, seules 506 victimes avaient été indemnisées par le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) au moment de l’enquête, avec un taux d’acceptation des dossiers d’à peine 2 % (7 % en comptant les recours gagnés en justice) — ce que le livre qualifie de « mur infranchissable » (Assemblée nationale, rapport n° 4237).

 

Sur le terrain, l’argent public a malgré tout continué à financer le maintien des populations dans l’ex-zone d’essais : réhabilitation des anciens sites du CEP à Reao, Pukarua, Tureia, Mangareva puis Hao (chantier démarré en 2009, budget porté de 7,5 à 9,7 milliards de F CFP), et un « Contrat de projets » État-Pays cofinançant santé, adduction d’eau, assainissement et abris de survie dans les atolls (Panorama des Tuamotu-Gambier, IEOM).

 

Après 1996, ce même mécanisme de compensation budgétaire s’est prolongé sous d’autres formes — Fonds pour la reconversion économique (FREPF), puis Dotation globale de développement économique (DGDE) en 2002, puis Dotation globale d’autonomie (DGA) en 2011 — perpétuant la dépendance financière du territoire vis-à-vis de Paris (Encyclopædia Universalis).

 

Toxique invite ainsi à lire autrement le maintien de la population des Tuamotu au XXe siècle : non plus seulement comme une politique de développement réussie, mais comme la conséquence d’un choix d’État qui a fait courir un risque sanitaire longtemps caché à des dizaines de milliers de personnes, avant de leur faire payer une partie de la note.

 

Chapitre 4.

LA CARTE POSTALE 

 

Aujourd’hui aux Tuamotu…  économie? santé? éducation ?

 

Démographie. Au recensement de 2022, les Tuamotu-Gambier comptaient environ 16 729 à 17 213 habitants selon les sources, répartis sur 17 communes (INSEE ; Census 2022 geo-ref.net), soit environ 6 % de la population de la Polynésie française.

 

En 2012, la densité n’était que de 24,4 habitants/km², contre 74,5 hab./km² pour l’ensemble du territoire — la population reste très concentrée sur quatre communes (Rangiroa, Fakarava, Makemo, Arutua), qui regroupent la moitié des habitants (Panorama des Tuamotu-Gambier, IEOM).

 

La croissance démographique a nettement ralenti (+0,5 %/an entre 2002 et 2012, contre 0,9 % pour la Polynésie), en partie à cause de la crise de la perliculture, avec un solde migratoire déficitaire vers Tahiti et l’étranger.

 

 

Économie.

L’archipel vit d’une économie « à deux vitesses » : à l’ouest et aux Gambier, tourisme et perliculture dominent ; ailleurs, coprah et pêche lagonaire de subsistance restent la norme, une personne sur deux déclarant travailler dans l’un de ces trois secteurs.

 

Le chômage y est élevé (22 % en 2012, six chômeurs sur dix ayant moins de 30 ans). La perliculture, très concentrée géographiquement (Rikitea, Ahe, Marutea Sud, Arutua), reste le principal frein à l’exode vers Tahiti malgré des années de crise ; les recettes d’exportation de perles ont toutefois rebondi à partir de 2013 (idem).

 

Conditions de vie.

Elles restent nettement en retrait par rapport à Tahiti : seules 22,5 % des résidences principales avaient l’eau courante en 2012 (contre 90,3 % en Polynésie), 81,2 % étaient raccordées à l’électricité (contre 95,7 %), et à peine 16,9 % des foyers avaient accès à Internet (idem).

 

Santé.

Le maillage reste éparse : cinq atolls sont médicalisés en permanence (Rangiroa, Makemo, Hao, Rikitea, Fakarava), et douze infirmeries couvrent les atolls de moins de 700 habitants ; la télémédecine se déploie progressivement depuis 2021 pour désenclaver les atolls les plus isolés (Direction de la santé de Polynésie française). Des tournées de vaccination et des missions de santé restent organisées atoll par atoll (Direction de la santé).

 

Éducation.

Tous les atolls habités en permanence disposent d’une école primaire (42 établissements pour un peu plus de 2 000 élèves), mais seuls les atolls les plus peuplés ont un collège (Rangiroa, Hao, Makemo, avec une annexe à Manihi). Au-delà, les enfants doivent partir en internat à Tahiti pour poursuivre leurs études, ce qui reste l’un des grands défis du maintien des familles sur place (Panorama des Tuamotu-Gambier, IEOM).

 


ÉPILOGUE

Pour retrouver un peu de poésie malgré la « nausée » ou l’envie furieuse « d’oublier » qui vous habite après cette lecture, résumons nous:

# Ce qui frappe, au fond, c’est la continuité : le même geste — planter un cocotier, jeter un filet, guetter la pluie — relie depuis 2000 ans le navigateur aux étoiles au coprah-culteur d’aujourd’hui.

# Entre les deux, la colonisation, le coprah industriel, le nucléaire et les dotations d’État ont chacun, à leur manière, permis à des milliers de personnes de rester sur des cailloux de corail sans rivière ni source — un pari que vous jugerez heureux ou malheureux qui, malgré la baisse démographique récente, tient toujours.


# Et puisque nous naviguons dans le Pacifique, lieu des  grands enjeux géopolitiques de la planète, l’envie de partager avec vous une évocation de leur tangible présence.

 

Il nous a paru intéressant de vous emmener …au delà de la carte postale cocotier-sable-blanc-lagon-turquoise.

 

Notre 3ème trimestre 2026 sera consacré à l’archipel de La Société le bien nommé, celui des Îles du Vent et des Îles sous le Vent…et des vahinées!

 

À très bientôt…à bord de Croix du Sud, les Seniors des Flots vous embrassent.

 

Emplacement

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