Traversée Açores - Cherbourg - deuxième (et dernière semaine)

Traversée Açores - Cherbourg - deuxième (et dernière semaine)

Posté par : Joel
14 Juillet 2014 à 19h
Dernière mise à jour 20 Novembre 2014 à 08h
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Jeudi 3 juillet 2014. Huitième jour en mer. Reste 430 miles sur le way-point corrigé.

Temps toujours gris, petit soleil vers 14h, on met le spi. Il est étrange comme cette voile est chargée d’adrénaline. Nous avons un temps clément, très peu de houle et malgré ces conditions favorables, la tension est palpable. Certains doivent même être contents que le vent montant cette nuit, nous gréerons sans doute un solent tangonné demain. L’avantage de cette adrénaline, c’est que l’on prend de grandes crises de rigolade. Je montrais à Eric une photo de Pierre Henri soucieux regardant le spi d’un air soupçonneux. Eric me rétorque qu’on dirait qu’on vient de lui annoncer un contrôle fiscal !

 

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16h, la barre des 400 miles est passée. Pierre Henri s’est mis au pain. Pour l’encourager je lui avais fait un grand Tupperware de riz au lait avec des raisins macérés dans le rhum le tout généreusement saupoudré de cannelle.

17h15, le vent monte un peu plus tôt que prévu. On remplace le spi par le solent tangonné au soulagement de l’équipage. 20h30, on est à plus de 6 nœuds sous solent seul. Ça avance bien.

 

Vendredi 4 juillet 2014. Neuvième jour en mer. Reste 299 miles.

Si tu vois de la pluie sur le hublot, c’est qu’il pleut ; si tu n’en vois pas, c’est qu’il crachine. La prochaine fois, on viendra en été. Juillet, ça doit être un joli mois par ici ?

En attendant des moments meilleurs, la carré est un hammam sans la chaleur. Ça suinte de partout. C’est pire que juin au Guatemala.

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On avance toujours bien sous solent tangonné plein vent arrière et on ne s’embête pas avec les empannages d’une grande voile capricieuse. Malgré quelques coups de roulis intempestifs, l’allure est beaucoup plus confortable que celle des 5 jours de près que l’on vient de passer. Que du bonheur ! Le routage nous prévoit maintenant une arrivée dimanche après-midi.

D’ailleurs depuis ce matin, la chanson ‘la vie en rose’ tourne en boucle dans ma tête. Je me permets même de la chantonner, ça ne peut pas empirer le temps. L’intuition que le job est pratiquement accompli et la joie de retrouver la famille efface totalement le vide que crée le sentiment d’un projet terminé. Ça viendra plus tard … ou pas.

On chope à la VHF Ouénic (orthographe phonétique), ketch de Perros que l’on avait croisé à Horta. On leur donne la météo. Filao ne devrait pas être trop loin non plus en route pour Le Havre.

Les Le Gac seront à l’Aber Wrach, ça c’est une bonne nouvelle. Je crois que l’on va ouvrir avec eux la bouteille de champagne prévue pour notre retour.

 

Samedi 5 juillet 2014. Dixième jour en mer. Reste 142 miles.

Le vent a tourné comme prévu, la pluie a enfin cessé (pas tout à fait en réalité) mais pas la grisaille.

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Le vent est plus faible que prévu et bon plein, on passe donc au diesel. Il va vraiment falloir réparer la GV si on ne veut pas tout terminer au moteur. Avec la météo que l’on reçoit, les vents vont rester nord-nord-ouest toute la semaine prochaine, direction très favorable à une navigation avec GV, un peu moins au moteur.

La première étape de la réparation sera de monter au mat pour inspecter le rail. Est-ce qu’il y a une portion intacte suffisante pour hisser la voile au moins jusqu’au deuxième ris ? Au cours de l’incident précédant (au Belize), le rail avait été abîmé au niveau atteint par la têtière GV haute. En conséquence on se limitait au premier ris ou par vent très faible, à une GV haute très peu étarquée (on avait mis un repère sur la drisse de GV pour ne pas atteindre la zone abimée du rail). On craint que l’incident ait abîmé le rail en d’autres endroits. Si l’inspection ne détecte rien d’anormal, il faut compter deux demi-journées de travail pour remettre en place les billes sur le chariot de la têtière et remonter le tout. Ça serait sympa qu’il ne pleuve pas pendant l’exercice et que la mer soit très calme (d’où recherche d’un port).

On pompe les fonds. Il y a plusieurs dizaines de litres d’eau de mer. Ça n’aidait pas à faire baisser l’humidité. On croit avoir repéré la fuite sur l'entrée et la sortie du filtre à eau de mer de service, au niveau des colliers. On va resserrer tout ça et on comptera les points (ou plutôt les litres). Avec le vent qui a tourné, on peut enfin rouvrir la descente qui était fermée depuis 48h pour empêcher l’envahissement de la carré par la pluie.

Vu le dernier succès, repas tapas ce midi.

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les quatre maquereaux et ses petits légumes

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artichaut et serano sur pain du bord

 

14h30, on est passé à l’heure française. 6 bateaux de pêche sur l’écran radar nous encerclent, on est sur le plateau continental. Veille permanente pour détecter leurs bouées et leurs filets.

Ce soir, on va rentrer dans la zone de concentration ou de déconcentration des cargos juste au sud des rails d’Ouessant. Rouge sur rouge, vert sur vert, rien ne bouge, on va pouvoir réviser nos classiques, surtout qu’au moteur, on va encore être moins prioritaire. mais au moins, il n'y aura plus de pêcheurs.

 

dimanche 6 juillet 2014. Onzième jour en mer Reste 16 miles plus 10 pour le port de l’Aber Wrach.

Jusqu’à 8 cargos sur le radar qui disparaissent de l'écran quand un grain passe. Ça me convint que l’AIS est un équipement nécessaire. S’il y a des choses que l’on a achetées et qui ne servent à rien (je pense à notre matériel de pêche inadapté à la pêche en haute mer), l’économie de l’AIS ne se justifie absolument pas. Cela permet de détecter les cargos sous les grains et d'avoir des alarmes ciblées donnant la possibilité d'espacer les tours de veille sur le pont.

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cargo soleil couchant (Monet)

 

1h du matin, les phares d’Ouessant se reflètent sous les nuages. Au nord toujours une lueur, il ne fera jamais complétement nuit. Vent du nord, vent glacial, sous-vêtements de sortie surtout que la présence dehors est souvent requise pour gérer le trafic environnant.

6h, le jour s’est levé, on passe Ouessant,

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on longe Portsall, ç’est vraiment l’arrivée avec les bateaux de sortie ce dimanche et les nombreux casiers de pêcheur à éviter. C’était plus tranquille au large. Il fait beau pour fêter le retour. Ce soir, on croise notre sillage du départ il y a maintenant 27 mois.

Arrivée à l’Aber Wrach au milieu d’un fest noz (de jour) et d’une fête nautique, plusieurs vieux gréements de toutes tailles,

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 ils savent vraiment bien recevoir ici. Septième escale à l’Aber Wrach, notre meilleure fréquentation, notre port fétiche.

Pour les amateurs de statistiques, suivent St Peter’s Port- Guernesey (5 fois), Camaret (4 fois) et Port Braye-Aurigny (3 fois). A 2 fois, la liste s’allonge un peu et risque de comporter un ou deux oublis : Tréguier, Trébeurden,  Las Palmas, Palmeira de Sal, Isla Mujeres et Marsh Harbour. Une fois pour toutes les autres escales, soit environ une soixantaine de ports sur ponton ou mouillage et encore plus d’une centaine de mouillages forains au milieu de la nature ou devant des villages sans port digne de ce nom. Pour les puristes, je précise que je ne compte que les lieux où nous avons passé au moins une nuit. Dès que nous avons passé au moins une nuit en dehors, si nous retournons au même endroit, cela compte pour une deuxième fois.

Revenons au concret : montée au mat de Pierre Henri. Mauvaise nouvelle, un autre tronçon du rail de GV a souffert au niveau du deuxième ris. En réparant la têtière, on n’aura plus droit qu’au 3ème ris. Heureusement il y a du vent de prévu pour la traversée vers Cherbourg.

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Flores - Aber Wrach

 

 

Lundi 7 juillet 2014. Aber Wrach.

Pour réparer la têtière de GV, on commence la journée par un coup de fil à Allures qui nous oriente sur Iroise Gréement à Brest, spécialiste local de Sparcraft, la marque de notre mat. Une bonne nouvelle, on peut remplacer les rails abîmés sans tomber le mat. La mauvaise, c’est qu’ils n’ont pas le matériel et ne peuvent intervenir de suite. On réparera à Cherbourg. Une autre bonne nouvelle, c’est qu’interrogés sur les raisons possibles de l’avarie, ils ne remettent pas en cause notre façon de prendre les ris et nous orientent plutôt vers la latte du haut trop tendue. On trouve celle-ci moins vissée au rail que les autres de 4 pas de vis. On ne sait pas si cela est significatif mais on a corrigé.

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On s’attelle ensuite à la réparation de la têtière. Aidé de Fanch, on passe le reste de la matinée au démontage. Avec les 2 têtières on en fait une presque neuve. Maguy nous attend à manger (encore merci, l’andouille et les moules étaient super, la salade exquise, les fraises et les framboises du jardin inoubliables et la tarte Tatin engloutie avec le reste) et l’après-midi est ensuite occupé au remontage clôturé par une bière bien méritée.

 

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La météo est formelle, si on veut rentrer à Cherbourg cette semaine confortablement, le départ c’est demain matin première heure. Ensuite le vent s’établira au nord à 20 nœuds dès mercredi. Il faudra avoir passé les Casquets avant.

 

Mardi 8 juillet 2014. En route pour Cherbourg.

On réveille nos charmants voisins à 6h15 et nous voilà parti pour ce qui doit être notre dernière étape. Beau temps frais ; lever de soleil sur l’île Wrach.

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lever de soleil sur l'île Wrach

 

On passe une dernière fois par la Malouine (toujours aussi impressionnant même par vent faible, mais vraiment sans danger, il faut juste respecter les alignements), puis on pique au moteur vers le nord en profitant du vent faible avant le force 6 de secteur nord à nord-ouest toujours prévu pour cet après-midi. Parfait pour nos 3 ris et trinquette.

On prépare notre to-do list à Cherbourg. J’inspecte une dernière fois les coffres à bouffe pour décider des 3 prochains repas. Légers les repas, on a encore la peau du ventre bien tendue de notre escale à l’Aber Wrach. Les coffres se sont bien vidés, les boîtes de conserve vont valser dans la houle à venir.

A la VHF, on entend qu’un voilier s’est pris dans un filet. On redouble de vigilance. Plus trad, on observe 14 cargos sur le radar. C’est une garantie que l’on n’aura pas de filets. Les dangers ne se cumulent heureusement pas.

Vers 16h, le vent monte comme prévu. On hisse la GV. Le rail de latte qui avait déjà fait des siennes entre Ponta Delgada et l’Aber Wrach recommence, il se désolidarise de sa latte.  Pas question de réparer en pleine mer par force 5. Ce sera donc avec voile d’avant seule et/ou moteur que l’on terminera cette étape. Ça avance encore 6 à 8 nœuds sous solent seul à 90° du vent apparent mais ça sera dur de remonter au vent si celui-ci tourne vraiment nord.

 

Mercredi 9 juillet 2014. Back home.

On parvient aux Casquet avec une heure d’avance sur le routage grâce à un bon vent soutenu et une houle pas trop méchante. Puis le courant s’inverse et c’est le sprint final. On traverse le Swinge (parce que ça swing ?) dit aussi le Singe pour ses tours de cochon puis le ras Blanchard à plus de 10 nœuds. Arrivée au port, on trouve une place à côté d’un Allures 39.9 tout neuf. Au moment de peaufiner mon atterrissage au ponton, le propulseur refuse de répondre. Juste enfoncé un peu le plastique orange de son phoscar qui était attaché à l’extérieur du 39.9, mais la tension était palpable du côté de nos voisins anglais. Vu les circonstances et le vent, je classe néanmoins cette dernière manœuvre dans la catégorie "manœuvres réussies".

Et puis c’est la galopade pour préparer les travaux (surtout remettre la GV opérationnelle), faire les petites réparations à notre portée, faire recoudre le lazzy bag (dont les coutures ont cuit au soleil des tropiques) et le bimini dont une fermeture éclair a explosé, commander un peu de matériel, passer quelques coups de téléphone, préparer à manger (encore du confit de canard, c’est la deuxième fois de la semaine !), prendre des rendez-vous, monter au mat et oublier de faire la sieste.

Voilà c’est fini, vider le bateau (merci Elizabeth et Christian de nous prêter votre garage pour entreposer tout le matériel accumulé depuis 3 ans), le nettoyer, le présenter pour le vendre. C’est 3 jours de travail à temps plein pour 4 personnes. Tellement à faire que cela empêche de penser, de déjà faire un bilan, peut-être pour un prochain billet.

De toute façon, on revient dans quinze jour pour superviser les menus travaux et peaufiner la présentation du bateau. Ce qu'il y a d'encourageant, c'est que tous nos visiteurs ont trouvé le bateau en très bon état.

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Tri Martolod au large de Faial

 

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