21 mai – 8 juin 2020 Sainte Anne

21 mai – 8 juin 2020 Sainte Anne

Posté par : Dominique
15 Juillet 2020 à 21h
Dernière mise à jour 15 Juillet 2020 à 22h
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La nouvelle étape du déconfinement de ce 21 mai permet de naviguer dans la limite des 12 milles nautiques autour de La Martinique. Aussitôt, « Moaï » et « La Balluch’ » profitent du week-end de l’Ascension pour longer les côtes vers le Nord, jusque vers Saint Pierre.

Pour notre part, nous poursuivons nos « promenades-découvertes » :

- Un pique-nique à l’Anse Michel, sur la côte atlantique nous réunit avec « Happy », « Shangri La », « Eloyse » ; en début d’après-midi, les uns se reposent sous les cocotiers, les autres suivent la Trace des Caps vers le nord et le Cap Ferré. Les petites anses se succèdent, les unes envahies de sargasses (avec les désagréments de l’odeur qu’elles dégagent en pourrissant sur la grève), les autres protégées par les récifs, et accueillant sans doute les braconniers d’oursins blancs, au vu des tas d’oursins vides sous les arbres en bord de plage…

    

 - Après la côte atlantique, nous explorons la partie de côte caraïbe entre Sainte Luce et le Diamant ; depuis Sainte Luce, nous parcourons le chemin qui borde les plages de l’Anse de Gros Raisin jusqu’à l’Anse du Corps de Garde : alternance de petites anses de sable clair et de petits caps rocailleux et noirs ;

- en direction du Diamant, nous nous arrêtons au port de la Taupinière, petit port de pêche, à l’abri dans une mangrove,

et nous suivons le sentier de bord de mer, entre palétuviers et forêt sèche de bord de mer jusqu’à la Grande Pointe où se dévoile une belle vue sur le rocher du Diamant et le Morne Larcher.

  

- Depuis le bourg du Diamant, la plage de sable gris s’étire jusqu’à l’Anse Cafard, et nous en parcourons une partie, retrouvant l’animation des plages (dont l’accès est enfin autorisé).

- Nous irons jusqu’à l’Anse Mitan constater la lente et difficile reprise des activités de tourisme…

- Un jour de pluie, nous ferons une plongée dans la verdure en suivant la route de la Trace ; à chaque captage le long d’une rivière, nous verrons des Martiniquais faire des réserves d’eau : spectacle surprenant, et qui est la conséquence des très fréquentes coupures d’eau de certains secteurs, à cause du mauvais état du réseau de distribution.

Ces moments passés ensemble, à nager, découvrir les anses du sud de la Martinique, nous ont permis de mieux nous connaître, et Pierrick se propose de nous initier à la plongée. Homme riche d’une vie bien remplie, passionné d’aviation, il l’est également de plongée, ainsi que son épouse Cathy. Nous lui faisons complètement confiance, ayant déjà pu apprécier sa prudence, et sachant que parmi ses multiples casquettes, il possède celle de moniteur de plongée. En conséquence, Pierrick et Cathy ont leur matériel de plongée à bord, comprenant même un compresseur pour regonfler les bouteilles. Ainsi, pendant une dizaine de jours, entre 3 et 4 mètres de profondeur, nous avons appris à nous familiariser avec le matériel, à trouver notre flottabilité neutre dans l’eau, à ôter et remettre notre masque, à respirer avec le détendeur de secours de notre binôme, à nager à profondeur constante, vers un cap précis, à nous mettre à l’eau « harnachés », depuis l’annexe ou le bord du bateau, tout en prenant le temps de découvrir quelques langoustes brésiliennes sous les rochers, des murènes, des poulpes, et d’admirer les poissons des récifs. Entre les bateaux au mouillage, quelques rochers sont riches d’une vie colorée et intense.

 Avec la nouvelle autorisation de naviguer, les bateaux partent « se dégourdir la quille ». Le premier sera « Eloyse » ; nous embarquons à son bord et partons en direction du Diamant. Le but de cette sortie est d’aider Cathy et Pierrick à établir le « ballooner » et de tester la navigation vent arrière sous génois et ballooner tangonnés chacun sur un bord. Imaginé par Amel, le ballooner est une voile creuse et légère, engagée dans la deuxième gorge de l’enrouleur. Quant aux tangons, ils sont en deux parties : un tangonnet fixé perpendiculairement au mât jusqu’aux haubans, sur lequel s’articule le tangon, hissé et fixé par quatre bouts : un hâle-haut, un hâle-bas, un hâle-avant, un hâle-arrière. Nous prenons le temps d’installer méthodiquement chacun d’eux, d’installer le tangon et l’écoute du génois ; une fois le génois installé et tangonné, nous renouvelons l’opération à Tribord et pouvons hisser le ballooner.

Le résultat est parfait ! Le bateau glisse, tracté par le génois et le ballooner, stable sur l’eau. Le pilote ne travaille quasiment pas et nous filons 8 à 9 nœuds. Dommage que nous devions penser à rentrer (au près) à Sainte Anne, et que la navigation entre les îles soit encore interdite ! Nous serions bien partis pour une longue longue route à cette allure !

 

Ensuite, c’est au tour de Nissos de faire un petit tour vers le large, avec Joëlle et Philippe à bord. Nous souhaitions leur rappeler les sensations sur un monocoque, maintenant qu’ils naviguent sur un catamaran.

Le lendemain, sur leur « Shangri La », à notre tour, nous testerons une navigation sur catamaran en leur compagnie, vent de Travers, ou au Près bon Plein. Nous avons été impressionnés par la puissance du bateau et très surpris par ses mouvements dans la houle. Belle sortie ! mais nous resterons fidèles à notre Maramu Nissos qui nous convient bien, tant pour son espace et son agencement, que pour les possibilités de navigation qu’il nous offre.

Les mouvements conviviaux se poursuivent, chaque bord étant heureux de pouvoir à nouveau remplir son cockpit d’amis, tout en partageant des spécialités culinaires : carbonade flamande sur « La Balluch’ », crevettes coco, ou anchoïade sur « Eloyse », porc à l’ananas sur « Shangri La », ou fumés des Antilles sur Nissos. Le « Fumé des Antilles » est une fabrication artisanale de poissons et viandes fumés (marlin, thon, thazard, dorade coryphène, magret de canard, filet mignon de porc). Guerrick et Juliette nous l’ont fait connaître durant le confinement, et nous avons partagé ces saveurs délicates avec nos amis.

Le temps passe, les conditions d’accueil sur l’île de Grenade, pour la mise au sec des bateaux se précisent : inscription préalable auprès des autorités, dates d’arrivées à respecter, mesures de contrôles sanitaires (prise de température à l’arrivée et « quatorzaine » au mouillage sur rade) avant test et autorisation de rejoindre la marina ou le chantier. « Happy » nous quitte le premier un matin tôt, et servira d’éclaireur à « Eloyse » qui doit partir quinze jours plus tard.

Profitant de l’autorisation de naviguer, « Shangri La » et « Nissos » accompagnent « Eloyse » dans le canal entre La Martinique et Sainte Lucie, sans dépasser les 12 milles fixés par les autorités !

C’est une belle occasion de plus de faire naviguer le bateau, immobilisé depuis si longtemps. Au retour sa carène s’est bien nettoyée grâce à l’anti-fouling auto-polissant !

Début juin, le retour à la normale se poursuit : de plus en plus de restaurants rouvrent, et nous sommes heureux de partager un dîner avec Cathy et Pierrick, Joëlle et Philippe, Sandrine et Yves, aux « Tamariniers » réputé pour sa tête de veau, plat typiquement local, comme chacun sait ! Le tuyau d’approvisionnement en eau au ponton de Sainte Anne (en dépannage pour les plaisanciers durant le confinement) a été retiré… La quatorzaine pour les plaisanciers entre la Guadeloupe et la Martinique est levée. Nous pouvons envisager une navigation de quelques semaines dans cet archipel que nous n’avons pas encore pu visiter….

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