Le retour - Vers les Bermudes

Le retour - Vers les Bermudes

Posté par : Francine
05 May 2019 à 16h
Last updated 08 May 2019 à 16h
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Le Retour  –  Vers les Bermudes

La météo prise sur Internet, et confirmée par notre routeur, annonce de très bonnes conditions pour la semaine du 22 avril. Une situation anticyclonique  centrée sur le Bermudes devrait nous générer du vent d’est modéré et même plutôt faible sur la fin. Nous larguons donc les amarres de la marina de Saint Martin vers 9 heures le 26 avril, après nous être mis au clair de toutes formalités. Un bon vent de 15 à 20 nœuds nous permet de nous éloigner rapidement des Antilles, que nous laissons derrière nous. C’est une belle première journée de mer, surtout que Daniel ne tarde pas à remonter une dorade coryphène. Nous dégustons donc un délicieux tartare, pour notre premier diner en mer … et Philippe se fait cuire un œuf (au sens propre !).

Vous noterez l’air dégoûté de Philippe

Les quatre premiers jours se ressemblent, un vent modéré travers à bon plein, une mer peu agitée, des conditions, très agréables. Le bateau avance bien, tranquillement, et le rythme des grandes traversées s’installe à bord ; sauf que nous sommes trois et que cela nous permet de dormir un peu plus longtemps. Nous avons instauré quatre quarts de trois heures,  entre 21 heures et 9 heures du matin. Celui qui prend le premier quart veille aussi pour le dernier, et nous tournons sur ces horaires, ce qui nous permet de dormir au moins six heures d’affilé. Tout le monde se lève  vers 8 heures (sauf celui qui est déjà de quart)    pour le petit-déjeuner. Vers 9h je me mets à l’ordinateur pour communiquer avec le routeur et envoyer des nouvelles à nos proches, par satellite. Ensuite certains font la vaisselle, d’autres leur toilette dans la jupe. La journée s’écoule entre réglage du régulateur, qui est un peu capricieux par petit temps ; des prises de ris ou réglages des voiles, si le vent monte ou tourne un peu  ; lecture, mots croisés, sudoku. Dans l’après-midi nous organisons une partie de Trivial Poursuite ou de Yams (les cartes,  c’est plus difficile, ça s’envole !). Vers midi moins le quart, Philippe nous rappelle à l’ordre car c’est l’heure du … ? Nous cuisinons une petite salade avec les produits frais achetés au départ. Le soir nous cuisinons un plat chaud et, je dois l’avouer, car ça ne me tentait vraiment pas sous le soleil des Antilles, nous nous régalons avec une choucroute achetée, sur un caprice de Philippe, au rayon traiteur, lors de l’approvisionnement.

      

Miam la bonne choucroute !

Et sans oublier le bonheur d’admirer des ciels que seule la pleine mer permet de contempler, et que nous avons tout loisir d’admirer devenant beaucoup plus contemplatifs.

Au petit matin du 30 avril, le vent monte un peu plus se stabilise à 20 nœuds avec des rafales à 25. Nous installons le Solent et prenons un ris. La mer se lève et nous passons une journée pas très confortable, au près. Heureusement ça ne dure pas et en soirée le vent et la mer se calment, nous permettant de reprendre notre rythme pépère.

Manœuvre un peu humide de mise en place du solent

Et c’est reparti sous génois, le vent frais n’a pas duré !

 Un peu de bricolage dans le mat, pour entretenir la forme !

Nous montons vers le nord et la température baisse sensiblement. La température de l’eau perd plus de 3 degré : de 26 °aux Antilles à 23° aux Bermudes. Et l’air se rafraîchit aussi, surtout le soir ou à l’ombre, où il faut enfiler un pull et même une polaire pour la nuit. Et nous retrouvons les désagréments de l’humidité de la nuit.

 Le 02 mai, dernier jour de traversée, le vent est complètement tombé, nous marchons au moteur et, au matin, vu qu’il nous reste 88 milles à parcourir, nous décidons de mettre à petit régime afin d’arriver au lever du jour le 03 mai. C’est l’occasion de faire un peu de nettoyage et de nous cuisiner une petite crème caramel. Nous devons souvent donner un petit coup de marche arrière pour débarrasser l’hélice des sargasses qui s’y accumulent, sinon l’efficacité du moteur s’en ressent très significativement. Nous avons dû, pendant toute la traversée, régulièrement en débarrasser  la pale du régulateur.

      

Occupations de petit temps !

Rencontre avec des cargo et tanker le sixième jour de mer

   

Des sargasses partout - Nous sommes dans la mer des Sargasses ! Et des trucs non identifiés qui flottent à la surface mais assurément biologique  ! ce ne sont pas des morceaux de  plastique .

Tout navire arrivant aux Bermudes, doit appeler Bermuda Radio à la VHF, dès qu’il se trouve à 30 milles de l’île. On tombe alors sur un homme très aimable qui parle un anglais clair, se fend même d’un « bonjour » en français. Il demande les références de la pré-enregistration que nous avions faites sur internet avant le départ, et nous dirige vers la bouée d’atterrissage de Saint-Georges. Arrivés à la bouée, on doit le rappeler et il nous guide jusqu’au quai des douanes où nous devons nous amarrer en attendant l’ouverture. Les formalités d’entrée sont expédiées auprès d’une douanière énergique et très sympathique. Nous pouvons aller mouiller dans la baie de Saint-Georges Harbour, et nous reposer. Il nous reste seulement à trouver l’adresse mail de la direction de l’immigration pour les avertir de l’arrivée de Rafik, qui repartira par la mer avec nous. Il risque sinon de devoir acheter un billet de retour, le contrôle de l’immigration est assez stricte ici.

L’arrivée sur Saint-Georges au petit matin

      

 L’entrée par le «Town–cut » dans Saint-Georges Harbour, le quai des douanes et le mouillage

Le choc culturel est saisissant en débarquant à Saint-Georges, on arrive dans une île typiquement britannique qui n’est pas sans rappeler les îles Scilly avec leurs arbres tropicaux, ou même certains coins de Cornouailles et leurs cottages colorés. Les rues arborées de la ville sont très tranquilles, les jardins fleuris sentent bon le printemps. L’ambiance est totalement british, et bien que  la population soit à 50 % d’origine africaine, on ne retrouve plus l’ambiance caraïbe à influence rasta, des autres îles anglaises du sud.

      

Bâtiments officiels et jolie demeure

Les toits tous blancs recouverts de chaux typiques de maisons locales

      

Maisons colorées de pastel

      

 Ambiance de Saint-Georges

Nous nous préparons à la transat en faisant des lessives, un peu d‘entretien : remplacement de drisse, réparation du lazzy bag... Notre routeur nous annonce un créneau météo dans 5 jours, cela nous laisse un peu de temps pour profiter de l’île. En attendant un front froid, passe sur les Bermudes et un bon vent souffle sur le mouillage rendu remuant et les débarquements en annexe humides.

 Free Vikings au mouillage de Saint Georges

Rafik débarque de l’avion le 5 mai. Nous profitons de ce temps libre pour peaufiner notre avitaillement et nous promener un peu dans l’île. C’est encore l’occasion de rencontres avec des français du mouillage. Véronique et Yvon, un couple de bretons, repartent aussi vers les Açores après une année sabbatique. Claude un baroudeur des mers, navigue sur un 31 pied en aluminium, sur plan Joubert, qui ressemble beaucoup à notre ancien bateau. Il se fait expulser de Bermudes car il détient à bord un pistolet à tirer les fusées.

   

Rafik sympathise avec la population locale, très conviviale. Claude s’éloigne déjà.

Le 6 mai, nous nous rendons en bus à Hamilton, la capitale. L’intérieur de l‘île ne dépare pas de la première impression. On se croirait vraiment dans la campagne anglaise. Les propriétés pimpantes et colorées de pastel se succèdent le long de la route. Elles sont entourées de jardins luxuriants et parfaitement entretenus. La riche ville de Hamilton recèle de jolis bâtiments tout aussi pimpants. Nous visitons Fort Hamilton, où les douves sont aménagées en jardin    tropical.

      

La belle cathédrale de Hamilton

      

 Contrastes dans les rues pimpantes de la ville

Fort Hamilton, son joli parc et les douves

Le 8 mai nous faisons notre avitaillement de produits frais un dernier nettoyage du bateau, une dernière bière au « White Horse ». Dernières communications internet, le Blog, la déclaration d’impôt (ha, ha, ha !), les derniers mails…

    

    

Dernières communications et dégustation d'une fondue ramenée par  Rafik,

Le routeur annonce trois à quatre jours de près avec un vent assez fais : pas très confortable pour un début de transat, mais ça s’arrange après.

Rendez-vous dans deux à trois semaines aux Açores…

Location

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