EVITEMENT DES DEPRESSIONS DANGEREUSES

EVITEMENT DES DEPRESSIONS DANGEREUSES

Posté par : Sécurité
05 Février 2017 à 11h
Dernière mise à jour 28 Novembre 2017 à 17h
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Au cours de ce Vendée Globe qui se termine  les coureurs nous ont donné de belles leçons de Bonnes Pratiques  pour éviter  les dépressions dangereuses, bien qu'ils soient engagés dans une compétition impitoyable. Je devrais plutôt dire parce qu'ils sont engagés dans  cette compétition.  En effet savoir ménager le bateau et l'équipage , savoir que l'on ne va pas vite dans  le gros temps, font partie entre autres de l'immense bagage  du  savoir des marins nécessaire pour  réussir cette épreuve.

J'ai sélectionné pour ce billet deux exemples parmi les billets publiés dans les Actualités du Vendée Globe:

premier exemple:  choix entre trois tactiques pour éviter les zones dangereuses

" Trois idées pour éviter la tempête : Les vents à 60 voire 70 nœuds et les creux de plus de 10 mètres, il est probable - et souhaitable ! – que personne ne les affronte réellement dans les trois jours qui viennent. On l’a dit : Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac), Yann Eliès (Quéguiner-Leucémie Espoir) et Jean Le Cam (Finistère Mer Vent) sont contraints de mettre la performance en stand-by et de naviguer avec la préservation de leur bateau et d’eux-mêmes comme premier critère. C’est rarissime mais cela arrive, la preuve. Ce qu’on note ce matin à la lecture des caps et des vitesses de ces marins-là, c’est qu’il y a trois façons différentes de gérer cette « crise ». Jean-Pierre Dick a choisi de monter très Nord et d’emprunter le détroit de Bass, entre la Tasmanie et l’Australie. Un détour énorme. Yann Eliès, lui, est à la cape : il fait quasiment du sur-place avec seulement 120 milles parcourus ces dernières 24 heures contre, par exemple, plus de 380 milles pour Jérémie Beyou. L’addition est déjà énorme, mais pas le choix. © Quéguiner Leucémie EspoirJean Le Cam, dans un positionnement différent, fait lui le choix de naviguer lentement tout en restant Sud, en espérant ne pas avoir à affronter des vents supérieurs à 45 nœuds. Il navigue « pédale douce », comme il dit..."

"Yann Eliès (Quéguiner-Leucémie Espoir) :
« Je suis encore soucieux... »

« Le bateau n'est plus à la cape. Je suis reparti sous grand-voile seule avec 3 ris. Le vent varie entre 30 et 45 nœuds sous les grains et le bateau fait des pointes à 20 nœuds. La mer va se lever dans quelques temps et c’est ce qui m’inquiète le plus. Il va y avoir jusqu’à 7 mètres de houle ! Je ne m’interdis pas de refaire une petite session à la cape pour laisser passer ce noyau de houle. Je serre les fesses et j’ai hâte de sortir de cette situation compliquée. C’est la deuxième fois dans ce Vendée Globe que je prends une énorme dépression et que je suis obligé de me ralentir fortement. Cette situation me mine le moral. Je m’inquiète pour moi et le bateau. Nous sommes loin des secours."

"La tempête attendue au Sud de la Tasmanie est bien là, comme prévu. Yann Eliès a repris sa route après avoir attendu le passage du front. il navigue toujours à une vitesse réduite. Jean Le Cam fait également le dos rond. De son côté, Jean-Pierre Dick va emprunter le détroit de Bass où il devrait trouver moins de vent qu'au Sud de la Tasmanie et surtout une mer moins formée. Le vent d'Ouest est accéléré au Sud de l'ïle au passage du front, avec des rafales qui peuvent avoisiner les 80 noeuds (150 km/h) alors qu'il devrait être moins fort dans le Nord de lîle."

" Les 40ème rugissants sont fidèles à leur réputation. On voit que les dépressions les plus dangereuses sont jusqu'à présent les dépressions secondaires qui circulent très rapidement à la latitude des concurrents. Les modèles météo appréhendent maintenant beaucoup mieux ces phénomènes dangereux. Les concurrents peuvent donc anticiper le renforcement du vent plusieurs jours à l'avance et le cas échéant choisir une autre trajectoire, comme l'a fait Jean-Pierre Dick."

deuxième exemple:  ralentir  tranquillement (c'est illustré par la  photo du billet)  pour laisser passer la dépression qui croise la route

"L’ÉTRANGE NOËL DES SKIPPERS DU VENDÉE GLOBE

DIMANCHE 25 DÉCEMBRE 2016, 08H34

Moment inédit pour Eric Bellion, Alan Roura et Enda O’Coineen qui naviguent bord à bord, à quelques encablures de l’entrée dans le Pacifique, le jour de Noël, après environ 50 jours de mer… En avant de la flotte, Alex Thomson va franchir ce dimanche à la mi-journée le cap Horn. Le Britannique reprend des milles au leader Armel Le Cléac’h qui poursuit sa remontée de l’Atlantique Sud. Dix-neuf concurrents sur les vingt-neuf au départ sont encore en course dans le huitième Vendée Globe.

© ERIC BELLION - COMMEUNSEULHOMME / VENDÉE GLOBE

La séquence a tout pour devenir culte. Dans une vidéo envoyée cette nuit, Eric Bellion (CommeUnSeulHomme) filme Enda O’Coineen (Kilcullen Voyager-Team Ireland) qui navigue à quelques dizaines de mètres sur son bâbord. Puis Eric tourne la caméra : à tribord, Alan Roura (La Fabrique) est lui aussi à quelques mètres… Le Français, l’Irlandais et le Suisse ont vécu un Noël pour le moins particulier et c’est en groupe qu’ils vont faire leur entrée dans le Pacifique à la mi-journée. Les trois hommes naviguent sous voilure réduite pour laisser passer le plus gros d’une violente dépression qui va générer une mer très forte et des vents extrêmement forts. Des rafales à 90 nœuds sont annoncées mardi au Sud de la Nouvelle-Zélande. On comprend mieux pourquoi les skippers lèvent le pied.
« Je trouve génial d’avoir fait d’une difficulté une chance incroyable de vivre ce moment. C’est le plus beau Noël de ma vie d’avoir ces trois IMOCA du Vendée Globe aussi proches », s’enthousiasme Eric Bellion dans sa vidéo. Rich Wilson (Great American IV) va lui aussi ralentir volontairement. Décalés plus au Nord, Arnaud Boissières (La Mie Câline) et Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut) n’ont pas encore fait part de leurs intentions."

On notera également, comme  recommandé dans les Bonnes Pratiques pour assurer  la sécurité météo en mer  du blog Sécurité,  qu'ils évitent tous les dépressions par le Nord  pour échapper  au portant (nous sommes dans l'hémisphère Sud)  et en laissant la dépression s'échapper  sur leur tribord pour ne pas avoir à la croiser.

On notera  que grâce à ces pratiques  et bien que la traversée  au Sud de l'Australie puis du Pacifique se soit faite pour la plupart  en ayant à affronter des dépressions musclées aucun n'a chaviré. Il  est vrai que leurs 60' IMOCA sont dotés avec leur ballasts et leur quille  inclinable  d'une stabilité remarquable.

Raison de plus pour nous,  disposant de bateaux plus lents, moins stables, généralement moins longs, et disposés en croisière à prendre moins de risques,  de respecter davantage encore les dépressions  en les évitant comme proposé  dans les Bonnes Pratiques.

Frédéric, Commission Sécurité  

 

 

 

 

Bonne idée que cet article . Même si ce sont des marins très expérimentés on voit bien que dans conditions très difficiles, ils savent bien gérer leur parcours et c'est une bonne leçon pour nous, modestes croiseurs. Jean-François

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