Bilan de l'année "test" du projet PlanktonPlanet

Bilan de l'année "test" du projet PlanktonPlanet

Posté par : CSO
28 Juillet 2016 à 10h
Dernière mise à jour 28 Juillet 2016 à 10h
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Compte-rendu de la réunion du projet Plankton-Planet  P2 (Sail4Science), Bilan de la phase test

Bénodet, 20 juillet 2016

 

 

Etaient présents :

La P2-team : Colomban de Vargas, chercheur CNRS et leader scientifique du Projet, et Calixte Berger, responsable de la logistique

Une équipe Néo-Zélandaise (Xavier Pochon, biologiste  et Emmanuel Malport) ayant piloté la South-West Pacific loop

Des planktonauts : Michel Hardy sur TARAVANA (membre STW), Carole et Daniel Beaumont (respectivement Responsable CSO et Trésorier STW) sur FOLLIGOU

Maël Prudhomme de la plateforme de « crowdfunding » Ekosea

Martin Kramp du JCOMMOPS

Pierre Mollo, spécialiste du plancton à Océanopolis (Brest)

Eric Defert (OCEAN ADDICT), organisateur d’une course à la voile autour du monde, à l’envers, sur maxi voilier de course

Une dizaine d’autres participants, essentiellement d’autres membres du CNRS de Roscoff

 

Le projet P2 a pour objectif de compléter les résultats de l’expédition Tara  en  multipliant le nombre de prélèvements dans le temps et dans l’espace de façon à évaluer l’effet des saisons, des courants et des variations climatiques sur les nombreuses populations de plancton identifiées par Tara.

 L’objectif de la phase ‘test’ était de valider la technique de recueil et de traitement des échantillons à bord de voiliers de plaisance dont les parcours ont couvert des zones océaniques très diverses (voir figure ci-dessous)

Cette phase ‘test’ étant terminée, le but de cette réunion était de présenter les résultats, discuter des problèmes rencontrés dans les différentes étapes du protocole, et exposer les actions à venir et la vision à long terme du programme.

 

Bilan scientifique (Colomban)

184 prélèvements de plancton réalisés par une quinzaine de bateaux sur divers trajets pendant un an ont été analysés. L’ADN du plancton collecté a été extrait et le séquençage d’une petite région du génome des espèces présentes dans l’échantillon a été réalisé. C’est la méthode du « metabar coding » qui a été utilisée pour l’analyse de tous les échantillons collectés par le voilier TARA et qui a abouti à la publication d’un numéro spécial de la revue Science. De façon intéressante, environ 96 % des codes obtenus ont déjà été vus dans les échantillons de TARA, et 82 % des codes identifiés par TARA ont été retrouvés dans les échantillons de P2. De plus, environ un millier de codes est unique à chaque bateau et représente une signature du trajet du voilier.

Aucune contamination par des champignons, bactéries ni ADN humain. Les « planktonauts » ont bien travaillé et la méthode est robuste ! Cette analyse valide complètement le principe du recueil de plancton en conditions réelles à partir de voiliers de plaisance.

Ces travaux de science citoyenne devraient être rapidement publiés dans une bonne revue scientifique.

 

Bilan pratique

Le « retour de pêche » présenté par Michel Hardy d’une part et Carole Beaumont d’autre part, fait ressortir une grande satisfaction des « planktonauts » sur la qualité du kit de prélèvement avec quelques points à améliorer, comme le développement d’un filet permettant le recueil de plancton à la vitesse de 5-6 nœuds. Cela éviterait d’avoir à arrêter le bateau à moins de 2 nœuds (ce que peu de navigateurs sont prêts à faire) et augmenterait le nombre de prélèvements possibles pour chaque voilier. Le développement d’un petit microscope pas cher permettant d’observer le plancton récolté serait un grand plus pour motiver les planktonauts.

 

Bilan de la SW Pacific loop

L’équipe Néo-zélandaise, très sympathique et motivée, a recruté des « planktonauts » qui naviguent en grand nombre entre mai et septembre sur une boucle NZ          Fidji         Vanuatu           Nouvelle Calédonie           NZ. Ils ont rencontré un grand enthousiasme de la part des navigateurs, surtout les équipages avec enfants, mais mentionnent la difficulté de maintenir cette motivation. Un projet pédagogique partagé avec les enfants de la même école que les enfants du bateau est un bon élément de motivation.

 

Projets futurs

Le projet P2 doit maintenant se structurer davantage pour avancer, avec une équipe de scientifiques, une équipe chargée des questions administratives, une équipe chargée des relations avec les associations de plaisanciers et la mise en place de trois grands axes de développement :

  1. Sail4Science

Il s’agit maintenant d’obtenir un grand nombre de prélèvements sur un même trajet de façon à voir l’évolution des communautés de plancton en fonction des saisons, des courants, des changements climatiques etc…

Les trajets à mettre en place seraient 1) une boucle Nord-Atlantique, 2) une boucle Pacifique au départ de San Diego, 3) la boucle Néo-zélandaise et 4) P2 Polar Plancton, avec deux flottes de 15 bateaux, une pour chaque pôle, essentiellement des bateaux charters qui retournent tous les ans aux mêmes endroits

  1. Plancton Arts

Les planctons ont des formes et des couleurs magnifiques qui peuvent être exploitées sur le plan graphique et plastique de nombreuses façons. Cette facette artistique du projet offre la possibilité de le faire connaître par le plus grand nombre.

  1. Race for Science

L’idée serait d’équiper les bateaux participant à une course autour du monde à l’envers, pour explorer l’interface océan-atmosphère et collecter du « plancton volant » encore très peu étudié (le plancton mis en suspension par le brassage des eaux de surface qui peut parcourir de grandes distances).  La contribution de ces aérosols de plancton à la redistribution du plancton dans les océans est totalement inconnue.

 

Financement

P2 est maintenant enregistré en tant qu’Association et peut donc faire appel au financement participatif par le biais de plateforme internet. Ekosea, une plateforme de crowdfunding dédiée à la mer et à l’écologie est prête à l’aider à mettre sur pied leur projet de demande de financement.

 

Conclusion

La réussite de la phase test et l’enthousiasme de tous les participants de ce projet sont des éléments très favorables à la poursuite et l’expansion de ce projet PlanktonPlanet.

La CSO ne manquera pas de vous tenir au courant des opportunités de participation à ce projet qui se présenteront pour les navigateurs STW

Plus d’infos sur http://planktonplanet.org/

Belle synthèse. Il est probable que nous soyons aux Marquises au début du printemps prochain. Et vous? Peut-on rester en contact? J'ai été heureux de faire votre connaissance. Amicalement. Michel Hardy

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