TRINIDAD, DERNIERE ETAPE DE L’AN I

TRINIDAD, DERNIERE ETAPE DE L’AN I

Posté par : Paul et Dom
28 Juillet 2019 à 00h
Dernière mise à jour 28 Juillet 2019 à 23h
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Chers amis !

Notre vidéo en ligne : https://youtu.be/Z6KEb9GGkUE

Cette dernière étape de notre première année de voyage fut atypique, et nous espérons qu’elle le restera. La traversée de Grenade vers Trinidad, environ 20 heures prévues, a été entachée il y a environ 3 mois par une attaque de piraterie sur un voilier qui faisait la traversée (pas de mort mais tout de même un tir sur le bateau). Depuis, pas d’autre incident (bien que les bruits de ponton soient allés jusqu’à « de nombreuses attaques et une zone vraiment dangereuse » !), mais les navigateurs ont adopté une certaine prudence pour s’engager dans cette navigation. Nous avons donc rempli toutes les conditions requises pour assurer notre sécurité :

  • Recherche de voiliers faisant le même trajet au même moment pour voyager en convoi (et finalement nous sommes partis seuls),
  • Information des coast guards de Grenade et de Trinidad, qui se sont montrés plutôt rassurants,
  • Reprise de notre abonnement Iridium Go qui nous permet d’émettre notre position par satellite et d’avoir de la téléphonie (un mois d’abonnement pour un jour de traversée, mais bon, c’est une vraie sécurité),
  • Emission de notre position en mer toutes les 5 minutes,
  • Entrainement à l’appel de détresse (touche piraterie) via la VHF et l’Iridium pour Dom (censée se réfugier à l’intérieur le cas échéant),
  • Briefing entre nous des conduites à tenir,
  • Passage à 10 miles à l’est des puits pétroliers situés sur la route,
  • Et navigation sur zone plutôt de nuit.

Sécurité n’est pas tranquillité, et si le stress est un peu monté chez Dom les jours précédant le départ, le capitaine était confiant. Donc nous sommes partis, et du côté de la piraterie, il ne s’est vraiment rien passé. Un hélicoptère nous est passé au-dessus de la tête en pleine nuit, avec un projecteur balayant la surface de l’eau, et nous avons pensé que les coast guards faisaient peut-être un contrôle « de visu », ce qui était plutôt rassurant. En revanche, le fait de devoir passer à 10 miles à l’est nous a valu une navigation au moteur, comme Paul les aime ! 18 heures de moteur sur 20 heures de navigation : du jamais vu ! Mais bon, il s’agissait aussi de ne pas s’éterniser, et en plus nous avions rendez-vous à Chaguarama près de Port-of-Spain (la capitale du pays) pour sortir le bateau de l’eau… Bref, comme vous pouvez l’imaginer, des comme ça on n’en redemande pas !!

L’arrivée à Trinidad par le nord est très jolie et assez sauvage. Il y a un passage étroit à passer entre les îles avec un fort courant, et puis l’on débouche sur une immense baie, très industrielle, avec des puits pétroliers, de gros bateaux pétroliers etc. Et comme l’eau est verte au lieu d’être bleue, ce n’est guère encourageant : renseignements pris, il s’agit d’une algue déversée dans l’océan par un grand fleuve vénézuélien, qui verdit les eaux jusqu’à des miles à la ronde. Mais rien de toxique).

Voici donc Noa sorti de l’eau, chez Peake Yacht Services, où l’accueil et les services sont très professionnels. L’entreprise a embauché une francobelge, et du coup tous les contacts et questions techniques sont facilités.

Trinidad est plus sud-américaine que caribéenne, il suffit de regarder la carte pour le voir, mais elle est surtout multi-ethnique, multiconfessionnelle etc. d’où son surnom d’île « arc-en-ciel » : en une journée nous avons d’ailleurs eu affaire à des Turcs, un Sénégalais, un Vénézuélien, une franco-belge, et des Indiens... Tout le monde s’accommode de l’anglais comme vecteur de communication, et la monnaie locale est le TT (prononcer Titi), le dollar de Trindad et Tobago ! A n’utiliser qu’ici !

Malheureusement, Trinidad est maintenant victime d’une réputation de dangerosité, à cause de la situation catastrophique du Venezuela (qui n’est qu’à 11 km), de l’émigration en masse, et, suite logique, de l’insécurité qui en découle. Un programme d’accueil a été mis en place par le Gouvernement de Trinidad, contribuant ainsi à l’effort collectif d’accueillir des réfugiés vénézuéliens, avec un an de travail pour les immigrants qui se déclarent, mais l’île est petite et sa capacité d’accueil faible. En matière de sécurité, nous avons plutôt entendu sur place qu’il faut seulement faire attention, comme partout ailleurs, et ne pas se balader la nuit. En tout cas, Peakes Yacht Services subit une diminution sensible de sa clientèle cette année.

Nous sommes très occupés à préparer Noa avant de partir (nettoyer, vider, purger, démonter voiles et cordages) et à prendre des contacts pour des devis d’entretien ou de réparation : révision des voiles, changement de bimini, changement des bagues de safrans etc. Il fait une chaleur épouvantable à bord (nous sommes maintenant au sud du 11è parallèle), et nous prenons une chambre climatisée sur le site, pour au moins récupérer un peu la nuit.

Nous prenons l’avion demain, direction Sainte-Lucie, Fort-de-France, Paris et Toulon : un voyage long long long.

Et dire que pendant ce temps-là nous recevons des mails de l’assurance retraite qui nous demande « si nous avons pensé au cumul emploi-retraite ? ». Morts de rire !

Amitiés à tous !

Dom et Paul

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