La Dominique : Le bon exemple des Caraïbes

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La Dominique : Le bon exemple des Caraïbes
sujet n°96582
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Plan Erik Lerouge 40 pieds (Catamaran)
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réponse n°172414

Moi aussi, j'ai beaucoup aimé cette île peuplée de quelques dizaines de milliers d'habitants fort sympathiques, c'est une autre richesse de l'ïle.
J'ai visité Roseau la capitale, 20 000 habitants, quelques maisons originales, de style british colonial, un seul immeuble de plus de 4 étages, un marché sympa mais surtout de nombreuses boutiques et bars pour touristes. En effet la Dominique accueille par jour 2 ou 3 bateaux de croisière de plus de mille passagers et sait offrir de l'animation à cette manne économique, y compris le WE (à Fort de France, une partie des boutiques du centre ville sont fermées dès la samedi matin, ne parlons pas de l'après midi et du dimanche où tout est fermé). J'ai le même sentiment qu'avec les boat Boys de Portsmouth, faute de subventions, les locaux se décarcassent pour faire rentrer un peu d'argent.

La Dominique, de par son relief tourmenté, possède des terres cultivables de petites surfaces moins intéressantes que sur les îles voisines et les indiens Caraïbes se trouvaient sur un terrain leur permettant de résister aux colons, d'où une implantation coloniale faible et une économie limitée, y compris après l'indépendance. Les principales richesses sont la production de coco pour une usine locale Colgate, un peu de banane d'export et surtout une île « naturelle » à promouvoir par le service et la gentillesse.

Un exemple de rencontre à Portsmouth : nous remplissons nos bidons d'eau à un robinet public au bord de la route. Bientôt aidés par un local, gentil mais nous semblant un peu collant au début (hélas, souvent le local qui dit bien aimer les Français, cherche surtout à leur vendre quelque chose, d'où une certaine réserve au début). Après nous avoir porté une partie des bidons à l'annexe, notre Dominicain nous invite dans sa case au bord de la plage, nous montre la carcasse métallique en forme de perroquet (symbole de l'île) qu'il prépare pour carnaval et tient à nous offrir un cadeau « bienvenue Dominica », enfin à ce que l'on croit comprendre.

Il faut dire que le créole de la Dominique, est formé d'un mélange d'Anglais, de Français, de Caraïbe et de langage africain. La devise officielle du pays est : APRES BONDIE C'EST LATER . Cela reflète bien la multi origine du langage (et des noms de lieux).

Bref, nous voilà donc dans la case de notre copain Glen, nous serrant affectueusement les mains sans trop nous comprendre et finalement repartant avec un sac de mangues qu'il nous offre et nous, lui promettant de revenir à la Dominique, trop émus !

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OVNI 445
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réponse n°179411

J’avais participé au fil sur Ste Lucie pour y raconter une anecdote, je ne sais si cela m’a valu d’être classé dans les esprits chagrins…

Si le texte sur "le bon exemple des Caraïbes" m’amène à réagir, c’est que je comprends mal pourquoi la peinture très positive de la Dominique s’accompagne d’une volonté de présenter la Guadeloupe comme le mauvais exemple.

L’anecdote du pamplemousse importé de Jaffa traîne en plusieurs endroits du site. L’une de ses principales caractéristiques est… de n’être pas conforme à la réalité : il suffit d’aller au supermarché de la marina de Pointe à Pitre pour y trouver des pamplemousses cueillis en Guadeloupe. Je viens de passer quelques mois dans les Antilles : il me semble qu’on trouve dans les îles françaises les mêmes fruits et légumes locaux qu’ailleurs et - en plus- on y trouve aussi des produits importés.

Au-delà de cette anecdote, les conditions de vie en Dominique et dans les départements français sont peu comparables : les très nombreux jeunes qui émigrent vers la Guadeloupe et St Martin les savent très bien.

J’aime beaucoup la Dominique.
J’y étais passé une demi douzaine de fois il y a plus de dix ans (toujours à Rupert Bay) et sans aucun problème. La seule violence à laquelle j’ai été confronté là bas, c’est lorsqu’une Anglaise, le visage en sang, est venue demander à mon équipage protection contre son mari, lui-même sujet de sa gracieuse majesté…
Je suis retourné à Rupert Bay en juin dernier. J’ai trouvé qu’après dix ans, le mouillage avait peu changé (quelques cargos en plus à la côte…). Les « guides » se sont organisés, cela rassure, mais il y a dix ans, quand on « faisait le business » (rivière indienne, restau, tour de l’île) avec l’un des boat boys la protection et la surveillance de l’annexe étaient assurées.

Mais tout en appréciant cette île, qui est l’une des très belles îles des Antilles, je dois avouer que les argument alignés par l’auteur - même pleins de bonnes intentions -me laissent rêveur.

Les travaux abandonnés seraient un signe de « résistance passive et gentille à l’envahisseur ». En fait plus que d’une quelconque résistance passive, ces infrastructures inachevées sont le signe d’une extrême dépendance. Les travaux ne sont entamés que grâce à des capitaux étrangers. Les priorités sont déterminées ailleurs que dans le pays et si les priorités changent …l’investissement se tarit et les travaux restent en plan. L’opinion des habitants n’a malheureusement pas grand-chose à y voir.
Et si les  grands complexes hôteliers (inachevés) sont en ruine, on est en train, à quelques kilomètres de ces ruines, de construire… de nouveaux grands hôtels ! (Rupert bay aura bientôt le sien, les palissades sont posées).

C’est une pure caricature de présenter une Guadeloupe qui « vit dans une dépendance qui désespère ses habitants » face à une Dominique qui ferait preuve d’indépendance.
En Dominique l’aide et les investissements étrangers -et donc la dépendance - sont omniprésents . Quelques exemples : l’aéroport a été terminé…grâce aux fonds de l’Union Européenne.
Dans la réserve indienne les écoles et des maisons « en dur » sont un don du Venezuela.
Le petit port-abri au nord de l’île a été construit par les Japonais… (droits de pêche ?)
Fort Shirley, près de Portsmouth a été magnifiquement restauré, grâce aux fonds de l’UE et du Conseil Général de la Martinique.
La route entre Portsmouth et Roseau a été refaite par une entreprise chinoise (curieux panneaux en chinois sur les bords de la route…)
Une part importante des « plantations » retombe en friches… parce que les productions commerciales (banane par ex.) ne trouvent plus de débouché.
Dans ces conditions, il est bien difficile de savoir quelle liberté reste au gouvernement pour une « gestion intelligente » et , pour chaque investissement, quel est le « deal ». Par exemple l’opposition au gouvernement a cherché - sans succès - à savoir quelle était la contrepartie à la construction d’une route par la Chine… mais il semble que les travaux se soient accompagnés de l’arrivée de nombreux commerçants Chinois qui concurrencent les locaux.

La réserve indienne serait le signe d’une « violence mieux maîtrisée… ». Ecrirait-on que l'existence de réserves indiennes sur le territoire des Etats Unis est un indice de la douceur de la conquête de l'ouest ?

" Les centenaires sont nombreux sur l'île ». La froide statistique dit que l’espérance de vie de cette « malheureuse Guadeloupe » est supérieure de trois ans à celle de la Dominique. Et surtout il faut se méfier des apparences : je discutais, là bas, sur le bord de la route avec un vieil homme, je lui voyais bien plus de soixante dix ans : dans le courant de la conversation, il m’a appris qu’il en avait quarante neuf… La dureté des conditions de vie vieillit prématurément.

Il faut aller en Dominique.
Quand on fait une courte croisière au départ de Pointe à Pitre, c’est l’occasion de découvrir , après nos département français, une île très différente, mais vouloir y voir un exemple de développement maîtrisé me paraît hasardeux.
Un habitant de l’île avec lequel je discutais me disait -en substance- « ici, la nature est généreuse, on peut vivre presque sans travailler, si l’on vit comme avant… mais les jeunes, ils veulent autre chose alors, ils s’en vont… »

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DUFOUR 385 GL
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réponse n°179445
gaston a écrit :
J’avais participé au fil sur Ste Lucie pour y raconter une anecdote, je ne sais si cela m’a valu d’être classé dans les esprits chagrins…

Si le texte sur "le bon exemple des Caraïbes" m’amène à réagir, c’est que je comprends mal pourquoi la peinture très positive de la Dominique s’accompagne d’une volonté de présenter la Guadeloupe comme le mauvais exemple.

L’anecdote du pamplemousse importé de Jaffa traîne en plusieurs endroits du site. L’une de ses principales caractéristiques est… de n’être pas conforme à la réalité : il suffit d’aller au supermarché de la marina de Pointe à Pitre pour y trouver des pamplemousses cueillis en Guadeloupe. Je viens de passer quelques mois dans les Antilles : il me semble qu’on trouve dans les îles françaises les mêmes fruits et légumes locaux qu’ailleurs et - en plus- on y trouve aussi des produits importés.

Au-delà de cette anecdote, les conditions de vie en Dominique et dans les départements français sont peu comparables : les très nombreux jeunes qui émigrent vers la Guadeloupe et St Martin les savent très bien.

J’aime beaucoup la Dominique.
J’y étais passé une demi douzaine de fois il y a plus de dix ans (toujours à Rupert Bay) et sans aucun problème. La seule violence à laquelle j’ai été confronté là bas, c’est lorsqu’une Anglaise, le visage en sang, est venue demander à mon équipage protection contre son mari, lui-même sujet de sa gracieuse majesté…
Je suis retourné à Rupert Bay en juin dernier. J’ai trouvé qu’après dix ans, le mouillage avait peu changé (quelques cargos en plus à la côte…). Les « guides » se sont organisés, cela rassure, mais il y a dix ans, quand on « faisait le business » (rivière indienne, restau, tour de l’île) avec l’un des boat boys
La protection et la surveillance de l’annexe étaient assurés.

Mais tout en appréciant cette île, qui est l’une des très belles îles des Antilles, je dois avouer que les argument alignés par l’auteur - même pleins de bonnes intentions -me laissent rêveur.

Les travaux abandonnés seraient un signe de « résistance passive et gentille à l’envahisseur ». En fait plus que d’une quelconque résistance passive, ces infrastructures inachevées sont le signe d’une extrême dépendance. Les travaux ne sont entamés que grâce à capitaux étrangers. Les priorités sont déterminées ailleurs que dans le pays et si les priorités changent …l’investissement se tarit et les travaux restent en plan. L’opinion des habitants n’a malheureusement pas grand-chose à y voir.
Et si les  grands complexes hôteliers (inachevés) sont en ruine, on est en train, à quelques kilomètres de ces ruines de construire… de nouveaux grands hôtels ! (Rupert bay aura bientôt le sien, les palissades sont posées).

C’est une pure caricature de présenter une Guadeloupe qui « vit dans une dépendance qui désespère ses habitants » face à une Dominique qui ferait preuve d’indépendance.
En Dominique l’aide et les investissements étrangers -et donc la dépendance - sont omniprésents . Quelques exemples : l’aéroport a été terminé…grâce aux fonds de l’Union Européenne.
Dans la réserve indienne les écoles et des maisons « en dur » sont un don du Venezuela.
Le petit port-abri au nord de l’île a été construit par les Japonais… (droits de pêche ?)
Fort Shirley, près de Portsmouth a été magnifiquement restauré, grâce aux fonds de l’UE et du Conseil Général de la Martinique.
La route entre Portsmouth et Roseau a été refaite par une entreprise chinoise (curieux panneaux en chinois sur les bords de la route…)
Une part importante des « plantations » retombe en friches… parce que les productions commerciales (banane par ex.) ne trouvent plus de débouché.
Dans ces conditions, il est bien difficile de savoir quelle liberté reste au gouvernement pour une « gestion intelligente » et , pour chaque investissement, quel est le « deal ». Par exemple l’opposition au gouvernement a cherché - sans succès - à savoir quelle était la contrepartie à la construction d’une route par la Chine… mais il semble que les travaux se soient accompagnés de l’arrivée de nombreux commerçants Chinois qui concurrencent les locaux.

La réserve indienne serait le signe d’une « violence mieux maîtrisée… ». Ecrirait-on que l'existence de réserves indiennes sur le territoire des Etats Unis est un indice de la douceur de la conquête de l'ouest ?

" Les centenaires sont nombreux sur l'île ». La froide statistique dit que l’espérance de vie de cette « malheureuse Guadeloupe » est supérieure de trois ans à celle de la Dominique. Et surtout il faut se méfier des apparences : je discutais, là bas, sur le bord de la route avec un vieil homme, je lui voyais bien plus de soixante dix ans : dans le courant de la conversation, il m’a appris qu’il en avait quarante neuf… La dureté des conditions de vie vieillit prématurément.

Il faut aller en Dominique.
Quand on fait une courte croisière au départ de Pointe à Pitre, c’est l’occasion de découvrir , après nos département français, une île très différente, mais vouloir y voir un exemple de développement maîtrisé me paraît hasardeux.
Un habitant de l’île avec lequel je discutais me disait -en substance- « ici, la nature est généreuse, on peut vivre presque sans travailler, si l’on vit comme avant… mais les jeunes, ils veulent autre chose alors, ils s’en vont… »

 Gaston, j'ai pour ma part vécu 5 ans en Martinique et 10 ans en Guadeloupe, je partage à 100% ton analyse.

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réponse n°179886
gaston a écrit :

L’anecdote du pamplemousse importé de Jaffa traîne en plusieurs endroits du site. L’une de ses principales caractéristiques est… de n’être pas conforme à la réalité : il suffit d’aller au supermarché de la marina de Pointe à Pitre pour y trouver des pamplemousses cueillis en Guadeloupe.
truire… de nouveaux grands hôtels ! (Rupert bay aura bientôt le sien, les palissades sont posées).

C’est une pure caricature de présenter une Guadeloupe qui « vit dans une dépendance qui désespère ses habitants » face à une Dominique qui ferait preuve d’indépendance.

Bonjour,

1- Je confirme avoir moi-même acheté des pamplemousses en provenance de Jaffa au super marché de la marina du bas fort et ne pas y avoir trouvé de pamplemousses locaux. Je n'ai pas eu besoin d'aller chercher des stéréotypes sur les forums.
2- Lors des grèves de 2009 en Guadeloupe la revendication était de sortir de ce que le ministre de l'époque aujourd'hui remercié avait qualifié de : "l'économie insulaire est héritée de l'économie de comptoir..."
Comme les pamplemousses de jaffa que j'ai vu moi-même au comptoir du supermarché, j'ai eu aussi l'occasion de voir quelques milliers de guadeloupéen assez "désespérés" par cette situation manifester dans les rues.
Ceci illustre simplement qu'il y a plusieurs façons de regarder la même réalité.

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