de Carthagène à Gibraltar

mercredi 19 octobre
Nous faisons route vers Gibraltar, ou plutôt Tarifa. Nous avons renoncé à notre escale à Formentera, au sud d’Ibiza pour ne pas prendre le risque de rater des conditions météo favorables au départ de Gibraltar. C’est dommage, nous aimons beaucoup le mouillage d’Espalmador où nous comptions nous arrêter. C’est un lagon aux eaux turquoises, très calme, bien protégé des vents du nord.
Après une nuit de navigation agréable au portant, sous génois, nous avons mis le moteur car il n’y a plus du tout de vent. Bientôt, cette alternative ne sera plus possible ;
Le trafic nautique est dense. Il faut faire attention. Il y a beaucoup de cargos. Nous appréhendons un peu le passage des 2 couloirs de navigation qu’il faudra emprunter pour quitter Gibraltar et faire cap sur les Canaries.
Nous avons retrouvé l’été. Il fait chaud, le soleil brille, pas un nuage. Les dauphins nous accompagnent. Nous prenons tous nos repas en terrasse, avec vue sur la mer à 360°.
Nous lisons les carnets de voyage de Delphine en Indonésie. Nous avons une grande chance de pouvoir ainsi découvrir des pays à travers les yeux de nos voyageurs, et aussi de redécouvrir nos enfants à travers les évènements qu’ils ont vécus.
Navigation de nuit dans le détroit de Gibraltar : lune montante, pas un souffle de vent, pas une ride à la surface de l’eau. La côte Marocaine est toute proche, à 8 miles nautiques (15 km). Des lumières scintillent dans la brume, à bâbord, et à tribord. Des bateaux de pêches, ou des tankers surgissent brusquement de l’ombre, presque silencieux. Ils m’impressionnent.
Ce lieu est chargé d’histoire. J’ai le sentiment qu’il garde la mémoire des batailles navales livrées au cours des siècles.
Nous avons passé le rocher de Gibraltar à 8h30 le 20 octobre. Le soleil se levait. J’ai reçu l’Océan Atlantique en plein visage, presque brutalement. La brise s’est levée : la surface de la mer s’est irisée, la brume s’est dissipée. Un banc de dauphins a croisé notre route, calmement, gravement.
Nous allons quitter la Méditerranée. Son caractère imprévisible nous inquiétait, mais les conditions ont été jusqu’à présent très clémentes. Elles vont probablement devenir plus difficiles. Pour nous le rappeler, il suffit de lever les yeux. Des queues de cheval, annonciatrices de vents forts, s’effilochent dans le ciel
C’est ici que l’aventure commence vraiment.
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Anonyme (not verified)
22 October 2011 - 12:00am
cela fait du bien de pouvoir