L'hiver aux Canaries

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L'hiver aux Canaries
sujet n°102115

Pour notre première année en retraite, nous voulions échapper à l’hiver froid et humide qu’on connaît en général en Bretagne. Heureux propriétaires d’un catamaran de 39 pieds, les huit îles des Canaries nous offraient beau temps et diversité des mouillages et des randonnées. En outre leur proximité les rendaient faciles d’accès tant pour s’y rendre en bateau que pour retourner chez nous par avion à l’occasion des fêtes de fin d’année. Le faible décalage horaire, la fréquence des avions et le coût raisonnable des vols permettaient aussi à nos amis de nous y rejoindre aisément.
Le but de cet article n’est pas de vous raconter notre croisière mais de vous signaler les mouillages qui nous ont séduits, à l’écart des ports et marinas. Je ne m’étendrai pas ici sur les charmes des rias galiciennes et leurs multiples possibilités.

Portugal
Le faible tirant d’eau (un mètre) de notre catamaran nous a permis d’entrer dans le rio Minho et de profiter de ses rives paisibles. A ne pas louper, la ria d’Aveiroque l’on peut remonter jusqu’à la jolie ville d’Aveiro, mais aussi vers le nord, jusqu’à Torreira : calme assuré. Très agréable, la conche de Sao Martinho (attention à la barre à l’entrée : nous avons attendu trois jours avant d’en ressortir). En face de Lisbonne, la petite ria de Seixal est des plus reposantes. Entre Sesimbra et Setubal, la belle plage de Portinho de Arrabida au pied du Parque natural da Serra de Arrabida. Perle de la côte ouest du Portugal, la ria de Milfontes qu’on peut remonter très loin en annexe à moteur (là aussi une barre à l’entrée nous y a bloqué quatre jours avec bonheur). La ria d’Alvor, juste après Lagos, en Algavre : vaste plan d’eau largement découvert à marée basse. L’île de Culatra, à l’entrée de la ria de Faro, derrière laquelle on trouve une anse où de nombreux multicoques hivernent ou même y finissent leur carrière : folklore assuré et ambiance conviviale. Et enfin le rio Guadiana, véritable paradis, à tel point que beaucoup d’Anglais y résident tant sur leurs bateaux que dans des maisons joliment restaurées le long de ses rives sauvages.

Canaries
A La Graciosa, la Playa Francesa et ses eaux turquoises à plus de vingt degrés, dans un environnement magnifique, sans doute le plus beau mouillage des Canaries.
A Lanzarotte, Arrecife : pas à Puerto de Naos, mais devant l’esplanade de l’avenida Generalisimo Franco. Egalement, la Playa de Mujeres au sud, avec le Parque Natural derrière.
A Fuerteventura, le lagon de l’île de Los Lobos n’est accessible qu’aux pleines mers de vives eaux, mais il vaut le détour. Exceptionnellement, je signale la marina de Gran Tarajal où la place ne manque pas et le prix y est très raisonnable : cela en fait un excellent lieu de séjour pour se donner le temps de visiter l’île.
A la Gran Canaria, on pourra avantageusement mouiller devant la plage d’Alcaravaneras, au nord de la marina, pour prendre le temps de visiter Las Palmas. Au sud, l’anse de Pasito Blanco est protégée de l’urbanisation galopante par un golf et en une demi-heure à pied, on arrive aux fameuses dunes de Maspalomas. Un peu plus à l’ouest, Arguineguin permet de séjourner sur ancre sans craindre la houle consécutive à l’alizée (on y trouve des bateaux plus ou moins sédentaires).
A Tenerife, on peut jeter l’ancre au sud de la baie d’Abona, au pied d’un joli hameau exempt d’urbanisation monstrueuse, si les vents sont de secteur ouest. Sinon, avec l’alizée, la plage de la Tejita, juste derrière la Montana Roja, est un excellent mouillage (on entend à peine le trafic aérien de l’aéroport sud pourtant tout proche). Quant à Las Galletas, il ne faut pas y compter : bien que des bateaux-poubelles soient mouillés devant la plage, on est obligé d’aller au ponton de la marina (plutôt chère). De même à Los Christianos : la police locale nous rejette au-delà de la bouée verte marquant l’atterrissage à ce port dont la marina, bien que largement financée par les fonds européens, est exclusivement réservée aux pêcheurs locaux.
A La Gomera, on a l’embarras du choix : toutes les criques entre San Sebastian et Puerto de Vueltas (Valle Gran Rey) offrent des fonds de sable de bonne tenue par 6 à 10 m d’eau et permettent des balades magnifiques par des sentiers la plus part du temps bien balisés. On fera son choix selon la force de l’alizée et l’importance de la houle qui contourne l’île.
El Hierro est trop souvent négligée à tort : c’est une île merveilleuse, à l’écart du tourisme de masse. Malheureusement, on n’a pas le droit de mouiller devant la plage à l’entrée de Puerto de La Estaca et son port, qui n’est pas gratuit, n’offre strictement aucune commodité. Hors de question de jeter l’ancre derrière le rocher de Bonanza : tout de suite 30 m d’eau sur fond de roches avec de puissants rabattants. Il ne reste que le charmant petit port de La Restinga (le port le plus sud de l’Europe), où l’on trouvera sans problème une place au ponton pour un prix modeste car sans eau ni électricité.
La Palma : on peut mouiller juste avant d’entrer dans le port de Tazacorte, sur la côte ouest bien abritée des alizées même si un petit thermique de nord se lève à la mi-journée. Et en cas de changement de direction du vent, on peut alors se réfugier dans la marina où la place ne manque pas.

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Merci pour ce bel article

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