Homme à la mer, PREVENTION
publié le 07 Mai 2004 06:17
J'ouvre ce sujet pour séparer deux questions: que faut-il faire si un homme tombe à la mer, et que faut-il faire pour que
personne ne tombe à la mer?
Ce n'est pas du tout la même chose et je vous suggère de garder l'autre sujet pour les (aléatoires) manoeuvres de récupération.
La prévention: on a un peu ri avec Jean Marc, mais nous allons redevenir sérieux car c'est un sujet sérieux! Je vous donne
comme réflexion ce que j'ai lu dans un célèbre ouvrage de voile:
"Il faut s'attacher quand le skipper estime que l'état de la mer et du vent et de la nuit et du bateau ne permettent plus à
l'équipage de récupérer un Homme à la mer avec CERTITUDE en moins de 5 minutes. Le skipper doit aussi compter sur sa
présence ou non et se demander "Combien de temps cette bande d'incapables va mettre pour me récupérer si c'est MOI qui
passe à la baille?" Il n'est donc pas anormal de voir le seul marin compétent à bordavec harnais et sangles alors que le reste de
l'équipage bronze en maillots de bains sur le pont"
Cette réflexion, un grand marin aurait pu se la faire et nous ne serions peut-être pas orphelins actuellement.
Mais il y a encore beaucoup à dire sur la prévention.

















Ben si il y a encore beaucoup à dire, ... dis le !
Tu as parfaitement raison Humphrey, ce sujet demande une réflexion personnelle afin de connaître notre seuil de compétance
versus sécurité. Personnellement je ne porte le harnais que dans des circonstances particulières de navigation ex: gros temps
de nuit, mais je sais que je devrais changer ma façon d'analyser chaque situation. À titre d'exemple, je navigue depuis 27 ans
donc je n'ai malheureusement plus le 25 ans que j'avais au départ. Alors à 52 ans, une routine de navigation s'est installé et je
ne pense plus avoir l'agilité que j'avais au départ, pourtant je n'ai rien changé de mes habitudes. Je ne crois pas qu'il vaille
attendre de se faire peur avant de changer quelques règles de sécurité à bord. Comme Humphrey disait, le skipper est souvent
le seul à bien connaître la manoeuvre du voilier alors comment des équipiers maladroits pourraient-ils récupérer ce dernier et
prendre le contrôle de la situation. Alors oui je crois qu'il faut établir des règles de sécurité à bord et surtout apprendre à les
respecter. Je m'excuse si je n'ai pas vraiment répondu à cette interrogation, à savoir quels sont les règles à respecter mais
comme je disais au début, cela demande à ce que j'aille m'assoir devant mon mirroir afin de voir qu'est-ce que je dois changer
personnellement dans mon comportement marin. Salutations Régis
Je vais faire l'apologie de trois accessoires, pourtant non obligatoires:
- la lampe flash: pas chère, elle tient dans la poche et est plus efficace que le quignon de lumière du feu à retournement.
J'essaie, de nuit, de l'imposer à chaque équipier sur le pont (j'en ai trois lampes seulement), mais le changement d'équipier
n'entraine pas toujours de changement de lampe flash.
-le gilet gonflable: il permet de demander de le porter plus souvent. On ne peut rien faire ou presque rien avec un gilet en
mousse sur le dos, par contre, on peut manoeuvrer sans difficulté avec un gonflable.
- l'alarme de piscine! J'ai trouvé un petit accessoire (300 tout de même) qui est composé de deux colliers et d'un boitier. Si vous
fermez le collier autour du cou d'un enfant et qu'il tombe à l'eau, le boitier émet une alarme sonore et visuelle. Il y a aussi une
alarme (moins forte) si l'enfant s'éloigne de 30 m du boitier. En équipage réduit (à 2), chacun a son collier (dans la poche car les
cous des adultes sont trop gros), et le boitier est à la table à carte. Cela m'a paru génial.
Ceci pour revenir sur l'équipement de sécurité. Chacun devrait avoir son propre équipement de sécurité: lampe, gilet, etc. Mais
en France, on impose un équipement au bateau donc, pouvant être minimal (feu à retournement ridicule), et pouvant être
inadapté inadapté (8 gilets reglementaires adultes, mais 5 enfants à bord!).