Du mat fusible

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Plan Erik Lerouge 40 pieds (Catamaran)
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Du mat fusible
sujet n°101681
Je lis parfois, sur ce forum où ailleurs, que sur un catamaran, le mat pourrait servir de fusible pour éviter le retournement....

Cela semble un acquis pour certains, mais moi, je n'arrive pas à comprendre cette notion, alors si on pouvait m'expliquer....

Pourquoi je ne comprends pas (en dehors de mon QI faible...) :

La tenue d'un mat est liée à un ensemble complexe : les cadènes et leurs renforts dans la coque, les ridoirs, les câbles et leurs sertissages, leurs ancrages dans le mat, les moments d'inertie du mat (au sens statique), moments parfois affaiblis par les ancrages....

Quel est le maillon faible de cette chaîne, maillon choisi par l'architecte pour servir de fusible. Comme tout fusible, il subit des contraintes limites et vieillit plus vite que le reste de l’installation, avec quelle périodicité faut il le changer ???

Comment l'architecte calcule-t-il l'effort limite qui provoquera la rupture avant retournement ?
Un catamaran peut naviguer lège avec un équipage restreint, ou très chargé, soit par un aménagement important, soit par un équipage pléthorique (un 40 pieds comporte souvent 8 à 10 couchettes) avec les pleins adaptés, cela fait une différence de charge importante. Ceci pour l'aspect statique...

Parce que la mer me semble avoir aussi un aspect dynamique : lorsque un cata retombe dans un creux, des à-coups doivent générer des efforts dans le gréement , mais surtout, par mer de travers, la houle donne des pichenettes sous la coque au vent, pichenettes qui diminuent les efforts avant retournement....Comment sont entrés ces paramètres dans le calcul de la résistance du fusible....

Qui pourrait éclairer ma lanterne ?
D'avance merci !

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CATANA 411 (Catamaran)
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réponse n°199264

Bonjour, cette théorie du "gréement fusible" est dépassée ! Elle était valable il y a 15/20 ans quand les mats et cables étaient dimentionnés en fonction de la voilure et du déplacement, tous deux faibles en comparaison avec les monos. Pour pallier aux déformations de ces "spaghettis" on a vu fleurir des guignols (parfois deux ou trois par mat). La majorité des chavirages récents se sont faits mat en place. Ce qui n'est pas étonnant quand on voit maintenant la section des mats et le diamètre des étais et galhaubans (augmentés de 30% en moyenne). Le profil des utilisateurs a aussi changé (avec la loc) et il y a une recherche de sécurité à court terme. Et c'est vrai que les dématages de catas, à part une défaillance accidentelle d'une piece, se font plus rares.
Ceci dit, ce n'est pas forcément une mauvaise théorie : Il y a 20 ans, un Louisane dans un méchant coup de vent en med a dématé et a été abandonné par son équipage. Il a été retrouvé plusieurs jours plus tard "intact" et tranquile !
Un utilisateur de cata depuis 26 ans !

bjp
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EXTRAPOLATION PUNCH 10M
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réponse n°199298

les risques dans la tenue du mat sur un cata se situent dans le manque de rigidité du chassis (haubans) et de la poutre avant qui tient l'etai. on ne peut donc etarquer le greement. ceci entraine des mouvements en coup de fouet du mat dans une mer cassante.
consequence, dans une mer calme, une brutale augmentation du vent retournera le cata comme une crepe (1 ou 2 cas aux antilles en sortie de devent d'une ile sur bateaux de loc). Au contraire par mer tres agitée, courte, la dynamique du greement fera qu' a un moment la resistance d'un des elements (l'etai souvent) sera depassé avec dematage sans chavirage, comme on le constate statistiquement.
bjp

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