Océanie, la grande mer Cannibale. Daniel Pardon - L’Ancre de Marine

Océanie, la grande mer Cannibale. Daniel Pardon - L’Ancre de Marine

Posté par : LIVRES DE MER
13 Août 2015 à 02h
Dernière mise à jour 19 Novembre 2015 à 04h
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                     C'est un livre assez étonnant  et passionnant que nous livre Daniel Pardon, journaliste installé à Tahiti. Il nous offre dans cet ouvrage une       compilation de récits, d’archives, se rapportant  aux mœurs des populations des mers du sud et plus particulièrement au cannibalisme qu’il soit de   nécessité, de domination, rituel, d’appropriation, ou autre.

     Etonnant, parce que si  l'on  pensait que  l'arrivée des missionnaires avec leur prosélytisme exacerbé était à l'origine des réactions violentes des populations concernées, on ne pouvait penser que la théorie du '"bon sauvage " chère à Jean Jacques Rousseau allait envoyer à une mort certaine nombre de marins et de colonisateurs.

     Mais la mort dont ici on parle n'est pas, disons  la "normale" à nos yeux d'occidentaux car elle s'inscrit dans le spectre du cannibalisme.

     Passionnant, parce que toutes ses "histoires abominables" font souvent apparaitre des personnages incroyables qu'ils soient des "dévorés" comme Marion Dufresne ou James Cook et Cannibal Jack ou Black Jésus du coté des "dévorants".

      Le sud Pacifique est une destination de choix pour tous les navigateurs au long cours. Et, fort heureusement, ce sont des régions plus sûres qu’elles ne l’étaient. C’est un sujet curieux qu’a abordé Daniel Pardon, le cannibalisme. Il a recueilli, à partir d’archives crédibles, de nombreux récits de cannibalisme au XIXème siècle, c’est-à-dire à l’époque ou navigateurs et missionnaires fréquentaient ces îles aujourd’hui qualifiées de paradisiaques. On peut cependant regretter que cet ouvrage très documenté ne soit ni celui d’un historien, ni celui d’un ethnologue.

       Le livre est bien écrit, riche en informations et le travail de compilation fouillé. On aurait aimé un peu d’information sur l’Histoire de ces îles et sur les conflits coloniaux de ces époques. De même, on se perd un peu dans le nombre de tribus citées mais non décrites suffisamment. Ce sont quatre cents ans qui sont couverts et Daniel Pardon, nous amène à découvrir que l’anthropophagie peut encore perdurer de nos jours dans des contrées isolées…  Dans sa conclusion, l'auteur rétablit l'équilibre culturel en montrant, que si il y a eu un peu de "casse" du coté des conquérants, les ravages de la colonisation ont été d'une autre ampleur pour ces populations qui ont été victimes en fait de génocide et d'ethnocide.

    Par contre, cette accumulation de récits atroces a toutes chances de vous rendre végétarien : ne prévoyez pas un rôti ou des beignets de cervelle après la lecture de ce livre ! ou alors, on peut le lire à petites doses : la présentation de chaque texte étant claire, date, lieu et résumé permettent au lecteur de choisir le récit qu’il peut avoir envie de lire selon ses centre d’intérêts du moment. Les récits sont courts. On peut prendre le livre le reposer le ressortir à l’envi.

Brigitte Eude, Jacques Rey et Jacques de Certaines pour la Commission des Livres De Mer

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