Porto et Douro
Je vous écris pendant mon quart de nuit, entre Porto et Nazaré… ça occupe !
Dès dimanche, nous sommes allés à Porto en métro, en 50 minutes depuis Povoa de Varzim, pendant que le bateau était à sec. Nous avons visité, sous une chaleur étouffante, la partie Est de la ville : la cathédrale, le pont Luis 1er construit par Eiffel avant sa tour, le quartier de la Ribeira. Nous avons arpenté (escaladé !) les rues dont les immeubles hauts et étroits ont gardé tout leur charme d’antant même si beaucoup sont délabrés. Après le déjeuné (à la Mercearia das Flores, très sympa, super salades et cheese-cake à tomber), nous sommes allés dans le quartier des anciennes distilleries de Porto, de l’autre côté du Douro : Vila Nova de Gaia. Les noms, pour la plupart anglais, de ces distilleries sont visibles depuis Porto. Le hasard nous a conduit dans un lieu moins touristique : une petite cave portugaise du nom de Quinta de … . Nous sommes probablement tombé sur le seul guide juif portugais francophone sous amphétamine du pays ! « La vérité, si les autres caves style Porto Cruz, ou Sandeman, 13 et 10 millions de bouteilles par an, te disent qu’ils foulent leur raisin aux pieds, la vie de ma mère, c’est impossible ! », ou encore, « si tu bois du Porto ruby, que tu achètes à 5,99 euros chez Liddle, du bois du Porto pour faire les sauces ! » (avec l’accent, les gestes et sur 200.000 Volts). Très drôle !







Le jour suivant a été consacré à l’antifouling. Nous avons essayé de faire installé nos nouvelles batteries mais la réponse est toujours la même : « May be tomorrow … ».
Les parents de Guillaume sont arrivés le lendemain avec le nouveau presse-étoupe, que Guillaume et Dominique ont installé dans la matinée. Guillaume vous détaillera tout cela dans un post mais ça n’a pas été une mince affaire ! Le moteur ne fuit plus en tous cas ! Le soir même nous sommes partis pour Porto en bateau avec une arrivée by night MAGIQUE !





Le lendemain nous sommes allés à Guimaraes en voiture. Il s’agit d’une très jolie petite ville médiévale, classée au patrimoine de l’Unesco, dont le château ressemble (de loin) aux hospices de Beaunes.
J’ai une nouvelle fois (et ce sera la dernière !) voulu gouter à la fameuse bacalhau. J’ai choisi une brandade de morue… mais j’ai vite déchanté. La morue avait été posée entière dans le plat, recouverte de purée, elle-même saupoudrée de lardons et d’oignons et par-dessus tout ça ils ont tartiné le plat d’un bon centimètre de mayonnaise (oui de mayonnaise !!!) gratinée au four ! J’en ai la nausée rien que de vous le décrire ! Sinon Guillaume a testé de son côté les coiffeurs portugais!

Le vendredi a été consacré à la visite de la région du Douro, toujours en voiture. Après une heure d’autoroute environ, nous avons rejoint la route des vins longeant le Douro. Les terrasses de vignes s’étendent à perte de vue, ponctuées de petites forets d’Eucalyptus ou de pins et d’oliviers. Les paysages sont magnifiques. Tout au long de la route s’égrènent des quintas qui proposent des visites des domaines et des dégustations. Nous sommes tombés sur une quinta qui offrait une terrasse surplombant le fleuve pour déjeuner : La quinta de los Tedo. Nous avons été accueillis par 2 jeunes gens, le frère et la sœur qui avec leur troisième frère tiennent ce domaine. Ils doivent avoir entre 25 et 30 ans et appartiennent à une célèbre famille de vignerons bourguignons ! Gérer cette quinta semble être leur job d’été. Le reste de l’année, ils vivent en Californie et vendent des fûts et des bouchons hi-tech. L’accueil a été à la hauteur de l’endroit, et de la cuisine.



Nous sommes allés ensuite à PInhao, une jolie petite ville sur le Douro puis nous avons pris la direction de Sabrosa. Ecrasés par la chaleur, nous avons décidé de nous baigner dans une rivière. Séance spa, allongés sur les cailloux et massés par le courant !

Sabrosa est elle aussi un joli village qui vaut le détour. Nous sommes ensuite allés à Mateus, à côté de Vila Real, visiter un petit château du XVIIIème siècle, meublé et surtout agrémenté de magnifiques jardins. La visite en portugais ne nous a pas laissé un souvenir impérissable mais le domaine est splendide.


De retour à Porto en fin de journée, nous avons décidé d’aller diner dans un des restaurants de l’ancien village de pêcheurs qui jouxte la marina. Les barbecues géants sont dehors et on commande poisson, brochettes de gambas et calamars qui sont cuits sous nos yeux, dans une ambiance de fête de village. Juste à côté se trouve d’ailleurs un bâtiment neuf, qui n’avait pas attiré notre attention au début jusqu’à ce que je découvre (en faisant mon footing à 7h, pour éliminer la « brandade/tartiflette » de morue) qu’il s’agissait d’un lavoir tout neuf et en activité !



Les parents de Guillaume sont repartis ce matin, après 4 merveilleux jours passés ensemble. Nous sommes ensuite allés visiter la partie Ouest de Porto en prenant le bac puis le tramway n°1, qui est resté dans son jus ! C’est en visitant ces quartiers de Porto que j’ai mieux compris et apprécié cette ville. Cette ville est vintage ! Elle a saisi avant tout le monde le charme des choses désuètes, autour desquelles le temps a brodé son canevas. On dirait un de ces resto parisiens dans lesquels les murs sont décrépis, le papier peint arraché mais encore visible à quelques endroits, le sol disparate, les meubles de récup’ disposés avec gout et agrémenté de quelques touches de modernité. Nous sommes allés jusqu’à l’églises des Carmelitas recouverte d’azulejos, nous avons découvert pleins de boutiques de hipsters (chapeliers, chocolaterie, meubles des années 70 uniquement, attisanat, récup’ de sac de toile de jute…) ainsi qu’une brocante.





Nous sommes repartis dans l’après-midi pour une nav’ de nuit vers Nazaré, 100 miles soient une vingtaine d’heures de voile devant nous !
AC
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