Gascogne, à nous sept!

Gascogne, à nous sept!

Posté par : Tanguy
26 August 2013 à 23h
Last updated 31 December 2014 à 12h
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Cherbourg, nous voici! Pour la quatrième fois depuis que nous l'avons acquis, Cherbourg voit s'arrêter Boomerang. C'est toujours avec plaisir que nous retrouvons cette marina bien abritée, pratique, où tout est sous la main, et à un jet de pierre du centre-ville et ses (très) bon restaurants, ainsi que de la cité de la mer, musée interactif qui arrive à captiver tant les petits que les grands. Tanguy passe son temps la tête dans les moteurs ou chez le mécano, Anne-Sophie et les enfants au parc voisin, une fois le ravitaillement effectué. Nous avons le plaisir de recevoir à couple un RM 1350 équipé course. La météo est parfaite, sauf le vent qui cette fois est absent. Enfin, au moins il n'est pas contraire, ça nous change!


Départ pour Guernesey au crépuscule et au moteur. La lune est bien présente, et la mer d'huile reflète sa lueur argentée. On se croirait en plein jour, si ce n'est l'absence totale de couleurs. Après une navigation sans histoire, nous voici à l'aube à Guernesey, où nous commençons à avoir nos habitudes: rapide passage par la marina pour obtenir les papiers de douane, sésame obligatoire pour débarquer malgré l'absence de contrôle, puis mouillage à l'endroit même où nous avions mouillé l'année passée, sous le château Cornet. Premier VRAI mouillage, choisi, décidé, prévu, planifié! Après une petite sieste bien méritée, tous les enfants passent à l'eau, ce qui donne l'occasion à Maxence de nous prouver ses capacités de nageur en faisant le tour du bateau à la brasse sans gilet ni brassières, et en sautant de la proue, à un bon mètre cinquante au-dessus de l'eau! Fierté des parents :-)

Annexe à l'eau, départ vers le débarcadère... à la rame (ben oui, le hors-bors n'a pas non plus démarré. Normal: abonnés, dites-vous?) et Intervilles est à Guernesey: mettez une équipe de deux parents et quatre enfants, une annexe de 50 kg à monter sur 40 mètres sur un slipway rendu très, très slippery par les algues découvertes à marée basse (ben oui, à marée haute, ce serait beaucoup moins drôle): les vêtements ont changé de couleur en cinq minutes, comme par magie ;-) Connaissant déjà la ville, nous prenons juste le temps d'une bonne glace et de quelques instants sur la plage, avant de regagner le bateau, pour préparer la navigation vers Brest.

Départ avec la marée, au crépuscule, pour changer. Toujours pas de vent, c'est l'occasion, le jour levé, de tester le matériel de pêche. Patience, patience. Soudain, le moulinet s'emballe, le temps de sauter sur la canne, de serrer le frein, de ralentir le bateau, et le combat commence. Un éclair argenté, un gros sillage, une belle traction, la bête est grosse! Tirer, relâcher, mouliner, tirer, relâcher, mouliner, l'imaginaire se fait plaisir: un bar, un lieu, une roussette, un petit thon, peut-être? La traction se fait parfois plus forte, le poisson prend sans doute appui sur la vague qui passe, le combat continue 5, 10, 15 minutes. Surtout ne pas casser le fil, fatiguer le poisson qui doit déjà bien l'être, vu son absence de réaction. Sans doute le fait de se faire traîner par le bateau l'a épuisé, comme les maquereaux que nous avions pris l'année passée. Ca se rapproche. toujours ces reflets argentés, mais le sillage paraît bien large... jusqu'au moment où... euh, il faut se rendre à l'évidence: nous avons pêché... un groooos tas d'algues ! ;-) C'était trop beau! Bon, le monde ne s'est pas fait en un jour, c'est en pêchant qu'on devient pêcheur... un jour!?

La nuit s'annonce, avec le renversement de la marée. Pas rentable d'embouquer le chenal du Four à contre-courant, nous décidons de mouiller à Portsall pour attendre la renverse en laissant passer un petit crachin, bien à l'abri dans le bateau chauffé par les moteurs qui ont ronronné sans faiblir pendant 24 heures. Ca nous change! Portsall, très joli mouillage au milieu des récifs, et où nous ne remarquons pas une trace de la catastrophe d'il y a 35 ans. L'eau est cristalline, on voit le fond à 10 mètres, malgré la lumière qui diminue.

La nuit tombe, le courant s'inverse, il est temps de se remettre en route. Le mouillage relevé, le vent rentre un peu et nous pouvons hisser les voiles. D'abord au travers, où le bateau se laisse aller à courir sur l'eau sans même qu'on ne s'en rende compte, il faut déjà abattre et passer au vent arrière, voiles en ciseaux. Route indolente, a peine roulés par un vague semblant de houle. Voilà Saint-Mathieu, lofer, longer la côte pour éviter le gros du courant mais pas trop pour ne pas être déventé, et (re-)voilà le goulet de Brest. A sa sortie, nous n'avons pas le courage de rentrer au port et préférons aller mouiller dans la rade. Nous entrerons le jour levé, chaleureusement accueillis par Loïg, Anne et leurs enfants, qui se coupent en quatre pour nous trouver une bonne place et nous amarrer au mieux. Les enfants et les parents sont heureux de se retrouver, les grands vont passer des heures à pêcher autour des pontons pendant que les parents profitent les uns des autres et préparent leur bateau respectif pour les mois à venir. N'ayant pas eu de mobylette dans son jeune temps, Tanguy découvre les joies du moteur deux-temps sous l'oeil expert de Loïg, et remet le moteur de l'annexe en route.

La trop longue liste des choses encore à faire diminue à vue d'oeil sur Boomerang! Heureusement, parce que l'heure de la première traversée a sonné: 300 milles jusque La Corogne, avec une mise en bouche de choix: le passage du Raz de Sein. Nous le prendrons demain, dans de bonnes conditions, et nous essayerons de continuer à faire mentir le dicton (Qui voit Ouessant voit son sang, qui voit Molène voit sa peine, qui voit Sein voit sa fin, qui voit Groix voit sa croix). Nous avons vu Ouessant et Molène tranquillement assis dans le cockpit sans voir ni sang, ni peine, on va faire en sorte que ça ne change pas ;-)

Départ demain matin, donc, la traversée s'annonce sans histoire. Rendez-vous à La Corogne dans quelques jours!

merci pour le recit de votre voyage et félicitation à Maxence, je vois en pensée son bon sourir.bonne continuation, je vais regarder dans l'atlas votre trajet en plus de marine-trafic je vous embrasse

Bravo Maxence. Waw qu'elle expédition jusqu a présent...mmm on aimerait pouvoir être avec vous sur le bateau et vivre toutes ces superbes moments (mais pas trop les moins bons!!). Bonne vague a vous et a +

Le RM, c'est Pierre-Yves et Mimi ?

Oui! On a eu beaucoup de plaisir à parler ensemble, à admirer nos bateaux respectifs... et à se découvrir des connaissances communes, comme par exemple la personne qui m'a initié à la voile il y a près de vingt ans. Merci de m'avoir inoculé le virus!

Superbe reportage qui nous fait vivre des moments merveilleux merci Anne, merci Tanguy ! Continuez...vous emportez avec vous tous les rêves de ceux qui sont sur terre. Bizzz a Maxence pour son exploit et bizzz et rebizzz a tous !!!! Cecile et Antoine.

Félicitations pour ce reportage bien amusant! On se croit sur le bâteau avec vous, quel plaisir!

Bonne traversée !!! Bravo à Maxence et gros bisou à Soizic et à toute la compagnie !

Nous voyons la joie de Maxence après ce petit exploit marin - on comptant bien on doit arriver à plus de 50 m, sous vos regards! Vous êtes suivis de très près avec beaucoup d'intérêt, comme par vos proches. On vous encourage de partout. Très affectueusement papa

Yeah mon pti'chou, you're making your godmother very proud ! Bon vent à toute la troupe, profitez bien !

Merci pour vos nouvelles de la traversée ! et à dans quelques jours... La famille Ullens

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