SUEDE FARÖSUND

Mercredi 1er août
Conditions parfaites pour cette traversée de 70 milles. Nous filons sous grand-voile et génois au près bon plein, avec un vent de 15 à 18 nœuds et des rafales jusqu’à 24 nœuds parfois.
La mer est assez agitée, ce qui est le cas dès que le vent forcit en Baltique. Sous le soleil, déjà présent à 5 heures du matin, elle parait argentée. C’est superbe.
Dix heures plus tard nous arrivons au phare de Farösund, que nous débordons pour parer des pointes de rochers. Nous avons fait 73 milles, ce qui fait une bonne moyenne. Nous croisons le chemin d'un beau bateau danois. Cap sur une grosse balise verte, puis sur un minuscule chenal de 5 mètres de profondeur, dans l’entrée du sound. Les bouées ne sont pas sur notre carte, et nous hésitons un court instant le temps de comprendre que c’est un chenal de sortie avec les vertes à bâbord et les rouges à tribord. Il y a une sorte de seuil à cet endroit.
Nous apercevons les ports de Farösund et nous nous amarrons dans le premier, bouée arrière et pointes à quai à côté de deux autres voiliers. Comme souvent les photos du guide « Arholma-Landsort et Gotland »ne correspondent pas à la réalité, trop anciennes sans doute. C’est en fait le port de pêche et nous en aurons la confirmation de bon matin avec le départ bruyant des bateaux. Vers 18H30 le capitaine de port vient encaisser la nuit de 260 sek avec eau, électricité, sanitaires mais aussi la garantie d’un mouillage agité. Nous aurions sans doute été mieux dans la vraie marina, plus fermée. Il y a aussi la possibilité de mouiller dans l’anse à droite de la jetée.
A Farösund, point de départ du bac gratuit pour Fårö, il y a un super marché ICA, bien achalandé, quelques restaurants et bistros et un loueur de vélos à ne pas recommander. Nous l’apprendrons à nos dépends le lendemain.
Jeudi 2 août 2012
Temps radieux. Nous louons des vélos pour visiter l’île de Fårö et prenons le bac, rempli de voitures à chaque traversée. L’île est très prisée par les suédois. Nous longeons d’abord la côte est par une petite route caillouteuse qui traverse des bois et des champs ceinturés de murets de pierres.
Un lac apparaît, des cabanes de bergers de ci de là et des moutons noirs.
Nous sommes dans une zone naturelle protégée, anciennement zone militaire.
Arrivés à Fårö, nous visitons l’église et allons voir la tombe d’Ingmar Bergman qui était tombé sous le charme de Fårö et y résidait.
Il est temps de se restaurer et aussi de se rafraîchir car il fait très chaud. Nous trouvons un restaurant un peu vieillot mais qui fait de la bonne cuisine.
Nous ré enfourchons nos vélos cette fois à la découverte de la côte ouest. Une route forestière nous conduit au village de Lauter, où nous prenons un café, dans une de ces aires de détente dont les suédois ont le chic. Espaces jeux pour les enfants, jeu de boules, nombreuses tables et chaises ici et là, le tout dans un cadre naturel avec un superbe point de vue.
Après un arrêt dans un petit port de plaisance plein de bateaux à quai ou à couple, nous partons faire la route de la côte, réputée pour ses alignements de
« raukars » (spectaculaires formations rocheuses.)
Nous longeons ainsi la côte pierreuse avec ses rochers sculptés couleur opale. Superbe.
Il s’agirait d’anciens récifs coralliens. Fårö aurait été situé à l’Equateur il y a 400 millions d’années et aurait glissé vers le nord comme toute la Scandinavie qui continuerait à avancer vers le pôle à la vitesse de 15 cm par an. (Dixit le guide en anglais « Arholma-Landsort et Gotland »
Le petit village de pêcheurs de Hegumannen apparaît soudain, avec ses cabanes en bois noir.
Très sauvage. Le poisson était la base de l’alimentation, surtout le hareng que l’on salait.
Il est temps de faire demi-tour. Nous prenons un chemin de traverse, mais nous commençons par nous arrêter dans une maison. En effet notre loueur de vélos (en face de la marina de Farösund) ne les entretient pas bien et nous n’avons que des ennuis depuis le départ surtout Christian. Le guidon de son vélo se dévisse. Nous sommes reçus par des gens charmants qui nous questionnent sur notre périple tout en faisant la réparation et en nous confirmant la mauvaise réputation du loueur.
Ouf, c’est réparé. Il nous reste 13 km à faire pour reprendre le bac, ce qui fera au moins 36 km en tout. Nous rentrons au bateau fatigués mais enchantés de cette île à la fois si simple et si grandiose, si vivante et si calme.
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