Mal de terre

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CABO RICO 34
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Mal de terre
sujet n°80202
Salut à tous, j'ai eu le bonheur de faire une virée de 11 mois avec ma femme et mon petit chien, il y a plus de 6 ans nous sommes partis et vogue le batô, tour classique mais tellement à la page quand on le vit. Le difficile, et ce que je n'avais pas du tout prévu, moi qui ai préparé notre compagnon, Sparboy, et le voyage-t-il dans tous ses détails, ce que je n'avais pas prévu donc c'est combien le retour et la reprise de la vie à terre fut et reste encore difficile. Nous avons repris le collier, bon boulot et vie somme toute agréable, mais mon coeur, plus encore que celui de ma femme, est resté en mer. Nous n'avons pas pu garder notre batô ici, nous habitons le 06 et la place au port coute 4500€, donc nous l'avons laissé en Bretagne, sur la Villaine, sans le remettre à l'eau depuis notre retour par manque de temps!! Bien sur nous espérons et faisons tout pour repartir, cette fois encore plus longtemps, mais par Neptune que le mal de terre est dur à vivire, et ils n'ont rien en pharmacie pour cela, même en générique! Alors les marins, comment vous faites???? Sparboy
Anonyme (non vérifié)
réponse n°75843

Bonjour, Frère de misère...

Ci-dessous un texte que j'ai écrit quand je suis rentré de voyage l'an dernier...

Même si cela ne te guérira pas du mal de terre, tu sauras que tu n'es pas le seul...

"Mon île, je l'ai cherchée loin et longtemps, jusqu'au jour où j'ai compris que mon île, c'est mon bateau" (G. Janichon)

Depuis les trois dernières années, où j'ai eu la chance de vivre à bord de mon bateau, d'alterner ports et mouillages,
hivernages et croisières, j'ai souvent pensé à cette phrase, surtout ces derniers temps, avant d'arrêter pour des raisons
indépendantes de ma volonté...

Certains vont chercher leur île à l'autre bout du monde, alors que la vie permanente en bateau est déjà un monde à part
entière, qui n'est comparable à rien d'autre. S'ils peuvent y ajouter les joies procurées par un grand voyage, nul doute qu'ils y
trouvent leur bonheur.

Le monde des nomades nautiques ne peut être compris que par ceux-là mêmes qui le constituent. Un monde de grandes
joies et de petits plaisirs quotidiens, de découvertes, non seulement une collection de cartes postales, mais bien celui riche et
varié des rencontres humaines qu'il procure. Nous sommes tous alors reliés par la même passion, et surtout nous partageons le
même mode de vie ; et c'est sans doute là le principal.

Oh! bien sur tout n'est pas toujours rose, il y a le prix à payer pour cette forme de liberté : les galères diverses, les
emmerdes de moteurs, les nuits quasi blanches, et même parfois les petites prières pour que "ça tienne", ou que ça ne "s'énerve
pas plus»

Mais quand ça s'arrête, quand on doit reposer le sac à terre, retrouver des modes de vie qui nous étaient devenus
étrangers, des soucis dont nous n'avions plus idée, l'étrange agitation du monde qui nous entoure, alors là, qu'est-ce que ça fait
mal ! C'est une amputation sans anesthésie. Un vide, un état de manque...

Oui, le voyage sur la mer, la vie en bateau, est une drogue, une drogue dure.

Pour ma part, je n'attends que le moment où je pourrai repartir, afin de retrouver le monde marin. Je ne sais si c'est celui du
bonheur, mais bien celui qui me convient le mieux. Je pense que je ne suis pas le seul dans ce cas !!

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WESTERLY BERWICK
Inscrit forum
réponse n°75990

Et bien si je te dis que n'étant pas parti on peut en souffrir...

Le site de la Grande Croisière...