Ma premiere Traversée

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- Pirogue 2 Places (Monocoque)
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Ma premiere Traversée
sujet n°111295


Ma première traversée















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GIBSEA472
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réponse n°250577

BRAVO RAYMOND ET MERCI

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catamaran
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réponse n°250585
Bonsoir à tous.

Je suis rentré depuis 20 mn et en regardant mon forum préféré, même si il est de plus en plus tristounet, ton sujet m'a tout de suite tapé dans l'oeil. Ni une ni deux, j'ai abandonné mon fauteuil, me suis dirigé vert le bar, et comme dans les western où aux Antilles, j'ai pris une cargaison de citrons vert, du sucre roux et une bouteille de nelson et  je me suis réinstallé devant mon écran avec la certitude que j'allais passer un agréable moment...
Et bien NON, c'était mieux que ça, je suis revenu 2 piges en arrière lors de ma première traversé avec 2 de mes poteaux et je me suis envolé dans les souvenirs  que j'avais vécu avec beaucoup de tristesse car les bons moments ne durent jamais assez longtemps...et le pire c'est qu'il va falloir que j'aille au contenaire à bouteille maintenant....
Merci Raymond, maintenant dans mes quarts je surveillerai toujours devant moi, parce mine de rien, ton feu d'artifice a été un don du ciel, dommage qu'il n'y avait pas une loterie dans le coin parce qu'une chance comme ça ça s' exploite...
Bonnes fêtes de fin d' année à toi et ta Germaine

Pascal....

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Trismus 32 (Monocoque)
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réponse n°250591

A quand le prochain épisode . Merci pour ce petit moment de détente .

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HALF TONNER
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réponse n°250606

Merci pour cette histoire !
Et passez un bon Noël, là bas tout au Nord ....
Je vous imagine dans une histoire de pionniers à la Jack London !
Ici, en Grèce, il fait un temps merveilleux, mer lisse comme un miroir, nuits étoilées, et le sommet des montagnes tout juste poudrées de blanc ...

Bon, c'est décidé, je mets un moteur neuf, je change le foc qui est vraiment trop vieux, et je largue les amarres !
Merci encore et joyeuses fêtes ...

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Plan Erik Lerouge 40 pieds (Catamaran)
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réponse n°250609

Merci Raymond pour ce cadeau de Noël que tu nous fais.
Les émotions et la sérénité que l'on ressent au large sont décrites avec justesse. Un texte de référence à faire lire par tous . Surtout ne le supprime pas du forum !
Joyeux Noël à toi et à ta famille.
Didier

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SUNSHINE 36 GTE
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réponse n°250613
Ma première traversée

Ça y est depuis quelques mois le sac a été mis à terre pour raison de santé. Mon Coyote, troisième du nom est

vendu. Aussi cela me donne plus de temps pour parcourir forums et blogs concernant les voiliers, la plaisance et

même de regarder encore les catalogues d’accastillages.

C’est un bon univers où maintenant les autres me font naviguer.

Pourtant un jour sur un blog, où je lis surtout les récits des traversées, et là à la fin de son récit très court, cette

phrase : « on a traversé ! Ah bon ! ».

Cela me parait incroyable que l’on puisse faire une traversée, la résumer en vingt lignes et de conclure par un …On

a traversé ! Ah bon !

Alors, je me suis mis à réfléchir et à me rappeler comment cela avait été pour nous, Danièle et moi. Je n’ai pas eu à

me creuser la tête bien longtemps parce que cette traversée elle est toujours présente dans ma tête tellement elle

fut extraordinaire : pleine d’émotions, de craintes, de peur, d’un dépassement de soi et surtout la découverte d’un

grand respect pour cet océan qui nous a donné la plus belle des leçons… Vivre en harmonie avec lui.

Nous sommes aux Galápagos depuis quinze jours et les derniers préparatifs pour la grande traversée se font dans

une ambiance plutôt fiévreuse.

Le Coyote a fait un maximum de provisions à Panama : oignons, pommes de terre, oranges par sac de vingt kilos

qui ont envahis la cabine avant, avec les conserves, le lait et la boisson : l’eau, le vin, le rhum.

Je me suis aussi procuré à Panama soixante dix cartes du Pacifique en photocopie dont une bonne partie sont

estampillées obsolètes, ou du même genre mais en anglais. J’ai acheté une vraie carte de tout le Pacifique et le

livre des feux. Une carte peut être fausse mais jamais la position d’un phare.

Le monde change, il y a maintenant à bord du Coyote un pilote automatique et une petite boite avec un petit écran

où s’affiche deux lignes de chiffres : la longitude et la latitude.

Le Coyote est un bon bateau, il y à bord un tas de petites choses pour parer à un maximum d’imprévus, son moteur

est neuf et a été changé il y a peu de temps. Seules les voiles sont d’origine mais j’ai un jeu de voiles neuves au cas

où.

Ça y est, c’est le jour du grand départ. Maintenant on sait que l’on a épuisé toutes les raisons et prétextes de rester

encore près de la terre et de sa sécurité.

L’océan est immense, sur la carte on en voit pas le bout, pour voir l’autre côté, il faut se pencher sur le côté de la

table à carte. C’est tout juste si on ne se pose pas la question : Est-ce que c’est vrai ? Y a-t-il bien une fin avec des

terres et ces iles minuscules… Serons-nous sûrs de les trouver?

Il est cinq heures de l’après midi, le Coyote pointe son étrave vers l’ouest depuis maintenant douze heures et les

dernières images de la terre sont celles de l’ile Isabella avec ses hauts volcans déjà noirs sur l’horizon. Demain

matin nous serons seuls, notre horizon sera plat et sans fin.

Nous avons pris comme d’habitude notre ti ‘punch en regardant le soleil se coucher, puis pris le souper et nous nous

répartissons les quarts pour la nuit.

Elle ne sera pas plus anxieuse que ça, pour la simple raison que l’on sait pertinemment que l’on peut encore faire

demi-tour, que l’on peut encore renoncer. Elle se passera bien, un peu comme bien d’autres que l’on a déjà vécues.

Puis, il y a eu le deuxième, puis le troisième jour, toujours avec ce même état d’esprit : tout va bien mais s’il le faut

il est encore possible de retourner.

Tout a changé au quatrième jour. Plus question de revenir contre vents et courants. Les habitudes furent, elles

aussi, changées. Maintenant il faut survivre, il nous faut une autre mentalité, nous sommes seuls au monde et pour

combien de temps… on ne le sait pas, on ne sait plus. Il n’y a plus de repères, personne à qui parler, que des

instruments qui nous guident.

Sur la carte les deux petits arcs de cercle qui se croisent pour marquer notre position sont si petits et si rapprochés

que cela nous donne l’impression que ce voyage sera sans fin.

Puisque nous sommes là pour longtemps, alors mettons tous les atouts de notre côté pour faire cette traversée.

Le Coyote est le premier à nous mettre en confiance, il suit son bonhomme de chemin sans demander de grandes

manœuvres. Le pilote automatique toujours aussi fidèle et sûr. Les instruments mécaniques donnent à cinq milles

près les mêmes données que l’électronique.

Les quarts sont de plus en plus espacés, les nuit sont bonnes et reposantes, les petits déjeuners toujours pris au

lever du jour et sont très appréciés. Tous les repas se prennent dans le cockpit.

On entend la mer, on veut voir la mer, on ne veut plus la quitter des yeux.

Maintenant elle nous nourrit : dorades, thons, et même un petit marlin d’un mètre quatre-vingt viendront

agrémenter nos repas tous les jours, reléguant les conserves dans les coffres.

D’abord crus avec citrons, puis plus tard, quand il n’y a eu plus de citrons, du vinaigre. Puis aussi crus, écrasés avec

huile d’olive et ail, le tout beurré sur une tartine de pain griller pour faire passer le ti’punch.

Puis une partie coupée mince, salée légèrement et mise à sécher sur le pont au vent et au soleil. Le soir même mit

dans un sac de pastique pour agrémenter aussi les apéritifs. Le reste finit en plein de recettes : rôti piqué à l’ail

pour les plus gros, steak au poivre, sauce au vin rouge, frit à la poêle avec ail, frit avec embeurré d’oignons, le

dernier morceau finissant toujours dans la salade. Seules la peau, la tête et les arêtes retournent à la mer. Tous les

jours qui nous restent, on mangera du poisson midi et soir.

Le Coyote n’est pas très grand, c’est un trente-neuf pieds, plus un pied pour la jupe que je lui ai rajoutée. Aussi

comme les manœuvres sont pour ainsi dire nulles. Nous sommes obligés de faire deux fois par jour des exercices.

Il y a aussi la lecture et un jeu de scrabble.

Et surtout il y a l’océan, je passe des heures à regarder ces longs trains de houle qui viennent soulever le Coyote

puis le laissent redescendre dans le creux entre deux vagues pour lui boucher l’horizon et cela recommence cent et

mille fois par jours.

Les quarts ne sont plus assurés, après le souper, quand tout est vérifié et en ordre, on se couche. Comme c’est

toujours un demi-sommeil, quand on se réveille on vérifie dehors, les instruments et si le sommeil l’emporte on se

recouche.

Une nuit, sur les trois quatre heures du matin, je ne dors pas, donc je sors et m’installe derrière la barre à roue

pour surveiller la navigation. Le temps est couvert car je ne vois aucune étoile. Quand tout à coup, tout le ciel et les

nuages s’illuminent d’une lueur verdâtre. Je me dis qu’il doit y avoir un drôle et surtout un énorme orage électrique

quelque part. Quand tout à coup, une énorme boule de feu suivie d’une longue traînée de feu accompagnée de

crépitements secs traverse la couche nuageuse et s’abime en mer dans bruit de fer rouge que l’on plonge dans

l’eau.

Ben ! J’en reste tout médusé. Même pas la réaction d’appeler Danièle, d’ailleurs tout est déjà fini. J’estime que la

chose a dû tomber entre vingt et quarante milles du bateau.

Nous apprendrons un mois plus tard, par un ami qui a fait des recherches, que ce jour là, la N.A.S.A. avait fait

revenir sur terre ou plutôt sur mer, un vieux satellite de quatorze tonnes, et que selon leurs calculs de probabilité

que l’engin tombe sur quelqu’un était de un sur x millions. J’ai trouvé que la probabilité ce jour était là pas mal près

de moi.

Cela fait maintenant presque dix jours que nous sommes partis. Nous avons pris nos repères, adapté notre vie à la

mer, nous dépendons entièrement d’elle. Le vent, la mer, le ciel, les étoiles, tout ce qui nous entoure devient

harmonie avec nous. Nous avons oublié tout doucement la vie terrestre.

Nous venons de nous rendre-compte que nous ne voulons plus arriver.

Nous voulons vivre et revivre, encore plein de jours, ces mêmes moments. Les nuits sous les étoiles, le vent qui

nous pousse, le soleil qui nous réchauffe et nous guide. Nous n’avons besoin de rien, nous ne demandons rien et

d’ailleurs à qui, nous sommes seuls.

Cette notion c’est comme infusée, comme distillée en nous sans nous en rendre-compte. Nous ne pensions plus qu’il

puisse y avoir quelqu’un qui nous attende.

Quand les mille cinq cent milles furent franchis marquant la moitié du chemin, cela nous fit prendre conscience de

ce que nous allions perdre.

Il nous restait un espoir tant que la distance qui nous séparait de notre arrivée comportait toujours quatre chiffres.

Puis il y eu un jour où tout bascula.

Ce jour-là au petit matin, le loch indiquait 955 : trois chiffres. Il fallait de nouveau revenir vers une autre réalité. La

famille et les enfants de Danièle furent les premiers à nous secouer, puis les amis que l’on allait revoir, puis ceux

qui nous attendaient aux Marquises et qui étaient partis avant nous.

Et puis on allait aussi voir ces iles de légendes : Les Marquises. On allait revoir la terre, celle que l’on a eu du mal à

quitter, celle qui a bien voulu nous lâcher doucement au bout de quatre jours. Elle sera bientôt là pour nous dire… :’’

vous avez réussi ’’.

Oui nous avons réussi, non pas la traversée de ce bel océan que maintenant bien des crétins traversent sans état

d’âme, ni sentiment mais seulement pour arriver le plus vite de l’autre côté, pour faire un score, sans un regard

pour lui. Leurs regards, ils le gardent pour les instruments, sur son écran où son bateau navigue sur un océan plat

et où la terre tourne d’ un clic.

Oui nous avons réussi à saisir ce moment qui nous a fait vivre cette autre vie, ce bonheur intense où il n’y a que

nous et la nature. Seuls les grands espaces peuvent nous donner ces grands moments.

Il y a la mer qui donne… et qui reprend quand ça lui plaît.

Danièle et Raymond sans Coyote.

 ....Pas génial à cause des sauts à la ligne parasites, mais c'est STW...

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catamaran
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réponse n°250617
Coyote a écrit :
 

 Bonsoir Pascal

Cela me fait plaisir de te lire et de savoir que toi aussi tu te trouve sur la mer et d'y  vivre ta passion .Prends soin de toi passe de bonnes fêtes de fin d'année . 
 Ici on a pas de   germaine mais  Une  Blonde  qui elle te fait la bise

 Salut Raymond
Tu as raison, tu feras une bise à Danièle de ma part.
Tu sais, il n'y avait rien qui tendait à te blesser, c'est juste comme ça, j'suis un gars de la campagne qui se noie dans ce que la mer peut lui apporter mais sans les bonnes manières...
Bonne fêtes à tous...Pascal

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réponse n°250682

 Tout simplement merci, j ai ete touche par votre recit.
 Bonnes fetes a ceux qui sont sur l eau et ceux qui revent d y etres.
Amicalement Bernard.

Le site de la Grande Croisière...