Main basse sur l'Océan

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Main basse sur l'Océan
sujet n°86956
"On ne possède pas l'Océan ; on le tue !" Mais quel est ce soudain mépris pour les "petites voiles" ? Voiles rapiécées souvent, mais qui sont autant d'odes à la liberté, à l'autonomie, à la nature, à la fraternité, à la philosophie, à la glandouille, et à la possibilité pour tous d'y accéder? Fi donc de ces gitans, de ces nomades, de ces profiteurs, de ces Moitessier, Tabarly, Gerbaut ou Brel, haro sur ces romanichels qui parcourent lagons et paysages sans les acheter et sans leur appartenir! Soit dit en passant, des "profiteurs" qui payent la plupart du temps des taxes exorbitantes (octrois de mer, papetisations, nouméisations, taxes douanières, droits de mouillage, loyers de marina, et j'en oublie), qui font vivre les petits commerces locaux et apportent souvent, avec modestie et discrétion, créativité, initiatives et idées neuves. On peut comparer ce genre de situation avec celle des prédateurs marins, accusés par les poissonniers et leurs gouvernements de vider les océans, alors que les porcs, les poulets et les chats, sans oublier l'aquaculture sont les plus grands consommateurs de poissons de la planète.. Plus de 2 millions de navires ravagent les écosystèmes marins à travers le monde afin de nous préparer des lendemains qui chantent. Mais eux, c'est pas des profiteurs, bien sûr ! Les poissons leur appartiennent, bien entendu... Et tout ceux qui aimeraient bien faire du pognon avec les 70% de l'oxygène que l'Océan produit et que nous respirons (gratuitement), avec sa capacité de recycler (gratuitement) le gaz carbonique en excédent et toute la merde qu'on lui envoie, avec ses nuages qui font notre eau douce (gratuitement)? Ce ne sont pas des profiteurs, bien sûr, juste de respectables entrepreneurs (de plus en plus souvent des mafieux d'Europe de l'Est, d'ailleurs), exposants en toute simplicité des palais flottants dédiés à leurs nombrils, paquebots et yachts de luxe n'achetant rien sur place, n'apportant rien au pays, si ce n'est pots de vin et rentrées fiscales pour potentats nécessiteux et et qu'on accueille pourtant en fanfares, pour qui les tapis rouges sont déroulés et l'argent public abondamment dépensé en infrastructures princières et en facilités comptables... Et qui a pensé au coût écologique ou social d'un de ces caprices de chimpanzé raté ? Ne serait ce point eux, et leurs domestiques, les seuls vrais profiteurs, ceux qu'on ne montrent jamais du doigt pourtant, et en face desquels les populaces se prosternent comme devant de nouveaux dieux? Et c'est vous qu'on accuse, frères navigateurs, sans motifs de profiter, polluer, voire gâcher le paysage (ce paysage que vous avez pourtant puissamment contribué à faire connaître et aimer), c'est vous qu'on accuse de faire main basse sur l'océan après vous avoir rançonnés, privés de vos droits démocratiques sous prétexte de ne pas appartenir à une église ou à une commune. Et vous qui ne connaissez pas de frontières, vous qui affrontez sans sourciller tempêtes, ouragans, pirates et fortunes de mer, vous allez donc vous taire? Mécontent
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réponse n°120891

Salut,
eh ben dis donc, tu m'as l'air déprimé pour te lancer dans un tel exercice.

N'oublions pas que tous les hommes ne peuvent pas accéder à cette vie de liberté oisive qu'est la navigation de plaisance, c'est
réservé à ceux des pays riches. Et encore, il ne faudrait pas qu'ils aient envie de partir tous en même temps.

Pour le reste évidemment, on est d'accord, les gros riches se foutent de consommer des tonnes de pétrole et de polluer la
planète, dans le même temps et s'ils le pouvaient, ils nous vendraient l'air qu'on respire.

La corruption et le profit existeront toujours hélas, pays riche ou pauvre c'est pareil !

Il ne faut pas rester là-dessus et continues d'en profiter tant que tu peux.

Allez courage

Cordialement
JF

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réponse n°120918

Bon, mon coup de gueule vaut ce qu'il vaut, et je me suis peut-être mal exprimé, mais la question reste. Allons nous
continuer à nous taire et à subir sans broncher la loi du profit , le pseudo-avenir accompagné d'un pseudo-présent qu'on
nous impose ? Le peuple de la mer a toujours choisi la liberté, la libre parole, ne s'est jamais laissé "encager". Est ce le
début de la fin pour lui aussi ? Je rencontre tous les jours de courageux marins qui préfèrent larguer les amarres et filer
au large, toujours plus loin...Mais le "plus loin" se rapproche de plus en plus, et un jour pas si lointain, nous y serons
acculés. J'en sais quelque chose, moi qui ai fui la Méditerranée surpeuplée, écologiquement mourante pour l'immense
Pacifique. La pollution m'a rattrapé, la futilité humaine et les règlements stupides qui vont avec... Savez vous qu'il est
devenu interdit de mouiller plus d'une semaine à Moorea ? Et encore dans des zones autorisées seulement. Et pas plus de 90
jours dans l'année. Et savez vous qu'il n'y a eu qu'une seule protestation lors de l'enquête publique ? Savez vous que les
"petites voiles" sont reçues comme des gitans et des clochards dans la plupart des archipels du Pacifique (Fidji, Nlle
calédonie, Polynésie), parce qu'ils ne rapportent pas assez... Et quand je dis petites voiles, je parles de voiliers entre
10 et 14 m, pas de baignoires qui fuient... Voilà pour ceux qui se font encore des illusions. Alors, peut-être que je vais
faire comme tout le monde et la fermer pour de bon ma grande gueule...
De toute façon, je ne serai plus connecté quelques temps, alors bon vent à tous jusqu'à la prochaine.

Anonyme (non vérifié)
réponse n°120924

Bonjour,

je comprends le sens du coup de gueule, avec exemples à l'appui...Sans connaître le bout du monde, et puisque tu parles de
la Méditerranée, en vingt ans de navigation on a effectivement vu les espaces de liberté se restreindre, les mouillages se
tarifer, les corps-morts payants s'installer, les quais publics se privatiser, etc...

Revenu pour le moment en Atlantique, j'ai pourtant la joie de naviguer "peinard", et retrouver cette liberté que j'aime
tant. Car je crois que celle-ci se trouve aussi dans la manière de naviguer. Je remercie très souvent mon cata pour les
possibilités qu'il m'offre. Pour qui a le bateau adéquat, la volonté (et aussi le goût) de sortir des sentiers battus, il y
a encore de bien belles possibilités offertes.

Peut-être que, tout en étant aux antipodes, Mooréa est une destination trop courue maintenant, et certainement de nombreux
autres endroits similaires ?

Il ne faut quand même pas occulter le plaisir suprême, qui est tout simplement celui d'être en mer et de naviguer !

pour terminer une phrase de Gérard Janichon, des "Damien", que j'aime beaucoup :

"Mon île, je l'ai cherchée loin, et longtemps. Jusqu'au jour où j'ai compris que mon île, c'est mon bateau..."

Sourire

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réponse n°121084

Ca marche bien ce forum, c'est vivant, ça réagit!!! Allez je me lâche encore une fois...
Qui savait que l'Ifremer travaille sur des huîtres OGM ?
Qu'elles sont commercialisées et que vous en mangez déjà sans le savoir ?
Sûrement à cause des codes barres et des étiquettes qu'ils n'ont pas encore réussi à inclure dans le gêne de la coquille !...
Allez donc savoir quelles surprise l'ifremer nous prépare pour la Noël ? Des langoustes à 3 queues, du homard douze pinces ?
C'est simple, avant on mangeait du poisson, aujourd'hui on mange les appâts de nos poissons, demain on ne saura pas ce qu'on
mange. A part ça, des gens comme Marion Guillou, pédégé de l'Inra, la contrepartie bouseuse de l'Ifremer, nous assène : "Le
monde a d'énormes ressources de croissance".
C'est sûr que si on se met à bouffer nos déchets, les bactéries qui s'en nourrissent , et les futurs monstres prolifiques
fabriqués par les laboratoires de l'ifremer, on a de la marge. On peut aussi suggérer à l'Inra de nous permettre de digérer
le foin, ça aidera à économiser le steack...
Aucun problème donc, croissons et multiplions, comme le dit si bien le pape, dieu régulera les siens, par la famine pour les
uns, une digestion originale pour les autres...
Allez, je pars demain pour une bonne déconnexion d'une semaine dans les îles.
Bonne chance les amis,
Alain

Anonyme (non vérifié)
réponse n°121091

Merci Alain pour ce coup de vent qui rafraichi et qui fait du bien. J' ai bien peur que décider de monter sur le haut de la barricade
nous fasse comprendre qu' il n' y a pas surpopulation... restons au niveau des pavés. Tu as totalement raison de dire ce que tu
sais il y a tellement de chose à apprendre qui un jour ou l' autre elles nous ferons prendre la décision qu' il faut. Pour la Polynésie
je ne serai pas surpris que tous ces règlements très "économies locales" soient le fait de braves politiciens locaux, français très
sûrement, soucieux des finances municipales, vu les dépenses engagées pour que le village ressemble à la ville du futur pour le
plus grand bonheur des citoyens, et d' ainsi assurer leurs réellection tout comme chez nous ! C' est irréversible, les cons ont pris
le pouvoir et ils s' en servent, dieu sait qu' ils sont nombreux.
Tu as du exsercer dans le maritime en parlant des huitres d' IFREMER, ne voulais tu pas nommer les pauvres huitres "Triploïdes"
qui sont déjà dans les assiettes des touristes l' été ? Saches en tout cas qu' en ce moment les ostréiculteurs français sont dans
une situation catastrophique et que comme d' habitude seuls les gros s' en sortiront : 80% (et plus) des jeunes huitres sont
mortes, c' est une catastrophe que personne n' a vu venir et ne peut enrayer, ce qui veut dire que 2009 sera terrible pour les
petites structures dont l' assise financière n' est pas suffisante. Il ya 30 ans la maladie avait anéanti l' huitre plate, et c' est une
nouvelle race qui avait sauvé la situation, l' huitre creuse appelée Japonaise ou Portugaise. Problème : il n' ya pas de 3 ème
race...Fin de l' histoire.
En ce qui concerne le pillage des océans pour faire des farines de poisson pour toute l' industrie alimentaire tu as totalement
raison de le dire haut et fort, mais notre pays a vendu ses pêcheurs à d' autres pays Européens au profit de l' agriculture et de l'
industrie de pointe, le problème est mondial. Un exemple : un paysan Grec équipé de sa camionnette pleine de légumes arrive
sur le port d' une toute petite île, je lui achète entre-autre un très beau choux-fleur, je n' en mange jamais parce que chez moi
en Bretagne je vois tous les jours, la "chimie" que ces pauvres plantes reçoivent et par la force des chose nous sommes devenus
des consommateurs BIO depuis très longtemps. En le lavant une petite étiquette tombe : UCPT Union des Coopératives de
Paimpol et Tréguier (juste là où j' ai ma maison, fort possible que je sois passé plusieurs fois devant le champ de ce choux-fleur
élevé de belle façon grace aux miracles des éprouvettes ! )... le problème est mondial, nous sommes devenus de simples poulets
d' élevages qu' il faut exploiter.
Encore une fois je pense que la solution viendra de notre jeunesse qui se rend bien compte des conneries que nous les ainés
avons et continuons de faire. Sera t elle assez forte pour renverser la mécanique ? Souhaitons le. En attendant il nous faut fuir
la connerie et résister le plus possible, c' est stimulant, parlons en !

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réponse n°121122

Pas d'île que je connaisse sans propriétaire. Reste l'océan, pour combien de temps ? Il semblerait que le cul-terreux soit
un animal très territorial. En Polynésie, on s'égorgeait au bon vieux temps d'une vallée à l'autre pour un territoire...
Reste les marins, les nomades des océans... Du moins ceux qui ne rêvent pas d'une propriété privée, d'un nouvel état, d'un
nouveau drapeau, de nouveaux murs, de nouveaux barbelés... En reste-t-il ? Pas toi en tous cas.

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