The way North: les “inner routes” de Pål.

Posté par : Natmabillerollin
25 Jun 2022

Pendant que Nat faisait un saut à Paris depuis Bergen, je rencontrais, sur le quai, Pål (prononcez Paul), dynamique norvégien. On échange quelques banalités nautiques, je lui pose une ou deux questions sur les routes maritimes, et au bout de quelques instants, nous nous retrouvons devant la cartographie Gule Sider, à bord de Perfect Day. Pål connais le coin comme sa poche et me donne mille conseils utiles: points de passages, ports sympas, restaurants sur les îles, routes dans les fjords, apps locales etc.

Pål suivra ensuite notre périple sur Marine Trafic en nous donnant quotidiennement de nouveaux conseils. Top! Nous allons vite nous rendre compte à quel point les norvégiens sont accueillants, serviables et comment ils se mettent en quatre pour vous rendre votre séjour, dans leur pays, agréable et facile.

Dernière soirée à Bergen

Nous quittons donc Bergen par la route conseillée, un dédale de bras de mer, appelés “inner routes” par opposition à la navigation par la mer. Notre habitude de surveiller la profondeur sous le bateau, avec un œil vigilant au sondeur et à la bathymétrie des cartes sera très vite remplacée par un regard vers le ciel. Ici le danger ne vient pas du fond – les fjord faisant généralement plus de 100 m de profondeur – par contre, ponts et lignes à haute tension qui traversent notre route génèreront quelques angoisses.

Le haut du mât de Perfect Day est à 24m de l’eau (ça fait quant même un immeuble de 8 étages). Pour ne pas prendre le risque de se tromper avec un calcul de marée, on décide avec Nat d’éliminer tous les passages au gabarit inférieur à 28m. Et bien même avec cette marge de sécurité, ça fait bizarre!

Pour ceux qui souhaitent à leur tour naviguer par ici, le gabarit de hauteur sur les cartes norvégiennes est par rapport aux mortes eaux ( un peu comme en Allemagne) et non pas par rapport á pleine mer comme en France…

Naviguer en Norvège est parfois surprenant. Tous les guides nautiques vous avertissent, le système de balisage ne respectent pas trop le système international. Pour ceux qui ont le permis bateau, la balise ci-dessous est une bouée de chenal bâbord! Faut le savoir…

Balise Bâbord, blanche et sans cylindre…

Et je vous montre le côté de la balise où il y a la plaquette rouge, de l’autre côté que dalle. Oubliez “Tricot vert Bacirouge”. Quand aux cardinales, le jaune est parfois blanc! Mais ça marche quand même pas mal, les cartes des fjords sont hyper précises, et la fonction de chaque balise est bien représentée. Les norvégiens utilisent l’application Gule Sider pour naviguer. C’est un équivalent de “pages jaunes”, avec des cartes genre Google maps mais incluant une version carte marine, en plus des cartes routières et vues aériennes. C’est hyper pratique pour préparer sa nav, car beaucoup plus dépouillé que les cartes Navionnics ou Cmap sur Navnet.

Phare de Kvalen sur Runde, juste avant Ålesund
Phare de Stabe à Florø

Les inner routes

Pål est un “inner routes” addict, et il a bien raison!

Pour remonter vers le Nord de la Norvège, il y a presque toujours 2 options: passer par le large, à l’extérieur des îles et des récifs, où emprunter les routes intérieures, qui slaloment entre cailloux, perches, phares, îlots et récifs. C’est évidemment beaucoup plus beau, et infiniment plus excitant. Chaque jour Pål nous propose (par Watsapp) un passage touchy à souhait. Mais quel plaisir!

Sept changements de cap en un mille!

Ces inners routes sont en fait très empruntées. Pour les norvégiens c’est par là qu’ils passent pour se déplacer d’île en Île. Du coup, la signalisation est top.

On va faire comme ils disent, on est dans le sens du chenal, donc bâbord puis tribord.

Et le trafic est intense

Péninsule de Stadtlandet

Il nous faut aussi parfois passer au large, comme pour passer la péninsule de Stadtlandet, de sinistre réputation. Par chance, une excellente météo se présente au bon moment, et nous contournons le cap assez facilement. Mais alors qu’il n’y a qu’un mètre d’une molle houle de l’Atlantique, nous allons nous faire rouler pendant une heure à cause du ressac.

On n’ose pas imaginer le cauchemar avec une méchante houle.

On croise le yacht Norge du roi de Norvège juste après avoir passé Stadtlandet

Entre Bergen et Brekstad, nous avons fait escale :

A Skerjehamn: un ponton, une auberge, des chambres d’hôtes et la rencontre de Salomée, française restée en Norvège après son Erasmus. Bon restau, comme tout ceux que l’on a fait jusqu’ici en Norvège.

A Målôy une ville de pécheurs, où nous croisons Lady Flow, un voilier français dans lequel Marieke a fait installer un piano qui monte sur le pont pour donner des concerts aux escales, et qui rentre dans la cabine pour naviguer. “Pianocean” va ainsi faire une tournée en suivant sa route Nord jusqu’à Tromsø.

À Ålesund, une ville totalement détruite par un incendie en 1904 et reconstruite en trois ans dans un style art nouveau très homogène. Le petit musée de la ville raconte cette histoire de façon assez agréable à suivre.

Musée de la pêche.

À Bud, très joli village où nous retrouvons les maisons aux couleurs et aux toits si typiques.

Dans une sorte le lagon à l’île de Golma

Prochaine escale à Brekstad, où nous récupèrerons Alice pour une semaine, et devinez quoi? On ira vers le Nord!

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