Les lecteurs de Multicoques Mag autour du monde

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Posté par : Guillaumin
30 Mai 2017 à 10h
Dernière mise à jour 01 Juin 2017 à 13h
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LOUISIADES, L’ARCHIPEL DU BOUT DU MONDE…

 

 

 

L''équipade du catamaran Jangada met le cap vers l’archipel des Louisiades, ainsi nommé par Bougainville en l’honneur de son roi, Louis XV. Distance à parcourir jusqu’à la passe sud-est du lagon de Tagula Island : 850 milles…

 

 

La mer de Corail est cette étendue d’océan, située tout à l’ouest du Pacifique, et qui baigne au nord la Papouasie-Nouvelle-Guinée et ses archipels, au nord-est les îles de Micronésie et l’archipel des Salomon, à l’est celui du Vanuatu et la Nouvelle-Calédonie, et au sud les côtes nord-orientales de l’Australie. Les nombreux récifs coralliens de cette région ont donné son nom à la mer de Corail.

Les Louisiades sont une myriade d’îles et de récifs rattachés à la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Laquelle PNG n’a pas vraiment bonne réputation. Outre les requins, les serpents marins et les salties (crocodiles de mer), les pirates et malfrats de tout poil sont désormais inscrits à l’ordre du jour de notre navigation dans ces parages lointains. De ce fait, sécurité oblige, notre séjour en Papouasie "continentale" sera réduit au strict minimum, hélas. Des Louisiades, nous rejoindrons directement Port-Moresby (et son yacht-club colonial sécurisé) et reprendrons la mer pour le détroit de Torrès, sans nous attarder dans cette ville classée au cinquième rang des villes les plus dangereuses du monde ! Je ne tiens pas à exposer inconsidérément les miens à la méchanceté humaine…

 

 

 

Première nuit au large. La mer est tellement calme et lisse que les étoiles se reflètent dans l’eau, tout autour du bateau, dans une danse lente et féerique, singulière et merveilleuse. Un spectacle rare, que je n’avais encore jamais observé en mer.

Mais un train de houle, venu d’on ne sait où dans le sud, a cueilli l’équipage au réveil. Une ligne de grains bien noirs vient se positionner sur nous. Le temps se détériore, 2 ris dans la grand-voile, et à abattre dans le fort du vent et de la pluie ! Quelques heures plus tard, Jangada se trouve pris dans une zone de grains infernale. Cerné de toutes parts par des barres nuageuses plus sombres les unes que les autres ! Mauvais augure, j’aperçois soudain une trombe. Une trombe en formation, là, sous le vent, dans le grain qui vient de nous quitter quelques minutes auparavant ! A peut-être 2 ou 3 milles sous notre vent. Pas davantage. Nous observons le phénomène pendant quelques minutes, la mer fume au droit du grand tuyau monstrueux qui monte vers le ciel, puis la trombe disparaît. Elle n’a duré que 5 à 6 minutes… Pendant une quinzaine d’heures, nous subissons des trombes d’eau mélangées aux rafales de vent, sur une mer sombre, peu avenante. Manœuvres de voiles incessantes pour tenter de gagner laborieusement dans l’ouest, puisque c’est là que semble se trouver le souffle renaissant d’un alizé décidément très perturbé. Après chaque manœuvre, tout notre petit monde familial se retrouve dégoulinant à souhait sous l’abri du roof, à boire un thé, à se sécher et à rêver des mers du Sud, les vraies, chaudes et ensoleillées. L’ouest du Pacifique, décidément, réserve des surprises. Depuis quelques mois, et quelques milliers de milles, il m’apprend son sale caractère

 

 

 

Le lendemain, un vent de sud, bel et bien le signe annonciateur du retour de l’alizé, s’est levé sur notre plan d’eau grisâtre. Grand-voile haute et gennaker sont mis au travail illico. Le speedo grimpe à 8/9 nœuds, et le Captain retrouve le sourire ! En route directe sur les Louisiades, Jangada vient de prendre le train du vent portant annoncé.

Journée d’approche de la terre. Initialement, nous comptions passer entre les îles de Rossel, au nord, et de Tagula, au sud. Toutes deux sont ancrées dans de grands lagons, largement débordants. Celui de Rossel mesure 45 milles de longueur, quant à celui de Tagula, il est encore plus grand, 112 milles ! Oui, 112 milles. Un lagon de 200 km de long ! C’est là que nous allons passer deux semaines. Les îles secondaires, les îlots, et les récifs coralliens y sont innombrables. Navigation de jour exclusivement, avec vigie dans les barres de flèches, car le lagon est peu cartographié et regorge de surprises. Mauvaises en général. Mais finalement, comme nous atterrissons de nuit et qu’il serait dangereux de s’engager entre ces deux îles séparées de quelques milles seulement dans l’obscurité avec les forts courants qui règnent dans la région, je préfère contourner Rossel par le nord, et naviguer à 2 ou 3 milles sous le vent de la barrière récifale, pour arriver à 3 milles de la passe au petit jour. Une fois dans le lagon, cela devrait ressembler à des vacances, et notre première petite île de rêve s’appellera Nimoa Island.

 

 

 

La nuit s’est écoulée lentement. 12 heures d’obscurité, c’est long. Quand la terre est proche, difficile de fermer l’œil en sachant que la barrière récifale est à 2 milles au vent. L’ordinateur de navigation est resté en veille toute la nuit pour contrôler le bon travail du pilote et la dérive due aux courants. Nous approchons de la passe de Hudumuiwa, dont la coupée bleu marine apparaît franchement au milieu des eaux couleur turquoise alentour. Nous ralentissons pour observer l’état de la passe. Rien de méchant, nous sommes proches de l’étale de basse mer, pas de difficulté. Marin gagne son poste de vigie dans les barres de flèches, je prends les commandes, et vers 11h00, nous nous engageons dans l’étroit passage. Une fois dans le lagon, la mer est plus calme, la houle a disparu. Au franchissement de la passe, j’ai noté l’erreur de calage de la cartographie électronique, environ 0,3 mille (500 mètres) dans le 285. Au loin, nous apercevons des pirogues à balancier qui naviguent sous voile. Nous affalons et contournons la pointe nord-ouest de Nimoa Island. Dans la baie sous le vent de l’île, un petit village de cases en bambous et pandanus montées sur pilotis apparaît au bord d’une plage de sable blanc bordée de cocotiers. Nous serrons le corail pour trouver le passage qui conduit, entre les patates, au mouillage. Je monte à mon tour dans la mâture pour guider Timothée aux commandes. Marin dévire l’ancre pour un mouillage provisoire. Nous mettons l’annexe à l’eau, et partons en reconnaissance avec un masque et le sondeur électronique à main. Nous délimitons une zone d’évitage idéale sur 360°, car l’expérience des grains violents au mouillage, qui ne sont pas rares dans l’ouest du Pacifique, et la mésaventure de Limu Island aux Tonga restent très présents dans ma mémoire. Nous mouillons un grappin muni d’un flotteur à la position de mouillage jugée idéale, et retournons à bord pour positionner l’ancre et le bateau à la position choisie. Une première pirogue a quitté le rivage du village, et se dirige vers nous. Le voyage au long cours, à mes yeux, restera toujours empreint de magie. Nous sommes arrivés chez les Papous !

 

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